zi8 Hïitiana.
ses mouvemens, fit une de ses passionsdominantes. J’ai ouï, conter à des vieil-lards ses contemporains & ses amis, quependant fa derniere maladie, qui le tintsix mois au lit , ils composèrent un bal-let , qu’ils ne crurent pas pouvoir réussirsans ion approbation ; qu’ils l’allerentrepeter devant son lit , & le réglèrentsuivant ses avis. J’ai appris de ces mê-mes vieillards , qu’il fit à Rouen dansfa premiere jeunesse une fameuse masca-rade à cheval, en forme de carrousel *dont j’ai vû les habits long-tems aprèsfa mors» magnifiques à la vérité, & en sigrande quantité , que les voyant, je nepouvois m’empêcher de penser , avectout le respect que je dois à fa mémoi-re , que cette dépense eût été bien plusutilement employée , s’il s’en fur servipour contribuer à rétablissement de safamille. Son genie, & la délicatesse deson oreille , se faisoient encore remar-quer dans les vers qu’il composoit. ILm’en est resté quelques-uns, où j’ai trou-vé de l’élévation, d u tour , & du nom-bre ; & rien ne m’a semblé y manquer,qu’un plus grand usage des bons auteursde notre langue, & des meilleurs poètesde son tems j & fur tout un plus grand