BAN. B A P.
tu, de TJsurìs, Fxtravag. i. Tua nos, de ufuris. 1
XXXII. S’ils ont trompé en vendant les Marchandises au poids,mesure, ou quantité; y aiiuit non-fcukment péché, mais aussi obli-gation de faire restitution de toutcequ'ils ont gagné par ces voies in-justes. S. Thom. 2. 2.q. 77. ar.z. inCorp.
XXXIII. SILn’ontpas gardé la justice dans la valeur & dans le prix,ou s’ils ont vendu pardelîus le haut prix, & autant qu’ils ont pû, ilslont obligez à restituer ce qu’ils ont pris pardelfus le prix raisonnable.
S. Thons, jtíprà, art. i. m corp.
XXXIV. S’ils ont vendu des choses vieilles, ou en partie bonnes,Sc mauvaises pour des bonnes, outre le péché qu’ils y font, ils doiventrestituer ce qu’ils ont reçu de trop». S. Thom.Juprà, art. z. m corp. lib.S. fi'. tìt.zó. de Socìetate juprà.
XXXV. S’ils ont pris quelque chose en secret de leurs Associez,fans raison, ou lous des prétextés faux & ihjustcs, soit parce qu’ilstravaillent plus, ou qu’ils font plus habiles; car il faut s’entenir auxconditions du contrat de Société, & on est obligé de restituer ce qu’ona pris au delà.
XXXVI. S’ils ont eu envie contre les autres Marchands, & ont dé-crié leurs Marchandises pour détourner les acheteurs daller chez eux.
& Thom. i. z. q. 3á. art. ì.in corp.
XXXVII. S’ils ont acheté des choses dérobées, étant obligez de lesrendre > C. de surfis A jervo corrupto , lib. 14.
XXXVIII. S’ils se sont servis de la nécessité extrême des Arti-sans pour les obliger de bailler leur travail, ou leurs Marchandisespour un prix au dessous de ce qui leur apartenoit légitimement. Jjmtt.19. Eccl. 7.
XXXIX. S’ils font habituez à mentir, & à se parjurer pour met-tre les Marchandises qu’ils vendent à un trop haut prix, pensant pro-fiter par le mensonge, au lieu qu’ils en tlreroicnt plus de profit &plus de salaire en demeurant dans la vérité. Si un Marchand parloitde la forte, j'ai tant acheté cette marchandise, je la veux vendre tant ,prenez la fi elle vous agrée, lout le monde, dit S. Aag. cturroit a lui .Le mensonge ne petit être qu’une voie mensongère, & la tromperiequ’une voie trompeuse, comme la feule vérité nous delivre, lclonle langage de l’Ecriture; c'cst aussi elle seule qui peut faire gagner auMarchand de quoi vivre, S. Augufi. in Tf 7 o. S. Thom. 1 .2. q. 100.art. 3. ad 4.
XL. S’ils font dans une fíncere disposition de ne plus se mêler deleur trafic, & de leur commerce, en cas qu’ils soient convaincusde ne le pouvoir faire lans tomber continuellement dans le péchémortel, & s’ils ont dans le coeur une véritable préparation à sesoumettre à ce qu’en ordonnera leur Confesseur; c’cst 1 c sentimentdes Saints Pérès; & les Canons ordonnent, comme dit très-bien legrand saint Charles, que k Chrétien abandonne tous les emplois,quels qu’ils soient, s’ils lui font dangereux, au moins qu’il 11c lesexerce qu’avec la permission & lavis d’un Prêtre sage, vertueux &intelligent, qui lui doit refuser Pabsoludon, ajoûte ce saint Arche-vêque, s’il juge probablement qu’il retombera dans k même péchédemaurant dans le même emploi, & attendre durant quelque c (pacede teins les preuves d’un véritable amendement. C. Lateran. fstb.Innoc. II. can. z. z. C. Roman. III. sub Greg. I. S. Greg. hom. 14. inRvangel.
[BANQUET en terme de Manège, est la petite partie de labranche de la bride qui estau délions de l’œil, qui assemble les extré-mitez de l’embouchure avec la branche, & qui est cachée fous k cha-peron en fonceau.
[BANSE. Grande manne carrée, longue & profonde, faite demenus morceaux de bois entrelastez, ordinairement de Châtaignier,qui sert à transporter plusieurs sortes de marchandises particulièrement«es Chaudrons & autres ouvrages de chaudronnerie.]
BAN L. C’cst ainsi qu’on appelle les lits des Chiens.
B A P.
[BAPTEME. Cérémonie qui se fait dans les Volages de longcours sor les vaiíîcaux Marchands, à ceux qui palsent pour la pre-mière fois k Tropique ou la Ligne, & aux vaiíkaux mêmes quisie les ont point encor e paísez.
Le Baptême de vaitlèaux est simple, & se fait en le lavant par-tout d’eau de mer. Pour celui des Paíiagers il íè fait avec plus dc cé-rémonie & de mystère, mais l'un & l’autre ne s’acheve point, lins don-ner pour boire a l’équipage, les matelots, à l’égard du Baptême duVaiflèau, le croïant cn droit d’en couper l’éperon si k Capitaine oule maître fie 1e rachètent dc plusieurs bouteilles d’eau de vie, & dcquelque argent. Ce présent du maître ne passe point pour avarie, & lesfréteurs n’cn sent point tenus, mais 1 e Propriétaire du vaisseau.
Pour ce qui est du Baptême des personnes, voici comme il se fait.Le plus ancien des matelots qui ont déja paílé la Ligne ou k Tropi-que, bizarrement équipé, k viíage noirci, en tête un bonnet grotes-que, un Routier, ou autre livre de Marine en main, & suivi de plu-sieurs autres Matelots masquez comme lui, & chacun quelque men-die de cuisine pour armes, vient tambour battant se placer gravementlur un siège préparé pour lui fur le tillac au pied du grand mât.
C’est entre les mains de ce plaiiànt Magistrat, que chaque Passager,non encore initié a ce mystère, va jurer de faire observer la mêmecérémonie, lorfqu’il le trouvera dans k cas. Si k Paíïagcr donnecomptant quelque gratification, ou la promet, il en est quitte pourson présent, & quelques goûtes d’eau: les autres au contraire, ainsique le commun des Matelots, font innondez dc seaux d’eau qu’ontient prête dans des bayes ou bacquets. Pour les Mousses, on les metsous un panier où ils (ont mouillez à discrétion: Sc de plus cn mé-moire dune íì lare cérémoìe, ils sont obligez de se fouetter ks unsles autres, à quoi ils ne s’épargnent pas.
Usagent nys au bassin, ou fe partage entre les Matelots de lequj,-
B A Q. BAR.
page, ou se réservé pour leur acheter des rafraìchissemens a u] premierlieu commode ou l’on aborde. ]
B A Q^
BAQUET. C’est un vaisseau de bois rond, quarté, ou oblongsdans lequel k Jardiner feme quelques graines particulières. Les pluscommuns sontronds, & font proprement la moitié d’un muid, oud’uiidemi muid scié en deux, ou bien on en fait faire exprès par 1 e Tonne-lier pour être à peu près de la même figure, & pour ctt effet il em-ploie des douves, des Cerceaux & de l’Olier.
B A QU ETE R. C’est fe servir aune pèle de bois, ou d’une éco-pe pour óter & jetter Peau survenue dans quelque endroit du Jardinou elle nuitée incommode,
[BAQUIER, Coton de crcs-médiocre qualité, dont il sc faitquelque négoce a Smirne. II ne s’y en debite année commune quequatre ou cinq quinteaux qui fe vendent depuis huit juíqu’â dix pia-stres k quintal. J
[BAR. Instrument dont on fe sert pour transporter des fardeaux.C’est une efpece decivierrc renforcée. Le Bal est compoié de deux lon-gues & fortes pièces de bois équaries, à la réservé de deux extrémitésde chaque pièce, qui sont arrondies pour ks mieux empoigner, Scqui ont des mantonnets par dosions pour arrêter ks Bretelles de B ar-deurs. Quatre , quelquefois fìx traverses, moins fortes que ks deuxpièces, & feulement longues de deux pieds au plus, y lont emmot-toikz &lcs unifient ensemble. Cet instrument sc porte a deux, à qua-tre, ou a fìx, suivant k poids des choses qu’on veut transpercer. Lesdeux Manœuvres qui lont entre ks branches, ont des bretelles;ks quatre autres, si l’on porte à six, n’en ont point, mais soutien-nent le Bar des deux mains; 5 c s’appuiant deux a chaque côté de ceuxqui font dans ks branches, marchent en les areboutant épaules con-tre épaules. Souvent quand 1 e poids est extraordinaire deux Arbalé-triers soutiennent encore 1 e Bar pat le milieu cn mettant des pinces dcfer en travers. On iè sert du B.,r dans ks atteliers de macçonnericpour porter ks pierres de tailles, & autres matériaux pour le krvicedes maçons.
borique ce font des pierres taillées, fur tout s’il y a de l’Architcctu*re, on met une natte, ou des rouleaux dc paille fur k Bar, de crainteque ks arrêtes ne s’écornent. Ces nattes fe nomment des Torches j& l’on dit, qu’un Bar est armé de ses torches, lorsque ks nattes fontplacées dessus. ]
[BARATTE, vaisseau fait dc douves, plus étroit en haut quepar bas, qui sert à battre k beurre, ou plutôt la crème dont il fcfait.
Au dessus de l’ouvcrture de Baratte, est une Sebille trouée, qui leursert comme de couvercle, par k trou de laquelle paiìè lc bâton, oumanche du bat - beurre.
On appelle Bat-beurre un cylindre de bois, peu épais, troué de plu-sieurs trous 6c emmanché de champ, c’cst-à-dirc, de plat, auboutd’uubâton. Les trous du cylindre sont faits pour donner passage au lait dcbeurre, à mesure que k beurre savante.]
B A R.
BARBARIE, ou BASTION DE FRANCE. Commerce qdse fait par les François' fur les Cotes de Barbarie, au Bastion de France ,a la Catie , au Cap de Rose, k Bonne, & au Colle ; des jortes de Marchan-dijes qu ils tirent de tous ces lieux , des mejures , des monnaies , & de ìapèche du Corail.
Le Bastion de France est [une petite Forteresse] située en Barbarie,fur ks côtes de la Mer Méditerranée, [à l'extrémité du Roiauine d’Al-ger, du côté où il a lés frontières communes avec celle du Roiaumcde Tunis] dans ks Terres de laMafouk, où commandent ks Fils doCid,trac ; il y a encore la Calle Sc le Cap de Rose, où il y a des Capi-taines Sc des Ecrivains qui dépendent du Commandant du Bastion, Scduquel ils reçoivent ks ordres. II y a pour l’ordinaire quarantecinqou cinquante Soldats, tant au Bastion, qu'aux autres Places, & au-tant d’autres hommes que l’on appelle Fregat aires, ou Porteurs de sacs,qui servent pour chaigerles Barques qui vont quérir les Blés Sc aunesMarchandises: on donne à ces lottes de gens trois écus par mois pourleurs gages, outre leur nourriture.
[Les François, à qui apartient cc Fort, & de qui i! a pris son nom,en font en possession depuis la fin de l’Empire de Soliman II. de quiils en obtinrent la concession vers l’an 1561. après en avoir traité au-paravant avec k Divan d’Alger, & ks petits Princes ou CommandansMores du Pais.
Les dîmes, ou tributs qu’il faut leur palet, montent à près dequarante mille livres: savoir, vingt-trois mille à Alger, neuf millepour PEchelIe de Bonne, cinq mille aux Mores du Pais, Sc deuxmille cinq cens au Gouverneur de Constantine, de qui Bonne de-pend.
Dans le Traité fait par les François avec le Divan d’Alger, il leurest permis d’envoïer tous les ans deux barques chargées de marchan-dises de Fiance, fans païcr aucun droit.
II y a aussi un Article qui porte, qu’en cas de rupture avec la France *la Colonie continuera de jouir de la Paix avec ks Algériens. ]
II y a une Compagnie formée pour faire le Commerce dans tous leslieux ci-deísos nommez, comme aussi à Bonne & au Cok, & autreslieux qui font de la concession que Sa Majesté leur a accordée, avecquelques privilèges. C’est cette Compagnie qui paie Sc entretientks garnisons qui font au Bastion, à la'Calle, & au Cap dc Rose;il a fallu qu’elle ait fait dc très-grandes dépenses pour son établi ílc-ment dans kfdites Places, soit cn preftns, soit en bâtimetis auxPrinces, Gouverneurs & Commandans du Pais, pour donner 1 *passage libre aux Navires Maures qui aportent au Bastion , Sc auxautres lieux dont nous avons parlé, ks Blés, Cuirs Sc autres