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Tome troisième.
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i 82 EXPÉDITION DE RUSSIE .

Dans de telles conjonctures , Napoléon nesongeait point à s’assurer, par une paix qu’ilaurait facilement obtenue, la possession del’ancienne France et d’une partie des pays quela conquête y avait réunis. Persuadé que sonmariage avec une archiduchesse empêcheraitl’empereur d’Autriche de se réunir ouverte-ment à ses ennemis pour s’opposer à l’exécu-tion de ses projets, il se flattait de ressaisirbientôt, par la force des armes, cette supréma-tie que les revers venaient de lui faire perdre.Ses espérances reposaient presque entièrementsur l’armée qu’il avait ordonné d’organiser peuavant son départ pour l’expédition de Russie :inférieure, sans doute, par le nombre et par laqualité des troupes, à celle qu’il venait de per-dre , elle n’était pourtant point méprisable ;elle ne comptait , à la vérité, que quelques régi-mens de cavalerie nouvellement formés et malexercés , mais on y remarquait la garde et en-viron quinze mille hommes tirés de l’artilleriede la marine, troupes vieillies sous les armes etparfaitement exercées aux manœuvres de l’in-fanterie. L’artillerie, recrutée en grande partieavec ces mêmes troupes, était excellente. Les re-crues qui composaient presque entièrement lereste de l’armée étaient robustes, parce qu’elles