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A R B. ARC.

des arbres quis’élcvent naturellement fort haut, & que l’onne rabais-se pas. Certains fruits font meilleurs en plein vent qu’en buistòn, ouen espalier.

Un Arbre nain ou en buisson.

C’est celui qu on tient bas, & auquel on ne laiífe que demi-pied de ti-ge. On le vuide en dedans afin que ses branches s’étendant fur les cô-tés , forment une boule ou un buisson arrondi.

Arbre en espalier.

Cest celui dont les branches font étendues & attachées contre desmurailles, en façon de main ouverte, qu’on appelle taillé à plat. IIy a aussi des Arbres en espalier, en plein air, ils font taillés aplat, ilsont f air des deux côtés, & leurs branches font soutenues par des char-niers ou échalas mis en forme de raquette.

Arbres en contrespdier ou bayes d'appuy.

Ce sont des arbres plantez en ligne parallèle près de l'elpalier.

Arbre conféré.

C’est celui dont le fruit est de figure conique, comme le Sapin, lePin, la Melezc. Arbre fruitier , c’eít celui qui porte du fruit.

Arbres fur franc.

Sont ceux qui ont été greffés fur des sauvages venus de pépins, ouvenus de boutures dans le voisinage d autres sauvageons; ainíi on ditun Poirier fur franc, à la différence d’un Poirier greffé fur coignassier:on dit un Pommier greffé fur franc . à la différence d’un Pommiergreffé fur paradis.

Arbres lien aboutis »

Se dit de ceux qui ont beaucoup de boutons à fruit, & qu’oh ditaussi bien boutonnez ,& le contraire fe dit de ceux qui en ont peu oupoint.

Arbres bien eu mal apretez.

Et arbres bien ou mal préparez, sont termes qui signifient h mí-pre chose qu’arbres bien ou mal aboutis.

Arbres fatiguez.

Sc dit des Arbres qui paroiílènt usez , soit de vieillesse , soit faute<dc culture , soit aussi pour être dans un méchant fond : ensorte qu’ilsîte font plus ni beaux jets nouveaux, ni beaux boutons à fruits, &aucontraire se chargent de moufle, & de gale, &ne font qu’une infinitéde boutons à fruit fut les queues des anciens boutons , & ces nou-veaux boutons ont beau fleurir, ou ils ne nouent point, ou ils ne fontque de méchans petits fruits.

Quoi qu’on ait dit bien des choses fur les arbres , cependant il enreste encore beaucoup à dire. Les arbres par exemple viennent de grai-nes , on les plante dans la battardiere, en sortant de la pepiniere, ilsservent à faire des taillis ou des bois de haute futaye ; on les emploiedans la menuiserie. II est bon de consulter cous ces Articles, & plusieursautres qui ont rapport aux arbres, comme Taille , jardin , Plantes ,Greffe , Terre, &c.

Arbrisseau. C’est une plante ligneuse plus petite que f arbre,laquelle outre la principale tige & les branches, produit très-souventde la même racine plusieurs pieds considérables. Tels font le Troef-ïie, la Salaria, les Jasmins & les Lauriers, Les arbres & les arbrisseauxpouffent en Automne des boutons dans les aisselles des feuilles. Cesboutons se développent au Printems , Sc s épanouiffènt en feuilles &cn fleurs. Cette différence jointe à la grandeur fait qu’on distingue aisé-ment les arbrisseaux des sous arbrisseaux.

Arbrot , Terme d’Oiseleur. On dit prendre les Oiseaux à ÍAr -brot , c’est-à-drre à une eípece de petit Arbre garni de gluaux. ]

Arbuste, ou fous Arbrisseaux. Cest le nom qu’on donne auxplantes ligneuses ou petits buissons moindres que les Arbrisseaux. Ilsne pouffent point en Automne des boutons à fleurs ou à fruit. Telsfont se Thim, le Romarin.

ARC.

[ARCANNE. Minéral, ou eípece de craye ronge, qu’on appellecn Latin Rubrica Tabrihs , à cause qu’clle sert au Charpentiers a teindreleur cordeau, pour marquer leur bois. Il y a aussi une Arcannc facti-ce qu’on fait avec de l’Ocre brûlée.]

[ A R C A N CO N, autrement Bray-Sec, Fausse Coiopho-n e. Est une Espece de Poix noire qui reste au fond des Alambics oudes Cornues, après qu’on a tiré par la distillation les huiles de la Té-rébenthine: on nous apporte cette Poix de Provence, de Gascogne ;car il se fait beaucoup de ces distillations à quelques lieues de Marseil-le, dans les Forêts de Cuges, & dans les Landes de Boudeaux; maisii ne fadt pas croire que les Ouvriers emploient de bonne Tcrcbeh-chine pour cette opération, elle leur couteroit trop selon eux, & i!sne pourroient pas donner l’esprit de Térébenthine auxDioguistes à fibon marche. Us se servent du Barras ou Galipot qui est une Résinéliquide cu Therebenthine grossière, cpaillè , blanchâtre , qui sort dufin par les incisions qu’on lui a faites. De forte que la liqueur qu’onvend chez les Droguistes fous le nom d'ejprit ou deffsneede Terehentbi-

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ne > est tirée du Galipot. Elle n’a pas tant de vertus qu’une véritablehuile étherée qu’on auroit tirée de la Térébenthine , mais elle en appro-che.

Elle doit être claire comme de Peau, d’une odeur forte, pénétrante,désagréable: elle est fort apéritive, résolutive, incisive , atténuante,nervale; on devroit ne s’en servir que pour l’extéricur, á cause qu’il setrouve souvent des ordures dans la poix dont on la tue.

L’Arcançon ou Bray sec doit être choisit net, sec, cassant, luisent,noir. Il est détersif, résolutif, fupuratif, digestif; on l’emploie dans sesOnguens , dans les Emplâtres, dans ses Ccrats ; plusieurs Ouvriers s’tnservent aussi. ]

ARCANUM DUBLICATUM. Za maniéré de lef,'aire, dansunusage continué, donné au commencement, guérit toutes les fièvres &mêmes les scorbutiques. Si vous n’en avez point vous le ferez facile-ment en cette maniéré.

Prenez d u Vitriol , faites-le dissoudre dans de Peau & filtrez cettedissolution, puis jetiez dessus goûte à goûte la liqueur de Nitre fixeavec Ic Charbon, vous aurez un coagulum que vous fondrez dans uncreuset. La dose est d’un scrupule.

ARC-EN-CIEL. C’est un assemblage de plusieurs couleurs dispo-sées en arc, qui paroît dans une nuée pluvieuse. On apperçoit l’Arc-Kn-Ciel lorlque la nuée commence à i’e fondre en petites goûtes ron-des > que lc Soleil lui est opposé, Sc qu’il est peu élevé sur l’horífon.Le Spectateur se trouve toujours entre 1e Soleil & PArc-En-Cid. Ony remarque quatre couleurs principales qui sont le rouge, le jaune, lebleu & le violet. Ces couleurs sont produites par les différentes réfrac-tions des rayons du Soleil, qui entrent Sc qui sortent des petites goû-tes d eau. Elles font tellement disposées que 1e rouge paroit fur le bordextérieur, & lc violet fur 1 e bord intérieur.

Quand on regarde avec attention l’Arc-En-Ciel, on observe qu’ilest environné d’un autre , dont les couleurs sont bien plus fossiles Scdans une situation contraire, de sorte que dans celui - ci 1 e rouge estau dedans, & le violet au dehors.

L’arc-en-c i el semble avoir ses deux cornes posées fur la terre,lorfqu’il est vû tout entier; & si on s’avance, paroit reculer : fi on re-cule , il paroit avancer. Cese vient de ce qu’à mesure qu’on change deplace, nous perdons des raïons rompus du Soleil, qui venoient d’a-bord frapper notre œil, fous un certain angle, & aufquelsil en succé-dé d’autres qui partent des goûtes plus ou moins éloignées des pre-mières, & qui doivent en sortir toujours fous un même angle pournous donner la même sensation. G’est ce qui f:.it que nous jug.onsque l’Arc-en-Ciel change de place , quand nous en changeons. D’oùl’on voie que deux perlonnes ne voient pas se mirne Arc - en - Ciel,quoiqu’ils voient les mêmes couleurs, à peu près dans le même en-droit.

On peut remarquer les couleurs de l’Arc-en-Cid dans les jets d’eau,pourvu qu’on soit placé de telle maniéré , qu’aiant 1 e dos tourné auSoleil on regarde 1e jet d’eau, on peut même les representer par lcrnoïen d’une pluie artificielle, comme nous renseigne Mr. Polinieredans la 8 7 e. de ses Expériences Phiiiques.

[ARCHAL. On appelle du fil u’Archal, du Fer passé par la fi-lière.

[ARCHANGELI QU E. Plante Médeeinale, qu’on nomme au-trement Angélique, ou Racine dc S. Esprit. Voïez AngeliqJje.][ARCHELET. Petit Archet dont ses Orfèvres, Horlogeurs &Serruriers se servent pour ses Ouvrages de tour les plus legers.

[ARC ( ON , espece d’Arc qui soutient une selle & qui lui donnela forme; il y a l'Arçon de devant, &l’Arçon de derricre ; il y a aus-si des Arçons mobiles pour les selles à tous Chevaux. ]

ARE.

[ARETE , en terme de Mancge, est une infirmité qui vient lelong & au côté du nerf de la jambe, bien au-defsous du jarret, envi-ron le milieu & plus bas, & qui s’étcnd juíqu’au boulet; ce mal faittomber le poil, Sc paroit en calus, ou grosseurs très-rudes ; on ses ap-pelle autrement queues de rar.

Le remede est de couper ccs grosseurs avec le f. u, & appliquer défifus l’emmkUurc blanche. Votez E m m i e l l u R e. Si les Arrêtes sont hu-mides > & qu’elles ne paroiílcnt point en calus, il faut y mettre despoudres pour les déllêch.r. ]

ARG.

ARGEMONE. Voïez Anémone.

ARGENT. II tient le second rang entïe les Métaux. îî estblaflc,poli, & resplendissent: il s’étend sous le marteau» On saisine en sor-tant de 1a mine avec le Mercure ou Vif-Argent. On nous en apporte unegrande quantité dc l’Arnérique, quoi qu’on eh trouve [ dans les qua-tres parties du monde [ l’Europe a quantité de mines d’argent : & laFrance même en a quelques-unes, mais qui ne font ni riches, ni abon-dantes ( Sc dont a ce que plusieurs croient 1a dépense cxcederoit de beau-coup le produit.] 11 est quelques fois mêlé avec de l’Or ou du Ploin, &toujours avec du cuivre; d’avec lequel il n’est pas possible dc le séparerentièrement. 11 est très-difficilc à fondre, ce qui vient apparemmentde ce que les parties integrandes font fort petites , fort solides, Scexactement combinées ensemble. L’eau régale qui dissout l’Gr ne tou-che point à l’Aig.nt, il fautemploícrl’eau forte. Quand on veut pu-rifier ce métal on le fait parla coupelle & par le départ, comme on.1 e dira bien-tôt.

Ce qu’on appelle carat en l’Or est appellé denier cn l’Argent. Ledenier est lc double du carat. F.c l’on dit de f Argent à douze deniers pourfaire entendre de l’Argent très - pur, comme on dit de l’Or à vingt-quatre carats. Et pour taire entendre les autres dégrés de pureté, oní’exprime de cette sorte: de l’Argent à onze deniers & demi, à on-ze deniers, Sc ainsi du reste.