LIVRE III.
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delà de Mojaïsk ; dans la nuit, il xeçut une dé-pêche de Davout , datée du jour même à quatreheures de l’après-midi. Ce général lui apprenaitqu’il ne s’élait encore retiré que jusqu’à Bo-rowsk, et que jusqu’alors il n’avait été suivi quepar des Kosaques qui s’étaient montrés, pour lapremière fois, à neuf heures du matin. Cette cir-constance, réunie à ce qu’avait dit un officier (4)fait prisonnier dans la journée du 26, que l’ar-mée russe marchait sur Smolensk , fit craindreà Napoléon que Koulousof ne se dirigeât effec-tivement sur cette ville ou sur Wiazma, et netrompât ainsi l’espoir qu’il avait fondé sur sonimpéritie. Il se décida donc à forcer de mar-che, accompagné seulement de sa garde.
Le 29, au point du jour, il traversa les champsde Borodino ; le soldat, encore transi de froid,attristé par la rigueur de son sort, marchaitsans s’arrêter, ne prenant pas même la peinede jeter un dernier regard sur des lieux si pleinsde souvenirs. C’était le cinquante-deuxièmejour depuis la bataille, et l’aspect affreux deces champs de carnage n’avait point changé ;ils étaient encore jonchés de cadavres d’hom-mes et de chevaux (a), dont le froid avait ar-rêté la putréfaction, et parsemés d’armes, de
[a. On n’avait fait enterrer aucun des cadavres des Russes ,