342 EXPÉDITION DE RUSSIE ,une route qui lui offrait des ressources. Sonamour propre se serait alors trouve entière-ment à couvert, puisqu’il aurait pu dire : J’aimarché à l’ennemi pour lui livrer bataille , iln’a osé se présenter (a); et, la saison s’avan-çant , je suis revenu prendre mes quartiersd’hiver sur les bords du Dniéper , où j’ai mesmagasins.
Pour que Napoléon réussît à effectuer saretraite sur Smolcnsk, en passant par Kaluga ,il fallait qu’il marchât avec une grande rapi-dité, et que Koutousof fit les fautes de ne pointavoir de corps d’armée sur la nouvelle route deKaluga , et de ne point faire éclairer les mou-vcmens de l’armée française par sa cavalerielégère ( b ). Le général russe commit ces fautes ;mais Napoléon ne marcha qu’avec une extrêmelenteur, et pourtant s’il n’eût point arrêté Eu-
(a) C’était aussi le langage que Napoléon avait tenu jus-qu’alors à ses généraux. Dans la lettre que Berthier écrit àJunot, de l'oininskoé , le 2â octobre , il lui dit : « La ville de» Moskou étant toute brûlée, l’empereur a jugé convenable» de l’évacuer, après avoir fait sauter le Kremlin , afin d’être» maître de ses inouvemens , ce cadavre de ville exigeant» quinze à vingt mille honunes pour maintenir la police dans> ses décombres. Si l’armée ennemie prétend couvrir Kaluga .
l’empereur veut lui livrer bataille. »
(b) Il est inconcevable que Koutousof, dont la cavalerie lé-gère était si nombreuse, n'ait pas fait pousser de reconnais—