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poissant un nouveau toutes les années ; il ne s’écatte gueres de fouterrier, & vit prelque toujours caché. Le pied du Blaireau diffèrebeaucoup de celui des autres animaux qu on chaste, il a les doigtsd u pied tout semblables, & le talon fort gros.]

Il y en a de deux fortes. La premiere lotie est appelléePorchins,par ce qu'ils ont le nez fait comme celui d’un Porc, ce font les plus■gros. La deuxième efpece de Blereaux est nommée Chenins, à cau-le qu’ils ont le nez fait comme un Chien, ils íbnt un peu plus petitsque les autres ; tous vivent de même façon, & font leurs petits aumois de Décembre ; on les peut prendre par les mêmes inventions :ils fientent bien loin de leurs terroirs, & font un trou en terre avecles pâtes, dans lequel ils mettent leur ordure & y retournent toujourstant qu’il soit plein : ils prennent ordinairement un même chemin,si bien qu’il est facile de les prendre, quand on a connoistànce dulieu par où ils-patient; cela fe peut voir par la pique de leurs pieds enterre. Après la pluie , ils ne font jamais plus de cinq ou six jourslàns pastèr par un même endroit, s’ils n’ont été tirez, ou que lesChiens les ayent poursuivis. Ils percent les hayes pour palier dansles Champs ou Vignes , ils vont aussi dans les Jardins champêtresamallèr les fruits ; & le Printems au long des eaux prendre des Gre-nouilles, des Limaçons & des Sauterelles dans les prairies. Leurcoup mortel est fur la tête entre les deux yeux, quoique d’aurresdilent qu’il est fur le nez.

Le poil du Blereau sert à faire des pinceaux pour l’ufage des Pein-tres. Sa graillé est bonne dans la néphrétique, si on la mêle dans deslavemens : on l’emploïe encore pour la íciatique, pour fortifier lesnerfs, & pour les crevasses des mammclles. Enfin on fait sécher lesang du Blereau, & on le prend en poudre. II est bon pour la Lepre& pour faire lortír par transpiration les mauvaises humeurs. La doseest depuis un scrupule jufqu’à une dragme.

Les Blereaux font aussi appeliez Taisions, ils font assez connus parle dégât qu’rls font aux Vignes : on les peut prendre de divcrles façons,que l'on enseignera ci-aprés.

Ils font leurs retraites fous terre, comme les Lapins, [où ils s’en-

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graissent en dormant comme le Loir : ils habitent ] le plus souvent dansles Bois & dans les Garennes ; niais fur-tcut en celles qui regardentj le Septentrion, patte qu’ils n’aiment pas le grand jour, ils n’en for-i tent que la nuit après le Soleil couché, si ce n’est dans les plus long»j jours, que la faim les contraint de sortir quelquefois deux heures de-i vant. [Ils sentent mauvais, ils mangent de petits Lapins, des Oi*. seaux, des Charognes, des Vers de terre, des Mouches à miel, dumiel, des fruits. Les Chiens sont attirez par l’odeur de la graille duBlaireau; car lì l’on en a mis fur quelque linge ou fur un meuble, il»’ viennent le fleurer & pister déifias.

On trouve en Amérique un animal semblable au Blereau, lequelon appelle Hygrat, il est tresdìiiruf du miel.]

Les Blaireaux sont grands ennemis des Renards, ils conservent parce moi en les Lapins qui sont dans les mêmes terriers, parce qu’ilsdonnent la chaste aux Renards , aux Chats communs & aux Chatsputois : les Taillons n’ont point de sentiment & ne voient gueresclair- ; c'est pourquoi une personne qui aura un gros bâton dans 1»main, Sc en verra venir quelqu’un, peut l’attendre & le tuer.

Chase du Blereau.

La chaste du Blereau se peut faire avec des Bassets. Si 1e terrierest fur un heu élevé, on y doit faire entrer le Chien par l’ouvertured’en bas, afin d’obliger l’animal a sortir pat celle d’en haut. [ Tan-dis que les Chiens entrent dans la tanière d’un côté, il faut a 1 autre Scdessus frapper forrement avec des pioches ou maluches de bois, afinque la Bête se retire au fond. Quand on juge que le Ballet a ren-contré, on l'appclle, puis on creuse le terrier après avoir mis dessusles Chiens aux aguets ; l’animal qui est obligé d’en sortir est aussi-tôtassailli par ces Chiens qui le prennent; mais il faut que les Chastèursaillent à eux & tâchent d’assommer le Blaireau, crainte qu’il ne lesblesse : il faut aussi que les Chasseurs prennent garde qu’il ne le jettefur eux Sc ne les morde » car ks blesliues en sont dangereuses &difficiles à guérir. ]

Peur faire unt Machine à prendre les Blereaux.

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Les Blereaux sc prennent à routes sortes de collets, mais ils n’ydemeurent gueres, à cause qu’ils ks rompent ; c’est pourquoi on ainventé la Machine désignée dans la figure ci-jointe , à laquelle unBlereau étant pris, il est aussi-tôt étranglé : si vous désirez avoir ledivertissement de prendre ces animaux par cette invention , faitesprovision des utenciles nécesiaircs pour composer cinq ou six machi-nes', à la fois, afin de tendre en plusieurs endroits en même rems. Cepiège est composé d’un bâton marqué A, gros comme la verge desBeaux à battre le Blé, long d’un pied & demi, aïant un trou a qua-rte doigts proche du gros bout A, & qui est pointu par le bout plusmenu, Sc d’un autre second bâton B, un peu plus gros, de mêmelongueur que le premier , lequel doit avoir une mortaise qui paslè depart en part pour y mettre une poulie de bois à quatre doigts prochedu gros bout B , & pointu pat l’autre : il faut un troisième bâtonC, long d’environ cinq pieds, gros comme le bras, qui fera pointupar (on gros bout & fourchu de l’autre, ou bien il faudra y faire unecoche ou un trou pour y mettre une cheville, ou passer une corde :on doit aussi avoir autant de cordes câblées que de machines; cescordes seront longues de deux ou trois toises, Sc faites comme cellequi le voie marquée des lettres H. I. G. On fera au bout G. de cha-cune une boucle coulante pour pastèr dedans 1e bout H. & à deuxpieds proche, comme au lieu marqué I. un petit arrêt > comme sic'ccoit un nœud, lequel sera fait d’un brin de Libelle, qu’on tournera

bien ferme deux ou ïroîs tours dessus la corde , puîs on le nouerapour l’y laisser; chaque corde doit être garnie d’une boucle de fer oude cuivre D. comme leroit, par exemple, l’anncau d'une clef dcferrure médiocrement gr oíìe's cette boucle sera aussi fournie d’uneautre corde longue de deux pieds, pour la pendre fur le fourchu oucoche du bâton C. On mettra au pied do chaque machine une pierreE. pélànt trente ou quarante livres, pour s’en servir ainsi qu’on diraci-aprés.

Vous croirez peut-être d’abord que ce piège sera difficile à faire, àcause des divers utenciles que je propose ; mais en l’expérimentant onverra qu’il n’y a pas tant d’embarras, on a fait & tendu plusieurs foiscette Machine en moins d’une heure ; ces deux figures íont sembla-bles , il n’y a de différence qu’en ce que l une est la Machine tenduedans la muce du Blereau, & l’autre est tendue toute feule , pour enfa re mieux comprendre la forme, aussi les ai-je marquées des mémeslettres.

Four tendre la Machine à prendre les Blereaux.

Ayant connu à la piste le chemin d’un Blereau par l’instruction ci-devant, voyez au long des haies s’il n’y a point deerr us par où il au-ra passé, vous y trouverez quelque poil qui demeure à la muce, quevous connoKiez pour eue rude, blanc des deux bouts, & noir dans

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