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Tome troisième.
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LIVRE IV. 9 5

valerie dont on avait ordonné l’organisation ;on n’avait pu les former.

Depuis le passage de la Bérézina, l’arméeéprouva quelque soulagement sous le rapportdes subsistances ; mais sa situation devint en-core plus déplorable d’ailleurs, et l’on vit s’ac-croître tous ces maux dont j’ai déjà tracé lapeinture. L’indiscipline et l’insubordinationfurent portées à leur comble ; un grand nombrede soldats isolés, qui jusqu’alors avaient con-servé leurs armes, les jetèrent. Les traces d’uni-formes disparurent entièrement. Les massesdésorganisées qui couvraient la route n’étaientplus , comme précédemment, composées pres-qu’en entier de soldats; on y remarquait ungrand nombre d’officiers de tous grades. Desgénéraux qui avaient perdu domestiques, che-vaux et bagages, au passage de la Bérézina, setrouvaient souvent réduits à mendier des se-cours (12) auprès des soldats qu’ils avaientcommandés ; ils étaient d’autant plus malheu-reux qu’ils passaient tout à coup d’une sorte d’a-bondance à une extrême misère. Les fourragesétaient devenus communs, les vivres moinsrares. On trouvait quelquefois à acheter desdenrées près des soldats qui avaient passé lanuit dans les villages du voisinage de la route;