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ioS B L E*.

de l’épaìsseur cî’un doigt & demi : celui qui L apporté dû Blé ceMetz a alìûré qnïl s’écoitptomené for ktaslànsquc la croûte eût obéi.

Monsieur l’Abbé de Louvois en paíiant a Sedan, vit un M gaíìnqui étoit placé dans un soute tain taillé dans le roc Sc allez humide : ily avoit dedans un tas de Blé trés-considérable, qui y étoit depuis cent& dix ans ; ce tas étoit revêtu d’une íortc croûte dure, & de l’épaif-seur d’un pied, forma: de la germination des grains extérieurs de lasuperficie. Sous cette croûte le trouva un Blé d’un grain ctsezgros, beau & ban , & l’on en fit du pain qni te trouva excellent.Cette croûte étoit suffisante pour empêcher l’humideté de pénétrer ktas, & le défendoit des approches de 1 air, qui est 1e destructeur de•toutes choses.

A Chalons fur Saône H y a des greniers publics dans lesquels-on conserve des grains trente ou quarante ans. Voici dc quellemanicre ils s’y prennent; ils choisissent k Blé le plus beau. Sc dumeilleur crû qu’il est possible , & après savoir travaillé , ils enfont un tas aussi gros que k plancher k peut porter; ris mettentensuite de la -chaux vive en poudre très-fine > ils cn saupoudrenttout k tas également, jusqn’à ce qu’il y en ait -envjron trois pouces dchaut, puis avcc des arroltmcns on humecte cette chaux, laquelle fai-sant une forte lied Ion avcc k Blé formé une croûte; les grains de lasuperficie germent, & poulknt une tige d’envkon un pied & demi dehaut, a laquelle on ne touche point ; l’Hiver vient & e'ie périt , &on n’y touche j,oint > à moins que la nécessité ne preste les Habuans:alcrs-on ouvre cette croûte, & on trouve 1 e Blé aussi beau que s’iln’ avoit que -deux ans.

Abondance de 'Blés .

"On multiplie les Blés beaucoup plus qu’à l’orditúire par le moïende divers sels, & par la préparation qu’on en fait. Celui qui cacheson Blé sera maudit des Peuples, qui abfcondit frumenta, maledxeturm Vopulis. Prov. cap. 11. v, 2.6.

Sí quelqu’un cachoit k secret de la multiplication du Blé, il mé-riteroit toutes les exécrations donc l’Ecnture , ks Peres de l’Eghse &les Pa'iens mêmes, chargent ceux qui cachent leur Blé.

Un bon cœur doit souhaiter que sabondance soit par tout, & s’ille peut il faut qu’il la procure en tous lieux-. Qu’il est doux de fai-re du bien, même á ses ennemis ! Sur ce princij -e - je donnerai tou-tes ks découvertes qu’ont fait ks personnes ks plus intelligentes furcette multiplication ÍÌ importante. De tous ks procedez que je pro-pose, il n’y en a point qui ne íbit bon, an rapport de M. l’Abbé -deVallemont, dans Ion Livre intitulé : Les Curiofitez, de b Art & de laNature. II y en a que j’estime, & que je préfererois aux autres. Jele fais aíkz sentir quand je ks ra. porte, par k loin que je prends-deles faire valoir > & de ks justifier fur ks doutes qu’on pourrorc avoir.Je n’en ai voulu négliger aucun , purce que les personnes un peu en-tendues fur ces matières, ks compareront ks uns aux autres, choi-siront 1e procédé qui conviendra k mieux à leurs terres, & peut-êtrede plusieurs aslez paisiblement bon , on en fera un très-excellent. Cesdifférentes manières de multiplier k Blé, sont de -ces choses qui sepeuvent sems celle perfectionner de plus en plus.

Tremiere Multiplication,

On ptend un boisseau de Blé, qui peut peser environ vingt livres,on k met dans un grand vaisseau de cuivre; on verse dessus cinqseaux d’caiì; il faut fai.e bouillir cela fur 1e feu, jusqu’a ce que kBlé soit crevé, & qUc seau soit -imprégnée du Sel ellcntiel du grain 5on pasle cette eau pas: un linge > & on donne aux Volailles leBlé pont ne rien perdre. Mettez dans une grande chaudière troislivies de Salpêtre , ou de Nitre , qui est la même chose , versezdeíliis votre eau emblavée , pour me servir de ce mot -, quaueseaux d’égoúts de fumier d’une baík-cour, faires bouillir 1c tout., kSalpêtre se fondra.

Cela sait, prenez une grande cuve de bois , Sc mettez dedans laquantité de Froment, de Seigle, d’Oige , &c. que vous voulez se-ma-, versez par d-.llus voue liqueur, qui doit être tiede , & q idoit paslèr de quatre doigts au-deiks ou grain , parce qu’il se gon-flera bientôt. Couvrez bien le tout, assii que la chaleur s’y con-serve plus long-tems, & mettez les Sels en mouvement. Lailsez-làvotre Blé vlngt-quatre heures. assit qu’ct sc charge de ces Sels de fé-condité, de ce baume de vie , de ce puissant menstruel, ou dissol-vant , qui ne manquera pas dsouvrir, de dilater, & de déveíoperksgermes sens nombre, contenus dans chaque grain ; car enfin c’est lale grand mécbanisme dc la multiplicaicn.

Tirez 1 e Blé, faites k lécher un peu à sombre, & puis semez-!eavec ménage ; parce qu’st cn faut un tiers moins qu’a l’ordinaire pourcharger les terres. Il íaut y ajouter de la paille hachée, afin de pou-voir semer lans le tromper, à p!ei~e main. Ceux qui sent voisinsde la mer n’auroient qu’á y ajouter un tiers de fable de la mer ; par-la on porteroit la multiplication beaucoup plus loin.

L’eau qui reste sert au même usage; elle est bonne jûsqu’à ce quel-le soit toute cmploiée. Après tout , quand la fève monte, une pin-te de cette eau au pied de chaque jeune Arbre, est un régal qui luifait faire mer vessie, & cela ne gâterait pas ks vieux. Une Vignes’cn réjouirait beaucoup, & paîtrait aux vendanges ks fruits au cen-tuple. Les gens un peu adroits iront loin après cette ouverture. IIy in a qui n’ont pas encore achevé de lire ceci , qui fe promettentdeja d’avoir b;en des Choux pommez, d’une grolkur monstrueuse;à moins que d’avjír l’elpnt bouché, on devine bien tout ce que jepourrois di:e ;a-dctUr. Irai-jc faire ici un détail de toutes les herbespotagères, qu’on rendra parce secret plus lottes , plus belles, plusdélicieuse; & pu; selubres? Les Fleuristes ne s’endormiront pas , cesont des gens d’efprit, &quidtvinnencà demi mot, & il nc tiendra

B L L'.

qu’à eux de faire des prodiges. II y a encore plus que tout cela. Lavertu du Nitre n’elt pas bornée dans la famille des Végétaux. Envoilà assez, je dirai k reste ailleurs, & ks Personnes qui ont desMénageries, me comprennent déja alkz,

Seconde Multiplication.

Tout k secret de la multiplication consiste dans l’usage des Sels.Le Sel , dit Palisty , est la principale substance & 'vertu du fumier ,Moïen de devenir riche, page 1 o. Un champ > asoûte-t’il, pottrroit êtresemé tous les ans, st on lui restituoit par les fumiers ce qu on lui enlcvedans la récolte, & il n’y a point de doute qu’on ne puisse tirer d’unchamp tout ce que l’on voudra, pouryû que fart veuille aider á la na-ture. De sorte que si l’on trouve k moïen de communiquer à cechamp une abondante maticre propre à Ja germination & à la vé-gétation, 011 aura à proportion une ample moiílòn. Cela ne sc peuttaire fans quelque peine & lins des soins. C’est à ceux qui fontcapables-de cette occupation champêtre que je donne la multiplica-tion suivante. Ce trésor inestimable n’est que pour les vertueux &lespersonnes laborieuses.

Comme la multiplication dépend des Sels , il s’agit d’en amasserbeaucoup, & qui coûtant peu, afin d’y trouver un plus grand émo-lument. Voici 1 c procédé.

1. 11 faut aVoir a’abord trois tonneaux qui soient défoncez par un bout.On y met tout ce qu’cn peut presque rencontrer cn son chemin ; sa-voir, dis os de touti-s tortes d animaux, plumes, peaux, rogneurcsde cuirs, vieux gants, souliers, cornes, sabots de pieds de Cheval, &autres bêtes ; en un mot, toutes les choses qui abondent en Sels. Oncasse ks os, on met en pièces k reste, on distribue ces choses dansles trois tonneaux: on met dans le premier tont ce qui sc peut infu-ser promptement; c’cst-à-dire, ks choses les plus molles: dans le se-cond, on met ks matières qui sont moins molles : & dans le troi-sième, on met ks substances qui font dures, puis on ks remplit toustrois d’eau ce pluie, fi l’on en p.ut avoir. L’eau de rivicre est bon-ne, celle des marées > d’étang vont après. On laiise infuser quatrejours ce qui est dans k premier tonneau, six jours ce qui est dans lesecond, huit jours ce qui est dans 1e troisième.

Aptes ce ctms-là on íépare seau de ces matières que l’on jette.On conscrye seau soigneusement. L’ambre gris est d’une plus sup-portable odeur que les substances infuíèes ; mais l’odeur n’en est pasíì désagréable que celle de la civette occidentale , fur laquelle nosChimistes travaillent quelquefois. Après tout , je parle a des gensqui vçulcnt s’cnrichir, ■& fur ce pied-lá je les crois du sentiment dc-l'Empereur Vefpalien, qui ne fe faisoit pas une affaire de toucherlargeur qu’il tiroir de l’impòt qu’il avoit mis íur ks latrines.

. .. Zucri bonus est odor ex re

.Quakbet.

Juvénal.

U n’y a pas moïen de faire autrement ; il y a de petits dégoûtsqu’il faut nécefíàircment elluier dans l’Agriculture & dans 1 e Jardi-nage. On ne saurait réparer ks Sels que la terre perd dans ks végé-tations , fans qu’il en coûte. M. de la §juintinie , après trente annéesd’expérience , dit fore bien : lly a dans les entrailles de la terre un Selqui fait fa fertilité, & ce Sel est le trésor unique & 'véritable de cetteterre. II faut réparer ce quelle perd de ce Sel en produisant desplantes; car ce n’est proprement que son Sel qui diminue. II fautdonc amander cette terre , & la rendre au même état qu’elle étoit.Ce quelle a produit pat la voie de la végétation, peut servir à aman-cser cette terre, en y retournant par la voie de la corruption. Ainsitoutes sortes d’étoffes & de linges, la chair, la peau>ks os, ks on-gles des Chevaux, ks boues, les urines, ks ex rumens, k bois desArbres > leur fruit, leur marc, leurs feii.lks, ks cendres, la paille,toutes sortes de grains, &c. Tout cela rentrant dans ks terres y sertd’amélioration. -Cest par là, dit-rl ailleurs, que la terre devient , entermes de Philosophes, imprégnée de Sel nitre , qui est le Sel de fécondité.Traité d’Agriculture, z. part. chap. 11. p. 2x7. Qu’on ne s’éronnedonc plus de ce que nous obligeons ks gens à ramasser des chosesabsurdes. M. de la Qn intime ks recommande pareillement pouíavancer la végétation.

2. D’un autre côté il faut cueillir toutes ks plantes avcc leursfleurs; leurs graines, qui sc trouvent k long des Bois dans les Cam-pagnes, fur les Collines, dans les Vallées, dans les Jardins; toutesles plantes enfin qui contiennent beamoup de Sel. On ks brûlera,on en fait des cendres; de ces cendres on en tire ks Sels par 1 éva-poration de l’humidité. Les écorces de Chênes, où il y a beaucoupde Sels, sont nés bonnes, comme aussi 1 e Romarin, la Lavande, laSauge-, h Beroine, la Menthe, le Millepertuis, ks Soleils, Sec. Dansf évaporation les Sels s’amaíltnt dans la Ctystalifation , Le il est aiséde ks recueillir; il faut ks fa re sccher pour ks conserver.

3. II faut autant de livres de Salpêtre ou de Nitre que vous avezd’arpens, ou trois bieherécs de terre à semer. Vous mettrez dissou-dre pour un arpent une hvre de Salpêtre dans douze pintes d’caii debalk-cour: quand k Salpétic sera bien fondu , on y jettera un peudc ccs Sels des plantes, a proportion de ce qu’on en a; alors cetteliqueur s’appclk la Matière universelle ; parce que le Nitre est véri-tablement l’cspri: universel du Monde élémenta re, comme nous kverrons dans la fuite.

Voilà tout 1 essentiel du secret de la multiplication. Nous appelle-rons Eau préparée, celle qui s’est faite dans ks tonneaux, & nousnommerons Matière nniverjelle , l’eau où il y a 1 e Nitre & les Selsextraits des plantes.

Ujage.

Vous préparerez votre Blé, ou autre grain, pour deux arpens à

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