386 EXPÉDITION DE RUSSIE ,quartier-général à Brédichino ; on rencontrace jour-Ià des convois de vivres destinés pourl'arrière-garde , et qui étaient partis la veillede Smolensk ; on en conçut l’espoir de retrou-ver sinon l’abondance, du moins le nécessaire,aussitôt qu’on aurait atteint cette ville. Oncomptait aussi sur l’appui de Victor; on igno-rait généralement sa marche rétrograde, aussibien que les revers essuyés en Wolhinie et enLithuanie : Napoléon avait apporté tous sessoins à cacher ces événemens. Ce meme jour,Junot, qui marchait à l’avant-garde, atteignitSmolensk , mais il n’y entra point ; il alla can-tonner deux lieues au delà , sur la route deMstislaw.
Smolensk , dès le 7 , s’était rempli de mili-taires isolés qui avaient devancé l’armée etauxquels il fallut distribuer des vivres , sansquoi ils auraient pillé les magasins ; on voulut,mais en vain, les contraindre à continuer leurroute : depuis cette époque , on ne laissa péné-trer dans la place aucun militaire isolé.
Le 9 , Napoléon revit Smolensk , et apprit,en y arrivant, que Witepsk venait de tomberau pouvoir de l’ennemi. Que de changemenss’étaient opérés depuis deux mois et demi qu’ilavait quitté Smolensk ! vainqueur alors, et se