124 EXPÉDITION DE RUSSIE ,objets les plus précieux, et cherchant un asile.Dans cette situation déplorable , ils se voyaientexposés aux violences du soldat (26), qui, aprèsles avoir outragés et pillés, poussait quelque-fois la barbarie jusqu’à les forcer de portereux-mêmes au camp leur propre dépouille. Lebesoin de se secourir mutuellement les porta àse réunir par bandes , qui bivouaquèrent dansdifférens endroits (a). Exténués de faim et defatigues, ils ne vécurent d’abord que des légu-mes qu’ils trouvèrent dans les jardins. Plus tard,lorsque l’ordre fut rétabli, ils osèrent, pousséspar le besoin , s’exposer à faire avec les soldatsdes recherches dans les caves (27). Les mar-chands étrangers furent moins à plaindre ; ilstrouvèrent presque tous asile et protection prèsde généraux ou de simples officiers.
De tous les spectacles qu’offrit le désastre deMoskou -, le plus horrible fut celui de l’incen-die des hôpitaux russes ; il n’y était resté quedes militaires grièvement blessés, tous ceuxqui avaient pu marcher ayant fui à l’approchede l’armée française. Aussitôt que la flammeeut atteint les bâtimens où ils étaient entassés,on les vit se traîner le long des escaliers ou
(à) Plusieurs de ces bandes bivouaquèrent dans des chan-tiers qui se trouvent sur les bords de la Moskwa .