NOTES DU LIVRE II. 245
il faut ajouter les dix mille hommes de la milice deMoskou . J’ai fait connaître dans l'avertissement qui setrouve au commencement de cette seconde éditionles motifs qui m’ont empêché d’adopter les versionsdu colonel Boutourlin, en ce qui concerne les éva-luations des forces et des pertes de l’armée russe.Néanmoins j’entrerai dans quelques détails relative-ment à l'évaluation des forces françaises et russes à labataille de la Moskwa , à cause de l'importance de cetévénement.
Selon le colonel Boutourlin , l’armée française comp-tait cent cinquante mille combattans, et près de millebouches à feu, et l’armée russe cent quinze mille com-battans de troupes régulières, dix mille hommes demilice et six cent quarante bouches à feu.
J’évalue l’armée française à cent vingt mille com-battans, et le nombre de ses bouches à feu à cinq centquatre-vingt-sept, et l’armée russe à quatre-vingt-douze mille combattans de troupes régulières et àdix mille hommes de milice; je lui donne plus de sixcents bouches à feu.
En ce qui concerne l’armée française, j’ai été assezheureux pour obtenir le genre d’exactitude auquel unhistorien peut espérer d’atteindre pour ces sortes d’é-valuations , puisque c’est avec les résultats des feuillesd’appel qui furent adressées à Napoléon cinqjours avantla bataille ( renseignemens qu’on ne peut que diffici-lement se procurer, et qui d’ailleurs n’existent pas tou-jours ) que j’ai déduit la force de l’armée la veille de la