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Tome troisième.
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qui les occupaient; autour d’eux, plus de sixmille cadavres , amoncelés dans les cours etsur les escaliers où beaucoup de ces infortunésavaient rendu les derniers soupirs. Une épidé-mie terrible, qui vint se joindre à tant de maux,fut la suite de ce traitement barbare; bientôtelle s’étendit des lieux où elle avait pris nais-sance jusqu’au sein de l’armée russe, et y exerçases ravages.

Tel était le sort des prisonniers, lorsqueAlexandre, ne consultant que son cœur, vou-lut juger par ses yeux de leur situation ; il osapénétrer dans ces demeures horribles et in-fectes , où l’air corrompu portait les germes lesplus actifs de l’épidémie. Quel spectacle, grandDieu , pour un souverain encore enivré desacclamations de la victoire ! Monarque russe,quoi que tu puisses faire , cette action sera unedes plus belles de ta vie !

Alexandre, profondément ému d’un sort sidéplorable, désigna, pour prendre soin des pri-sonniers , l’un de ses aides-de-camp, Saint -Priest ( a ) , un Français que nos dissensionsintestines avaient jeté sur ces terres lointaines,

(a) Saint-Priest, qui fut chargé par Alexandre de prendresoin des prisonniers, est le même qui avait remplace Wint-zingerode lorsqu’il fut fait prisonnier.