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Tome second.
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8c des libertés ecclésiastiques. Ses ennemis au contraire í’ontfait passer pour un homme cruel, fans foi 8c fans religion > qui,s’étant emparé par violence du St. Siégé , a jette toute l’églifedans le trouble pour satisfaire son ambition. Ils lui ont imputétoutes fortes de crimes , ceux même qui n’ont pas la moindrevraisemblance. On voie par exemple dans les écrits du cardinal Ben-noit des histoires ridicules , qu’il ne raconte que pour décrier Gré-goire VII. En général on y remarque tant de passion , qu’il estdifficile d'y discerner la vérité d’avec le mensonge. pour jugersainement de ce Pape > il faut reconnoître qu’il avoir beaucoupd’esprit ; qu’il écoit capable de grandes choses, ferme 8c intré-pide dans l’exécution de ses projets , ennemi de la simonie 8edu libertinage , 8c zélé pour la réforme des mœurs du clergé.Mais il faut avouer aussi , qu’il a été élevé fur le St. Siégé avecun peu de précipitation ; que l’idée fausse qu il avoir des préro-gatives de son siégé, l’a porté à former des entreprises dérai-sonnables 8c au-dessus de l'on pouvoir j qu’il a causé de grandstroubles dans l’église 8c dans l’empire 3 qu’il est le premier quinon-seulement fe soit voulu rendre souverain , 8c exercer unedomination absolue dans l’égliie, mais même dans les royaumes,qui ait entrepris de disposer des biens 8c des états des princes ,de déposer les Empereurs 8c les Rois 8c d’en mettre d’autres à leurplace. Les bons Chrétiens , difoir-il,de quelque rang qu’ils soient,font plus véritablement rois que les mauvais princes. Les unsfont membres de J. C. les autres du diable. La conséquence naitutelle seroit de ne plus reconnoître les méchans pour souve-rains, mais ce seroit une hérésie. Grégoire V.II ne s’appercevoitpas que l’on pourroit en dire autant des méchans évêques, 8cque l’on introduiroit une horrible confusion dans le monde Scdans régisse, si l’on faisoit dépendre la soumission à l'autorité ,soit spirituelle soit temporelle , des dispositions personnelles deceux qui en sont revêtus. Le Pape ajoutoit, pour humilier lesRois, qu’il y en a peu qui soient honorés comme saints , 8c quechez eux la pénitence est aussi rare, que les pèches font com-muns. 11 dit enfin que le St. Siégé rend saints ceux qui le rem-plissent. Cet étrange paradoxe pouvoit-il être avancé, après latriste expérience que l’on venoit de faire de tant de Papes quiavoient déshonoré le St. Siégé pendant le dixieme siecle ! On ade ce Pontife un recueil de lettres en neuf livres, dans lesquellesil déploie ses prétentions. On les trouve dans les collecHons desconciles. Elles commencent au mois d’avril 1073 , 8c finissenten 10S2, L’auteur abuse des passages de récriture - sainte 8cdes Sts. peres, pour réaliser ses chimères. On trouve parmi ceslettres un traité intitulé ; DiBmus Paf* , dans lequel respire lemême esprit qui régné dans les lettres. Quelques auteurs pen-sent qu’il n’est point de Grégoire Vil > mais il est conforme à tou-tes les idées-, 8c s'il n’est pas de lui , il est digne d’en être. Aufífie il est bon d’obseiver que parmi les accusations impertinen-