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Tome deuxième.
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LIVRE II.

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gaiement, mais à cause des fatigues et des pri-vations qui excédaient ses forces. Voyant sesespérances déçues, il ne songea qu’à jouir duprésent, ne connut plus de frein, et se livraaux plus grands excès ; le meurtre excepté, ilse permit tout. Un effroyable tumulte succédabientôt à cette solitude inattendue qui régnaitdans Moskou lorsqu’on y pénétra. On enten-dait à la fois le pétillement des flammes, l’af-faissement des bâtimens, les cris des animauxqui y avaient été abandonnés , les gémisse-mens des habitans , les imprécations du soldativre, disputant aux flammes une partie de leurproie. Le pillage et l’incendie marchaient defront. Tous pillaient ou achetaient à vil prixles produits du pillage ; et l’intérêt réunit plusd’une fois, dans le même lieu, l’habit brodédu général et l’humble habit du soldat. Lejour, des tourbillons de fumée, s’élevant detoutes parts, formaient un nuage épais qui obs-curcissait la lumière du soleil ; la nuit, lesflammes, mêlées à ces tourbillons , répandaientau loin une sombre clarté.

Le sort des habitans qui étaient restés dansMoskou devint affreux ; obligés de fuir leursmaisons embrasées , ils erraient au milieu decette ville, courbés sous le fardeau de leurs