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Tome premier.
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no A T H

survenus dans 1 ’église d’Antioche ; mais il ne put pas long-tempstravailler pour le bien de l’église. Julien ne pouvant souffrir lesgrands biens que faifoit St. Athanase depuis son retour à Alexan-drie , l’en fit chasser. Mais après le régné de ce prince , qui futcourt, St. Atkanafe parut avec plus d’éclat que jamais, s.'empe-reur Jovien , plein de sentimens d’estime 8c de vénération pourlui, & voulant rétablir la foi de Nicée , lui demanda des instruc-tions & des conseils. Le saint lui répondit que la feule chose quifut nécessaire , étoit de s’attacher à la foi de Nicée ; que tous lesmaux de Téglife venoient de ce qu’ou s’en étoit écarté. St. Atha-nase tut contraint , Jjour la cinquième fois , de fe retirer d’A-Jexamlrie fous Valens pour conserver son peuple , qui, envoulant le retenir malgré les factieux , fe feroit infailliblementattiré lacolere de l’JEmpereiir. Le saint évêque fut caché pendantquatre mois dans le tombeau de son pere. Valens lui permit en-suite de revenir, & le laissa en paix. II mourut fan 57j de J. C.le z mai , après avoir été évêque d’Alexandrie pendant plus de46 ans.

§ I.

Son Portrait.

M. l’Abbé de la Blettcrìe en a tracé ce portrait , qu’011 nesauroit voir en trop d’endroits : n Athanase étoit le plus grand» homme de son liecle , 8c peut-être qu’à tout prendre , l’église» n’en a jamais eu de pius grand. Dieu qui le destinoit à com-n battre la plus terrible des hérésies , armée tout à la fois de lx» subtilité de la dialectique 8c de la puissance des Empereurs ,» avoir mis en lui tous les dons de la nature St de la grâce , quiI, pouvoient le rendre propre à remplir cette haute destination.» 11 avoir l’efprit juste , vif St pénétrant ; le cœur généreux 8c» désintéressé ; 1111e foi vive ; une charité fans bornes ; unen humilité profonde ; uu christianisme mâle , simple 8t nobleN comme l’évangile ; une éloquence naturelle > semée de traitsn perçants , forte de choses , allant droit au but , 8c d’une» précision rare dans les Grecs de ce temps-là. L’austérité de» fa vie reuiloit la vertu respectable : sa douceur dans le com-» merce la faifoit aimer. Le calme & la sérénité de son ame» fe peignoicnt sur sou visage. Quoiqu’il ne fût pas d’une taille» avantageuse , son extérieur avoir quelque chose de majestueux„ 8c de frappant. II n'ignoroit pas les sciences profanes , mais» il évitoit d’en faire parade. Habile dans la lettre des écritures ,

» il en poíledoit l’efprit. Jamais ni Grecs ni Romains n’aimerentn autant la patrie , q u'Athanase aima l’église , dont les intérêts„ furent toujours inséparables des. siens. Une longue expérience» savoir rompu aux affaires ecclésiastiques. II avoir un coup d’œil» admirable pour appercevoir des ressources, même humaines ,

» quand tout paroiifoit désespéré. Menacé de l’exil lorfqu’ii étais