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NOTES DU LIVRE IV.
» était obligé de s’envelopper les pieds de chiffons, de» morceaux de couvertures de laines, de peaux d’a-» nirnaux, qu’on assujettissait avec des liens de paille» ou des ficelles. Mais tous ces moyens, que la néces-» sité suggérait, étaient bien loin de remplacer les» bottes et les souliers : ils rendaient, au contraire,» la marche très-lente et très-pénible, et ne garantis-» saient que faiblement de l’impression du froid.
» Le reste de l’accoutrement était parfaitement en» rapport avec la chaussure : surchargés des guenilles» les plus sales et les plus grotesquement disposées, la» tête couverte des coiffures les plus bizarres, la barbe« longue et dégoûtante, les cheveux en désordre, les» yeux caves, les joues décharnées, des figures où se» peignaient toutes les peines physiques et morales qui» nous déchiraient, donnaient à l’armée l’aspect de» fantômes effrayans.
» On se trouvait tfitns un état si déplorable, qu’il» est arrivé souvent que des personnes, liées par l’a-« mitié la plus intime, ont marché, pendant des jour-« nées entières, à côté les unes des autres sans se re-» connaître.
» Malgré ce qu’on faisait pour mitiger les effets du» froid, en s’entourant de tout ce qui pouvait servir» de vêtemens, peu de monde échappèrent à la con-» gélation , et chacun en fut frappé dans quelques» parties du corps. Heureux ceux à qui elle n’atteignit» que le bout du nez, les oreilles ou une partie des» doigts !