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Tome premier.
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A R N 95

qua son sentiment dans une lettre , ou il blâmait ce refus commecontraire à toutes les réglés. Cette lettre fut imprimée fous cetitre : Lettre d’un docìeur de Sorbonne à une personne de condi-tion , sur ce qui est arrivé depuis peu dans une paroijse de Paris ,à un seigneur de la cour. M. Arnauld y fait sentir quelle confusionil y auroit dans l’église , s’il étoit libre à un prêtre de retrancherde la communion des fideles , qui il lui plairait d’avoir poursuspect dans fa foi. Dès que cette lettre eut été rendue publique ,on fe vit inondé d’une foule de brochures fous difterens titres :Réponses , lettres , avis , remarques , conférences , discours. LesJésuites Annat S í Ferrier s’étoient nommés dans deux de cesécrits. On prétendait dans tous , que la conduite d u confesseurde St. Sulpice étoit irrépréhensible , & que la déclaration quefaisait M. Arnauld de condamner les cinq propositions , n’étoitpas suffisante. 11 se défendit par une seconde lettre , où il justifiela preiniere contre tous les écrivains qui l'avoient attaquée. Elleest intitulée : Seconde lettre dc M. Arnauld à un duc & pair deFrance , (le duc de Luiues) pour servir de réponse à plusieursécrits qui ont été publiés contre la premiere lettre. C’est plutôt unlivre qu’une lettre , puisqu’elle est de 150 pages in-4 0 . Elle estdivisée en deux parties. II entreprend dans la premiere , de dis-cuter à fond le procédé d 11 confesseur & du curé de St. Sulpice ,& de répondre à tout ce que Von avoit avancé pour le justifier.Dans la seconde partie , M. Arnauld répond au reproche qu’oului faisait du défaut de sincérité dans fa profession de foi au sujetde s cinq propositions. II pafiè de la question de droit à celle dufait de Jansémus ; savoir si ces propositions font ou 11e font pasdans le livre de cet évêque. 11 se fait cette question : >1 Eft-011» obligé de croire que la bulle A'Innocent X ait renversé la doc-» trine de St. Augustin , en obligeant de croire comme article» de foi, que la grâce intérieure qui est nécessaire à la volonté ,» a fin qu’elle puifiè vouloir ce que Dieu exige d’elle, ne lui man-» que jamais dans l’occasion où elle pèche? « C’est alors qu’il alléguél’exemple de St. Pierre ; & qu’après avoir cité deux passages ,l’un de St. Chrysofiome , & Vautre de St. Augustin , il conclutque Vécriture nous montre en la personne de St. Pierre , un juste<ì qui la grâce , sans laquelle on ne peut rien , a manqué dans uneoccasion où l’on ne peut pas dire qu’il n'ait pas péché. Cette pro-position jointe à la suivante qui lé trouve dans la lettre : on peutdouter que les cinq propofitions condamnées par Innocent X & parAlexandre VII, comme étant de Jansénius évêque d’Vprés , soientdans le livre de cet auteur, fut une occasion de soulèvement pourses ennemis. On porta la Sorbonne à les examiner ; cette com-pagnie les censura , & Arnauld 11’ayant pas voulu se soumettre àla censure , elle le retrancha de son corps en 1654. L’afìémbléetenue à ce sujet fut tumultueuse. Arnauld protesta , par-devantnotaire , contre l’injustice qu’on lui faisoit. 11 se plaint dans cetacte , ste ce qu’il a eu pour juges les mêmes personnes qu’il avoit