436 EXPÉDITION DE RUSSIE ,vemens ; elle avail déjà perdu plus de trois centcinquante bouches à feu, en y comprenant cellesqu’on était obligé d’abandonner à Sinolensk ; cequ’elle en conservait encore, loin de pouvoirtraverser les plaines couvertes de neiges dont onétait entouré, s’il fallait prendre position pourcombattre ,nc pouvait franchir les nombreux ra-vins dont la route est coupée , depuis Smolensk jusqu’à Krasnoï, qu’avec le secours des canon-niers, qui poussaient aux roues à toutes lesmontées. Aussi devait-on s’attendre à perdreen peu de jours ce qui restait d’artillerie (a),à moins qu’un changement de température nedétruisît le verglas. Enfin, les hommes et leschevaux avaient un si grand besoin de repos,qu’il ne fallait plus alors que quelques journéesde marche pour achever de désorganiser et dedétruire ces débris d’une armée naguère si re-doutable et si belle. Son sort était d’ailleurs en-tre les mains de Koutousof, qui, après lui avoircoupé la retraite, en la précédant à Krasnoï ,
(a) On se fera une idée des pertes qu’éprouva l’artilleriependant les journées qui suivirent le départ de Sinolensk,quand on saura que celle de la garde, qui était la moins malattelée, partit de Sinolensk le 12 à trois heures du matin, etn’arriva que le i 5 à une heure du matin à cinq lieues de cetteville, après avoir laissé plusieurs voitures en arrière.