site retint des individus des dernières classesde la société, et il resta quelques domestiquesdans la plupart des palais, des hôtels et desmaisons les plus considérables. Il y eut aussiquelques marchands étrangers qui prirent lamême résolution , ne pouvant se décider àabandonner tout ce qu’ils possédaient, ni sepersuader que les Russes voulussent faire unaussi grand sacrifice, ou que Napoléon se con-duisît avec tant de barbarie.
Moskou fut alors livré à une confusion età un désordre extrême ; des groupes de gens dupeuple, auxquels on avait distribué de vieillesarmes, et qui croyaient, dans leur simplicité ,que le gouverneur allait se mettre «à leur têtepour marcher à la rencontre de l’ennemi, par-couraient la ville, pillant les marchands d’eau-de-vie, maltraitant (24) les étrangers. Unefoule de traîneurs, de soldats blessés, d’habi-tans qui fuyaient (a ), remplissaient les rues ;celles qui se trouvaient dans la direction de laretraite de Koutousof étaient en outre cou-vertes de troupes de différentes armes, d’artil-lerie, de bagages, qui effectuaient leur retraite.
(<z) La location d’un cheval et d’une petite voiture de paysancoûtaient six fois plus que n’en aurait coûté l’acquisitionquelques mois auparavant.