468 EXPÉDITION DE RUSSIE ,fondeur; ainsi sa seule voie de salut était de lepasser sur la glace. Rien n’était plus incertainque la réussite de ce passage, parce que le froidn’ayant été excessif que pendant deux jours,et le tems se mettant au dégel, on ignorait si laglace avait acquis assea de consistance. Aprèsavoir côtoyé le fleuve dans le sens de son courspour trouver un endroit dont les rives fussentpeu escarpées, Ney fit choix d’un point situéentre les villages de Syrokorenie et Gusinoé :la glace pouvait à peine supporter le poids deshommes; elle fut bientôt rompue à l’entréeet à la sortie du fleuve ; il fallut abandonnerce qu’on avait conservé d’artillerie, de bagageset de chevaux, et les fantassins furent obligésde se itiettre dans l’eau jusqu’à la ceinture pouratteindre et quitter la glace. Ce passage extraor-dinaire s’effectua pendant la nuit du 18 au i g no-vembre : l’ennemi ne le contraria point ; quel-ques Kosaques seulement furent en présence.
Le corps français parvint ainsi à mettre lefleuve entre lui et l’armée russe, mais il se trou-vait réduit à trois mille hommes, qui étaientsuivis d’un nombre à peu près égal de militairesisolés. Ney atteignit au point du jour le villagede Gusinoé , dans lequel il surprit, à son grandétonnement, quelques Kosaques qu’il fit pri-