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avec le pere , mais il suivit ses freres peu de temps après , fansque son pere ni ses amis puisent le retenir. Ce fut fan m; ,quinze ans après la fondation de Cîteaux , que Bernard , âgé devingc-deux ans , y entra avec plus de trente compagnons , pourvivre sous la conduite de l’abbé Etienne. II y parut comme unelumière éclatante , & l’on pensa de bonne heure à la mettre sur lechandelier. La terre de Clairvaux sut donnée vers ce temps-là parHugues , comte de Troyes. C’étoit auparavant une retraite devoleurs , 8t le lieu se nommoit la vallée d’Abfmte , fans doutefarce que cette herbe y croiílòit abondamment. St. Etienne ,abbé de Cîteaux , y envoya de ses moines & leur donna pourabbé St. Bernard , quoiqu’il ne fût âgé que de vingt-quatre ans,& qu’il n’eût qu’une année de profession. Comme l’évêque deLangres étoit absent, Bernard s’adreífa á l’évêque de Châlons ,Guillaume de Cham'peaux, pour recevoir la bénédiction abba-tiale. L’évêque reconnut que Bernard étoit un serviteur de Oie» ,& depuis ce jour-lá ils ne furent qu’un cœur & qu’une aine.Clairvaux devint la maison de l’évêque , & Châlons l’hofpice desmoines de Clairvaux. L’estime d’un tel prélat attira à Bernard cellede toute la province de Rheims, 8t ensuite de toute la France. Onveuoit á lui de toutes parts. Sa sainte vallée étoit l’objet de i’ad-miration des anges &des hommes. Les solitaires qui la peuploient,tenoient beaucoup plus au ciál qu’à la terre , St fuisoient repa-roître les anciens prodiges de grâce , qu’avoient présenté auinonde les siécles les plus heureux. Bernard eut jusqu’à 700 no-vices. De ce séminaire de toutes les vertus , 011 vit sortir un reli-gieux qui fut Pape , six cardinaux , plus de trente prélats , tousélèves de Bernard. Son crcdit étoit extrême. Les Papes , les évê-ques , les Rois &. les princes le choisirent plusieurs fois pourarbitre de leurs différends, ils le consultoient comme un oracle.Innocent XI fut reconnu Pape par fa médiation , St ce fut luiqui éteignit le schisme , en failant faire une abdication volontaireà l’atttipape Victor en 1140. Ce grand travail l’occupa près de dixannées. Son zele trouva de nouveaux alimens dans les différentesdisputes qui s’éleverent. II convainquit & fit condamner Abailardau concile de Sens l’an 1140 : il réfuta les erreurs de Pierre deBruys &í de Henri son disciple , il combattit une autre sorted’hérétiques qu’on nommoit Apostoliques ; il s'oppola au moineRaoul , qui prêchoit qu’il falloit tuer tous les Juifs ; il poursuivitles sectateurs d ’Arnauld de Bresse , St fit condamner Gilbert de laPorrée , évêque de Poitiers , St Eon de l’Etoile dans le concilede Rheims l’an 1148. L’actkm lapins célébré de St. Bernard lutla prédication de la croisade , qu’il annonça fous Louis le Jeuneen 1146 , â Véselay en Bourgogne. II prêcha avec tant de force,que de tous côtés on poussoit des cris pour demander des croix.O11 en avoir préparé un paquet qui fut bientôt distribué ; Sicomme il ne fuffifoit pas , St. Bernard fut obligé de mettre e»pieces ses habits pour y suppléer , êi il lit en cette occasion 14»