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Tome troisième.
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LIVRE IV.

5i

niais, vis-à-vis de Studianka, ses bords seulsétaient gelés. Le lit de cette rivière était vaseux etinégal, son cours lent ; elle charriait des gla-çons. On reconnut qu’au lieu de quarante toisesde large elle en avait cinquante-quatre, et quesa plus grande profondeur était de six pieds ;ainsi les difficultés à vaincre se trouvèrent plusgrandes qu’on ne l’avait calculé.

Napoléon hâtait les travaux par sa présence $ils marchaient trop lentement au gré de son im-patience. Le dévouement des pontonniers danscette circonstance vivra autant que le souvenirdu passage de la Bérézina ; quoique affaiblis parles maux qu’ils enduraient depuis si long-tems ;quoique privés de liqueurs et d’alimens subs-tantiels , on les vit , bravant le froid , qui étaitredevenu très-rigoureux , se mettre dans l’eauquelquefois jusqu’à la poitrine ; c’était courir àune mort presque certaine , mais l’armée lesregardait, ils se sacrifièrent pour son salut.

Le pont de droite fut terminé à une heurede l’après-midi, et Napoléon , qui n’avait pointquitté les travaux depuis qu’ils étaient com-mencés , y fit passer sous ses yeux le corps d’Ou-

donner des feuilles d’appel à cause de la dispersion des corps etde la difficulté des communications ; néanmoins , les rensei*gnemens que j’ai recueillis me permettent d’affirmer qu’elle s’é«icarte peu de la vérité.