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Tome troisième.
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11G EXPÉDITION DE RUSSIE ,veloppés de fourrures; les effets de ce froidexcessif sur des malheureux qui en manquaientpour la plupart, et qui étaient obligés de bivoua-quer, furent terribles. Ce n’était plus cette mortlente qui se présentait sous tant de formes ; lefroid immolait ses victimes avec la rapidité dela foudre ; il frappait indistinctement les forts clles faibles, les valides et les moribonds, maissurtout ceux qui quittaient les habitations pourle bivouac ; aussi ne rencontrait-on plus de mou-rans gisans de chaque côté de la route : maisquelle quantité de cadavres dispersés sur cetteroute et autour des bivouacs ! Jamais armée n’é-prouva un pareil désastre ( 17). La seule divisionLoison qui prit l’arrière-garde à Oszmiana, etqui était alors forte de dix mille hommes, perditpar le froid sept mille hommes en trois jours.

Wilna était le but qu’on s’efforçait d’attein-dre ; on savait qu’on y trouverait des secours,et l’on espérait que Napoléon y aurait réuniassez de forces pour arrêter les Russes , et pro-curer enfin quelque repos aux débris de sonarmée. Au milieu de tant de maux, l’abondancedes vivres aurait du procurer quelque soula-gement , mais on voulait remplir toutes lesformalités ; on semblait croire que les corpsdissous se reformeraient tout à coup pour en-