Band 
Tome deuxième.
Seite
356
JPEG-Download
 

.556 EXPEDITION DE RUSSIE ,harnois, d’habillemens et de tous ces débrisqui couvrent les champs de bataille. Napoléon repassa peu après devant le monastère de Ko-lotskoi, vaste charnier, où l’on avait, ainsiqu’à Mojaïsk , entassé les blessés après la ba-taille; il ordonna de placer ceux qui y étaientencore dans les voitures de luxe, dans cellesdes cantinières et sur les voitures de vivres etde bagages (a). Fut-ce l’humanité, l’amourpropre ou le désir de conserver des soldatséprouvés qui dicta cette mesure ? je l’ignore.Quoi qu’il en soit, le résultat ne pouvait qu’êtrenuisible à l’armée et funeste à ces malheureux,puisqu’ils n’avaient aucun moyen d’existence,et qu’ils étaient hors d’état de supporter les fa-tigues, les privations et le bivouac. On devaitd’ailleurs s’attendre que la plupart seraientabandonnés par ceux qu’on forçait de les trans-porter et par suite de les nourrir.

Napoléon , ce jour-là, poussa jusqu’à Gjalzk,

et une partie seulement de ceux des Français l’avaient été.Ordinairement on fait faire cette corvée par des habitans ;mais il n’en restait point dans les lieux qu’occupait l’armée.

(a) Il y avait encore dans ces deux endroits réunis environquinze cents blessés C’étaient ceux qui avaient été jugés jus-qu’alors hors d’état d’être évacués, et qui, depuis le départ deMoskou , n’avaient pu l’être , au défaut de moyens de trans-port.