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B E T.

II. Les Raves se sement dans les terres legeres, les Naveaiíx dansles pesantes 8c humides, Sc ainsi on peut en avoir partout de l’unousic l’autre ; si on en a quantité des vingt Sc trente charretées ou plus,& si on a peu de logement pour les mettre à couvert des pluies pen-dant l’Hiver . qui les seroient pourrir, je dirai ci-après la façonde faire une loge fans frais pour les conserver durant tout ceterns.

III. Cíes Raves Sc Naveaux se peuvent semer après les Orges primes,& amíì on peut faire porter à la terre deux récoltés en unan ; on !e laitpar expérience, je le fais chez moi; pour cela il faut bien labourer la ter-re, & la rendre bien legere Sc menue ; après l'Orge elle eít fort dure,cela lè fait facilement avec un rateau que j'ai inventé, dont je parle-rai ci-après.

Voici un autre moien pour nourrir les Brebis pendant l’Hiver, 8cleur faire avoir abondance de lait ; cette nourriture croie dans les ter-res les plus maigres: Dans les landes Sc terres stériles, il vient fans k-mer un certain jonc marin qu’on appelle en certaines Provinces de laLande. Cette herbe porte une certaine fleur jaune Sc commence afleurir dès l’entrée de PHiver; on prend les pointes les plus tendres,on les pile Sc on en donne à chaque Brebis mere, ou portière unechapelée ; cela est bon aussi à toute forte d’autres Animaux, Che-vaux, Poulains, Bœufs, Vaches, Scc. Je parlerai ci-après d’unepetite machine pour en piler quantité Sc cn peu de tems, Sc fansirais.

Ce Tonc marin fera bien meilleur, plus délicat 8c plus nourriflànt, Scvaudra du Sain-Foin, si on le íème en bonne terre labourée, il durerahuit ou dix ans ; un arpent de terre semée de cette graine, vaudra deuxarpens de prez.

Pour avoir de la graine, il faut la faire ramasser par des enfans dansks landes quand elle est mûre, il n en faut que trois pintes pour se-jner un arpent, elle est fort menue; pour la semer également, ilfaudra la semer comme les Raves & Nayeaux > comme jedirai ci après; cettte graine fe semé au commencement du Prin-tems.

Mais pour avoir des Agneaux beaux par excellence , 8c à peu defrais, Sc par ce moien avoir une belle race de Brebis Sc de Moutons >doirt le profk sera plus grand que celui des petits, voici ce qu’on aexpérimenté, il n’y a rien de nourriflànt comme ks Pois, il tàutenfaire cuite de forte qu’ils ne soient pas réduits en pâte, les mettre dansdu lait de Vache ou de Chevre, donner a ces Agneaux de ce lait Scde ces Pois, tant qu’ils en voudront boue Sc manger : ils profiteront,Sc sc vendront au double. Une année on fit lexperience> on endonna à une partie des Agneaux, on lùpputa la dépense, cela ne re-venoít qu’à environ cinq sols par tète, Sc ils sc vendoient quarante àcinquante de plus ; si on n’a pas de Pois, les Fcves seront bon-nes.

Pour les accoutumer à manger de ces Pois Sc à boire de ce lait, ondoit faire comme aux petits Chiens, Sc leur en mettre dans la bouche, Scavec le doigt les accoutumer à boire.

Si on eít dans un Pais où il y ait peu de paille pour faire litière auxBrebis, il faut leur en faste de Genêt, ou Bruiere s’il y cn a ; s’il n’y a riende cela, il faut paver leurs étables, de sorte qu'fl y ait bien de la pantepour écouler les urines.

Pour guérit leurs maladies, comme il vaut mieux empêcher le mal,que de le guérir, commençons paria; il n’y a rien de fi bon que deleur mettre du Sel dâns un lac pendu dans leurs étables; en entrant ellesne manqueront pas, toutes les unes après les autres, d’aller lécher ce íàc,(marque que cela leur est bon) caries Animaux on un certain mstinct,qui les porte à tout ce qui leur est bon, Sc les éloigne de ce qui leur estcontraire. témoin le Chien , qui prend certaines herbes qui ìe purgent,la Cigogne Sc plusieurs autres.

On ne doit pas dite que le Sel est cher : au Pais où il l’est davantage, il-n’en faudra pas sept ou huit livres par an, c'est peu de chose pour conser-ver votre cropeau Si empêcher la mortalité.

Quand les Brebis sont malades, il faut les scparer sor l’heure , toutle monde le fait : mais voici un remede qui est excellent, qui ne st enpratique que depuis peu, il est bon pour les Brebis, Sc pour toute sor-te d’autres Animaux , Chevres , Chiens, Vaches , Chevaux , Scc.on l’a expérimenté; c’est du Vin émetique. Qu’on ne crie pas aularron, que cela tuë bêtes Sc gens, l’exper.cnce eít plus forte que tou-tes les raisons : qui ama peur, salle i’experience iur une ou deux pourcommencer.

Voici comment cette Medecine se compose à peu de frais, prenezune livre d'Antimoine Sc une livre de Salpêtre, faites pulvériser letout ensemble, mettez-y le feu dans un pot de fer ou autre vuiilëaude métal j après qu il aura achevé de bouillir, jettez-y de Peau ou duVin ; lavez bien le tout, il restera une certaine matière comme unverre épais Sc obscur, qu'on appelle Foie d’Antùnoine. Si on nevent point sc donner cette peine, on cn trouve a acheter dans toutesJes grandes villes , chez les Droguistes Sc Epiciers ; prenez une oncede ce Foie d’Antimoine, envelopé le dans un linge, mettez-ie tremperdans une pinte de Vin, Sc à proportion, le blanc est le meilleur, il fauty mettre huit dragmes de Séné, Sc à proportion : fi vous voulez, vousy pouvez mettre du Sucre, Noix de Muscade, Sc autres Epiciries chau-des. Les maladies des Animaux qui paillent, viennent de froid Sc d'hu-midité; quand vous n’y mettriez point d’épicerie, 1e remede sera allezbon fans cela, on l'a éprouvé en toute façon; vous laillercz tremper ladrogue vingt-quatte heures, ou bien la ferez bouillir pendant trois ouquatre Miserere.

Donnez une demi chopine de ce Vin, qu’on appelle à Paris derni-feptier, a chaque Brebis, pareille dose aux petits Animaux; pourlesgrands, Vaches, Chevaux, Scc. il faut une pinte.

Pour la nourriture Sc conduite du Bclier, donnez-lui souvent duPain, de l’Avoine, ou de la graine de Chanvre, qui est la meilleure,car elle est la plus chaude; les Animaux qui en viendront, ferontplus forts 6c plus vigoureux, plus grands & de plus belle race, v@tre

Tm, I.

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Belter cn outre servira plus grand nombre de Brebis, & elles retiendronttoutes..

Venons à ces Vaches qui donnent deux ou trois fois plus debeurre Sc de lait que les nôtres, pour les raisons ci-devant dites, Scqui sont confirmées par expérience : voici le moien de les élever,conduire Sc nourrir avec aussi peu de frais que les communes, prin-cipalement pendant l’Hiver, Sc de leur faire avoir abondance delait.

On peut sevrer leurs Veaux dès le jour qu’ils sont nez, Sc ks nourrir delait ribotté; ils en ulëntainli dans les marais, a cauledu profit du lait Scdu beurre. Si l’on prend mon avis, je conseille de faire cela quand on fe-ra proche d’unc grande Ville, ou les denrées sont bien vendues ; maisquand on cn eít éloigné, je conseille de laisser tettet les Veaux pont lesraisons que je dirai ci-après ; quoi qu'on les lailse tetter, il restera beau-coup de lait à la mere, que l’on pourra tirer plus qu’à la meilleur Va-che commune.

II y a eu dans ces marais de Marans, une Vache bâtarde, d’unTaureau Flandrin , Sc d’une Vache commune , qui avoir eu deuxVeaux en une ventrée , qui tettoient ii y avoir quatre mois, grandsSc gras extraordinairement, Sc néanmcûns il restoit du lait à la mère»Sc quantité ; je la fis tirer devant moi. Pour avoir donc. Sc mainte-nir la grandeur Sc la beauté de la race, il vaudroit mieux faire commeon taie en Poitou, laisser les Veaux tetter long-tems, par ce moienon aura de grandes Vaches Sc des Boeufs extraordinairement grands,forts Sc vigoreux ; deux traînent Sc labourent plus de terre que qua-rte.

Dafts ce Poitou j’ai vù dans une même Métairie , de grandsBœufs 8c de petits, qui étoient de même pere Si de même mere ; lesgrands avoient tetté long-tems > Sc ks petits n’avoient guéres tetté.Chez les Chartreux d’Aurats en Bretagne, j’ai été voir exprès une ra-ce de Vaches fort grandes Sc fort belles, donc les meres étoient pe-tites. Ces bons Religieux me dirent que cela s’étoit fait pour les a*voir laiflè terrer long-tems ; tout depend de la, Scie piofit est au double»Un Gentilhomme du Poitou lailse ks liens tetter un an; quand onest éloigné des Villes, & que le lait ne se vend point, on le doit fai-re , du moins nourrir de la forte un petit nombre, pour avoir unebelle race.

Si on est proche des Villes, Sc que le lait se vende cher: Voici com-ment il faudroit faire: lassiez le Veau Flandrin tetter fa mere unmois ou deux, Sc tirez ce qui lui restera, elle en donnera encoreplus que la meilleure Vache du Pais, ou bien faites a son Veau tetter uneVache commune; Sc pour le faire encore avec plus de profit, mettez 1cVeau à la nourrice, à la campagne éloignée des Villes ou le laïc ne se vendpoint.

Pour les conduire l’Eté avec aussi peu de pâturage que les communes,il saur lavoir que l’herbage quand il est trop vieux, Si trop mûr, est du-re , que le bétail n’en mange pas volontiers, Sc qu’il n’est pas succulent sComme la viande trop cuite n’a plus de suc ; d’un autre côté fi l’herbagen’est pas allez mûr, qu’fl soit trop tendre, il n’a plus aussi alsez de corpsSc de suc, il ne fan que palier, Sc le bé.ail cn mange deux ou trois foisplus que de celui qui est en maturité, Óc ne profite pas ; je le lài par ex-périence.

Ouirecela le bétail aime le changement Je pâturage, comme l’hom-mc le changement cíe viande ; dans ces grandes pâtures,la moitié de l’her-be se perd, ils vonta la plus tendre, Sc lailsent la plus dure, quiseche,Sc sc perd en la foulaat aux pieds ; dans les endroits délicats, ils la paru-rent fi près de terre, Scia tiennent fl sujette, qu’elle profite peu, tendrecomme elle est.

Un particulier donc pour bien ménager ses pâturages, s’il le peur,Sc que le lieu k permette, qu’il les lepare a proportion du nommedu bétail qu’il a, qu’il n’y en ait que pour trois ou quarte jours, jele fal par expérience > l’herbe repouile plus vite, Sc plus tort > quelors qu’elle est toûjoûrs pâturée Sc foulée aux pieds, 8c puis vous la lais-sez meurir, tant, Sc fi peu que vous voulez, tout se mange a la foi,, àcause de la petite étendue du heu. Sc le Détail la trouve meilleure á causedu changement; deux arpens terre aussi séparez, en vaudront trois enune commune.

Voici le moien de faire les séparations à peu de frais; si c’est dansune terre qui sc puiise charmer, cela se fera quasi pour rien, dansle lieu où vous aurez deflein de taire votre tollé ou levée, au pied faitescharruer la terre; cette chariuë en remuera plus en un jour, que ne se-rment cinquante hommes; pour rel. ver cctre terre, qu’il y a r deshommes aptes la charmé, le nombre qu’il faudra avec des pelles de bois,larges Sc ferrées par le bouc, comme celles dont on messire le Sel, on enleve plus avec une de ces pelles, qu’avec trois ou quatre pelles dc Jardi-nier; que l’on plante des levées iùivant la nature du Pais, quand censferoit que du bois a feu, cela produira trois fois plus de profit, que lalevée n’aura coûté; Sc vous doublerez presque lc revenu de vos pâtura-ges.

Si vos pâturages sont humides, qu'on n’y pssislè charmer, faitesvos séparations Ue bayes de Saules, ou d’autrc bois blanc; la premiersannée défendcz-la du bétail, la seconde cmploiez-la , Sc l’tntre-laflèzdés le pied, pour empêcher que le bétail ne s’y aille frotter, éc ne la tai-se mourir ; plantez des solives dans vos pâtures, cinq ou lix, par exem-ple, ils s’iront frotter contre, parce que c’est une elpece d’étrille quiles gratte plus fore qu'une Saule fraîche plantée, qui n’a point de rési-stance. Outre cela pendant les chaleurs de i’Eté, s’il est possible, mettezle Bétail à sombre, ses Vaches auront du lait au double, d’eux-mêmeslis quittent la pâture pour y aller > marque que cela vaut mieux que nour-riture; nature est làge.l’instmct ne manque pas; les hayes de Saules Scbois blancs en les laiflant monter on fera de sombre ; si vous n’avez pascette commodité, faites leur des appentis dans les pâturages, ou lesamenez a letable.

Pour la nourriture d'Hivcr, qui est ce qui fait peur, en voicide trois fortes, Sc à bon marché; choiíiilèz celle qui sera la pluscommode suivant votre climat, nous en avons deja parlé (des Ra-

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