LIVRE III.
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plan que lui proposaient ses generaux ; mais ,au moment où il donnait des ordres pour sonexécution, on lui amena un paysan qui s’étaitéchappé de Krasnoï; il le questionna, et ayantappris que Napoléon en personne était dansKrasnoï, et que cette ville et les environs étaientremplis de troupes qui portaient des bonnets àpoil, coiffure de la garde impériale : « Tousvoulez, s’écria-t-il, en s’adressant à ses géné-raux , que je livre au hasard ce que je puis ob-tenir avec certitude en temporisant quelquesjours! » Et aussitôt il suspendit l’exécution desordres qu’il A'enait de donner, citant à l’appuide sa résolution cette sotte maxime (i4)> qu’ilfaut faire un pont d’or à l’ennemi qui fuit. Ilse flattait sans doute que le froid, les priva-tions , la famine, et ses troupes légères achè-veraient de détruire l’armée de Moskou avantqu’elle eût franchi la Bérézina : il espérait d’ail-leurs lui fermer toute retraite, en réunissantderrière cette rivière les armées de Wittgens-tein et de Tchitchagof.
Napoléon , appréciant le danger de sa posi-tion , sentait qu’il devait se retirer à l’instantmeme ; mais alors les corps de Davout , d’Eu-gène et de Ney ne pouvaient manquer de suc-comber. Comptant donc sur la lenteur et sur