LIVRE IV.
Yoyer aux distributions. Il ne fut donc pointdonne de vivres aux militaires isolés , c’est-à-dire que les dix-neuf vingtièmes de l’armée enfurent privés ; les Russes en profitèrent, car onne détruisit même pas les magasins de Smor-goni, avant que d’abandonner cette ville.
Chaque jour voyait tomber entre les mains del’ennemi, des bagages, de l’artillerie et un grandnombre de militaires, restés la plupart dans lesvillages situés sur la route. Le soldat russe ,aussitôt arrivé, les jetait hors des maisons pours’y loger, et ils périssaient bientôt ; quelquefoisils suivaient la colonne russe jusqu’à ce qu’ilplût à un Kosaque de hâter l’instant de leurmort, en les dépouillant de leurs vêtemens. Siquelque officier, mu par un sentiment d’hu-manité , voulait interposer son autorité, lesoldat russe, ordinairement si soumis, se con-tentait de s’écrier! «Moskou! Moskou ! » fai-sant allusion à l’incendie de cette capitale,qu’il attribuait aux Français . On doit conveniraussi que la destruction des murailles du Krem-lin et de Smolensk , l’incendie du palais desTzars et de tout ce qu’on avait pu atteindredepuis le départ de Moskou jusqu’à Smolensk ,le massacre des prisonniers russes qui ne pou-vaient suivre, étaient bien capables de le con-