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Tome deuxième.
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NOTES DU LIVRE III.

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s’est quelquefois opéré de grands changeinens dansl’état des choses : on ne devrait donc adresser aux gé-néraux commandant en chef que des instructions très-générales, et leur abandonner entièrement la conduitedes opérations de détail, qu’ils ne peuvent bien dirigerqu’en ayant égard, à chaque instant, aux événemenset aux circonstances.

Dans les petites armées, le général en chef peut sou-vent tout embrasser d’un coup d’œil, et donner des or-dres en tems utile ; mais dans les grandes armées de nosjours, il faut qu’après avoir reçu des ordres généraux,chacun agisse, sur le point où il se trouve, dans l’inté-rêt général, ne se contentant pas des ordres de seschefs, mais exécutant, comme s’il en avait reçu l’ordre,ce que la nécessité exige, et même quelquefois ce quiest évidemment nécessaire à la réussite de ce que l’ona entrepris. Les généraux français ont presque toujourseu cette latitude pendant les dernières guerres, tandisque leurs adversaires étaient liés; par analogie, ou parles raisons que je viens de développer, ils ont laissé aussibeaucoup de latitude à une partie de leurs subordonnés.Ainsi, dans l’armée française, lorsqu’une circonstanceimpérieuse commande une prompte résolution, on agitet l’on rend compte, et l’on ne perd point l’occasion,qui est tout à la guerre : un général de division atta-quera avant que d’en avoir reçu l’ordre, pour secourirune-division voisine qui est accablée ; une brigade se-courra une brigade, un bataillon un autre bataillon, etun commandant de batterie prendra sur-le-champ, et