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B A U.

Baume souverain dont les propriété*, font ci-apris expliquées.

Drogues.

Prcrez des lofes rouges une poignée, feuilles de pimprenelie,de fange, de mille-íeuilles, de baume ou menthe, de marjolaine,de iailette . d'hysopc , de pêcher, une poignée de chacun, vinexcellent une chopine . huile d’olive chopine , sel commun ujrepoignée.

Préparation. Mettez le tout, à la réíervc du sel > dans un pot dc ter-re d'une grandeur convenable ; faites-le bouillir jusqu à ce que le vinsoit tout-a-fait consumé, & qu’il ne pareille plus que l’huile dans lacuillère, le tout à petit feu, de peur que les herbes ne se brûlent aufond, & remuant bien souvent; goûtez p le sel sur la fin de la dé-coction; après quelques bouillons, palîèz le tout dans un torchon,dont la toile ne soit pas fort épaiile , pietlez les herbes pour enfaire iòrcir le jus.

Propriétéz. Ce baume est bon contre la gangrène , la brûlure,la íoibleiíe de nerfs, le mal de tête , 1 indigestion, la colique, la pa-ralysie, &c.

II en faut frotter la partie juíqu’à ce que le baume soit tout-à-faitimbibé dans la chair, chaulant de tems en tems les doigts pour le fai-re mieux pénétrer ; après il la faut envcloper avec un linge bienchaud , duquel il faut toujours se servir sans changer , car il ferameilleur qu’un blanc. Il faut frotter la partie malade trois ou quatrefois par jour.

Noie* que si vous voulez faire une plus grande quantité de c<baume, il faut multiplier à proportion ces herbes , l’huiie, levin Sí le sel.

Baume excellent pour toutes sortes de plaies , contusions , ulcérés, gouttesQo autres douleurs.

Prenez des feuilles de laurier , des feuilles d’aluine , des feuillesfle souci, deux poignées de chacun; de petite fiuige , quatre poi-gnées; du romarin avec la fleur, quatre poignées; des grains dc ge-nièvre noirs & meurs, quatre poignées ; âuile d’olive, quatre li-vres & demie, de vin blanc une chopine > de cire neuve une livre,d’huile d’afpic trois onces.

Pour préparer ce baume , pilez grossièrement les herbes & lesgrains, mêlez-les ensemble; mettez le tout dans un pot de terre neuf,vertez-y dessins l'huilc d'olivc & le vin , lailléz-les tremper deuxou trois jours, remuant ces matières avec une cueillere ouefpatule debois une ou deux fois le jour; après íates bouillir le tout à un petitfeu de charbon dans une bassine ou chauderon, en remuant souvent,jusqu a ce que le vin soit consumé, & que les herbes commencent àsentir le brillé. Coulez le tout à travers une toile grossière, en pres-sant fortement, remettez la liqueur dans un bassin > remettez ce bas-sin sur le feu , & ajoûtez-y la cire neuve coupée à petits morceaux ;îa cire étant fondue, ajoûtez-y l’huilc d’afpic, remuez bien le toutensemble sans les faire bouillir davantage; garcez ce baume dans unpot de terre.

Quand vous en aurez besoin, vous en ferez fondre fur une assictepour en verser dans les ulcérés & dans les plaies, ou pour en oindrel'endroit des douleurs & des contusions.

Baume artificiel pour plusieurs maladies. Prenez des racines d’a-ristoloche ronde, des racines d’iris & de pivoine, de chacune deuxonces > des feuilles d’armoife , de matricaire , d’orígan , de cala-ment, de pulegium, d’absinthe , de ruë , dc marjolaine , de men-the , de sabine > de stocchas , de lavande , d’hypericum , d’anet ,de laurier , de mclilot > de camomille, de fanssiuc, de chacuneune poignet, bayes de laurier & de genitvre, de chacun une once;semence d’agnùs castus hx onces , de coloquinte une once, de ca-nele, de gingembre, de gérofle, de muícadc, d’aloës > de chacunetrois onces, d euphorbe une once, de storax liquide deux onces, de lamyrrhe, d’opoponax, de bdellium, de sagapenum, de chacun deuxonces.

Il faut faire bouillir le tout dans une suffisante quantité d’huiled’olive > avec un renard écorché Sc éventré , le faire bouillir julqu’àee que la chair soit fondue, & puis vous y ajoûterez sor le milieutoutes lefdites drogues. Cela étant tout bien cuit, il le faut couler& pressier.

Ce baume est bon pour la migraine & les vertiges, en l’apliquancchaudement au front & au deíìús des oreilles ; il faut mettre dulinue chaud dessus. Pour toute fluxion tombant fur la poitrine, ilfaut frotter chaudement cette partie. Pour les douleurs de ventre,colique , ventoíitez , gravclle, suffocation de matrice, il faut Impli-quer chaudement fur la partie malade. Pour les vers des enfans, ilfaut l’apliquer chaudement fur le nombril. Pour les rétractions oufoibleílcs de nerfs & l’apoplexie, il faut impliquer chaudement aprèsde fortes frictions.

Remarquez qu’il faut ajoûter à ce baume une livre d’huile d’olivefur la fin. St quatre onces de cire jaune avtc de la térébenthine.

Baume contre les blessures. Prenez racine de chardon béni & devalériane, demi once de chacune, souilles d’hypericum deux onces;concalléz bien le tout, & le faires infuser pendant deux jours dans levin blanc, puis il y faut ajoûter trois onces de vieille huile d'olivc,crains entiers de beau froment une once Sc demie, cuire le tout > tantque le vin soit consumé, Sc d’abord après le palier & exprimer parun linge, & ajoûter a Pexprcssion neuf onces de térébenthine, deuxonces d’oncens ramié, puis le faire bouillir un bouillon ou deux, &carder dans une fiole qui soit bien bouchée. Pour s'en servir il fautîaver la blessure avec du vin blanc froid, puis l’cngraillcr dedans &dehors dudit baume bien chaud , ffléme en ièringutr dedans, & re-joindre les deux extrémicez de la plaie, puis meure çseilus un lingeTmt I,

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imbu du même baume bien chaud, & par dessus un autre linge trem-pé en gios vin rouge & froid, puis les compresses & ligatures lèches& il guérit les plaies simples des coups d’épéc & de couteau en vingt-quatre heures, de façon que la cicatrice de la plaie ne paroit aucu-nement. »

Baume d'Arc eus tres-utile pour la guérison des plaies.

Prenez graillé de mouton deux onces, graisse de porc une once ,gomme élemi & térébenthine claire une once & demie de chacun.Le mélange en est tïès-facile, il les faut faire fondre successivementl’un avec faune, jufqu’à la coníìstcnee d’un Uniment. ; oa s’cn fatfur les plaies comme d’un digestif.

Baume excellent pour les plaies.

Prenez d’huilc d’hypericum demi livre , de térébenthine de Veni-se demi livre, de gomme élemi quatie onces, d’iris de Florence,d’aloës, deux onces de chacun, dc mastic, de storax, de myrrhe, desang de dragon, d’eau-de-vie, deux onces de chacun.

Pour le préparer, faites fondre la gomme avec l’huile & la téré-benthine, détrempé cependant le sang dc dragon & le reste avec dcl’eau-dc-vie; après mêlez tout cela ensemble, & faires-le cuire à feulent, ou bien pendant les grandes chaleurs de l’été expoíèa-les aux. aions du Soleil pendant un mois.

Baume excellent pour les ulcérés des gencives.

Prenez de myrrhe choisie & de sucre candi, de chacun parties éga-les, pi Iverilez-les & en rcmplillez le blanc d’un œuf cuit à dur, &coupé par le milieu, liez Je d’un filet, & le suspendez dans une ca-ve, mettant dessous un vaitlèau de verre, il en distillera une liqueurou baume, dont on oindra souvent le jour la partie ulcérée.

Ooiervcz qu’il faut faire précéder les remèdes généraux.

Baume naturel fait d’eau d Ormeau en faveur des pauvres.

La safon de cueillir Qr composer ce Baume.

Primo. Dans la feve de Juin, fendez l’écorcc de la racine de l'Ormcau,ou coupez la pointe de lés branches, plicz-les & met ez-y des réci-piens ; ou bien cueillez des vessies pleines d'eau, qu’on trouve furces arbres, dans ledit tems de la lève de Juin ; mettez cette eau dansdes fioles de ver e double ; Iailîéz-les exposées au Soleil jusqu a la finde la canicule. Mettez un lit de sel au-dessous des fioles pour mieuxclarifier cette eau, passez-là par un linge délié cinq ou six fois , decinq jours en cinq jours, à commencer du jour que vous saurez ra-massée, Sc vous en servez au besoin : Elle brûle un peu en rappli-quant, comme l’cau-de-vie ; mais la douleur passe incontinent : ellepénétre aussi tous les bandages & ligatures ; ensorte qu’on en peutmettre des linges mouillez lur les bandages des membres rompus, fansles défaire, & cela dissipera la fluxion quand elle s’y íèroit jettée, lefaisant deux fois le jour. Quand on aplique le linge mouillé fur lapeau, s’il tient, pour la lever lans rien écorcher, il faudra apliquerdelliis un autre linge mouillé dans du vin blanc ou eau-de-vie chau-de. Ce catapláme est aussi excellent apliqué fur les membres fossiles,ou attaquez de Paralysie, de Rhumatisme, &c.

Secundo. Si cette eau d’Ormeau venoit à vous manquer, prenezla seconde peau de la racine de l’arbre, dc la grolléur de deux poings,concalléz le tout , mettez dessus trois chopines de gros vin rougemesure de Paris ; faites bouillir le tout à périr feu, jufqu’à la dimi-nution des deux tiers; apliquez le chaudement, il fera presque le mê-me effet que l’eau d’Ormeau. L’expéiience fait voir des miraclesaussi-bien que seau. La pinte de Paris peso z 2 onces.

Baume du Samaritain , ou de tEvangile.

Prenez de l’huile commune & de bon vin parties égales , faitescuite tout ensemble à petit feu dans un pot de terre verni , jufqu’àla consomption du vin ; ainsi vous aurez un baume fait, que vousgarderez pour ses usages.

On donne à ce remède le nom dc Baume du Samaritain ou de l'E-vangile ; parce que le charitable Samaritain de l’Evangile, aiant trou-vé un misérable couvert dc plaies & moribond , ne lé servit pasd’autre remède pour fa guérison. On peut préparer ce baume entout tems , avec parties égales de bon vin & d'huile d’olive , cuitsensemble à petit feu dans un pot de terre verni, jusqu’à sentiersconsomption du vin.

Ce baume , quoique fort simple, n’ést pas à mépriser; car on peuts’cn servir utilement pour mondifier Sc consolider les plaies simples ,Sc fur-touc les nouvelles.

Baume de Pommes de Merveille.

Prenez des fleurs, des feuilles & des fruits dc Pommes de Mer-veille, de chacun quatre onces; des racines de grande confonde, delangue de serpent, d’aristoloche ronde, & de grande valériane , dechacun deux onces; de glu trouvé dans les follicules d’Ormc , duíuc d’éçrcviílè de rivière, des feuilles de pervenche & de làmclc,des somnitez fleuries de millepertuis & de caille-lait jaune, de cha-cun une once & demie, & quatre livres d’huilc d’olive : aiant pilétout ce qui se doit piler, & le tout mis dans un vailkau de verre, soucouvercle par delfus, vous lkxposerez aux ratons duSo eild’Etépen-dant douze jours , puis vous en ferez la décoction au bain-maricbouillant, jusqu’a la consomption de i’humidité ; ensuite vous ferezla colature Sc. fexpreflion , Sc aiant bien clarifié l’hujle, vous mêle-

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