LIVRE IV.
181
Une telle opération , conduite avec vigueur,aurait fait éprouver de très-grandes perles auxFrançais , et les aurait contraints à évacuerprécipitamment l’Espagne . Le caractère du gé-néral anglais offrait quelques motifs de sécu-rité; on devait présumer qu’il ne tirerait pointparti d’un état de choses qui lui offrait deschances si favorables; il avait été jusqu’alorsd’une telle circonspection, que loin de cher-cher à faire naître les occasions, il n’en pro-fitait pas toujours lorsqu’elles se présentaient ;il se tramait, si l’on peut s’exprimer ainsi, àla suite des circonstances.
L’Angleterre , naguère dans une situation sicritique, recueillait enfin le fruit de ses effortset de sa persévérance ; ses relations commer-ciales se rétablissaient avec une partie de l’Eu-rope , et elle espérait dicter bientôt des lois àson redoutable ennemi, ou même le renver-ser (a) du trône où il s’e'tait assis.
(o) L’espoir de renverser Napoléon se trouvait manifesté dansune proclamation que Louis XVIII avait adressée d’Hartwel,le I er février i8i 3 , au peuple français , et qui avait pour objetson rétablissement sur le trône de ses pères. Louis n’avait puse permettre de lui donner de la publicité qu’avec l’autorisa-tion , sinon ostensible, du moins tacite, du gouvernementanglais . On ne parvint point à répandre cette proclamation enFrance .