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*41 DIS.

appelle d’un nom commun & général, alembic, ou vaisseau Con-tenant, parcc qu’il reçoit & contient les matières qu’on veut dis-tiller. Quelques-uns Rappellent corps ou vaisseau corpulent. On luidonnent encore le nom de courge. L’aucte vaisseau est nommé vul-gairement chapiteau , ou chape, ou chapelle, 011 cloche, auquelfont amassées les vapeurs , & converties en eaux. Ce vaiílcau aquelquefois un canal en forme de bec d’oifeau , par lequel 1 eaudistille goûte à goûte dans une fiole , ou autre vaifleau íemblable.Quelquefois il est fans bec , & cela arrive quand on veut user decirculation. Or ces instrumens íbnt fort différens, tant en forme& figure, qu en matière: il est vrai que les premiers inventez étoientdes vaisseaux de plomb, semblables a une cloche , qui couvroit unautre vaisseau d’airain plein des matières pour distiller ; il est assezconnu & usité par tout, vû qu’il attire une plus grande quantitéd’eau que nul autre. Depuis l’on a trouvé une autre façon , parlaquelle plusieurs vaisseaux , couverts de leur chapiteau de plomb,font échauffez tous ensemble d’un seul feu, sur un fourneau faiten façon de voûte, afin qu’à moins de frais & de peine on puiílèdistiller une plus grande quantité d’eau, comme on le peut voirdans cette figure.

D I S.

Pour donner une idée plus claire des vaisseaux dont on se ícrr dansla distillation, i’en ferai ici une description exacte. A B C est un vais-seau de verre, ou de terre à pots - qu’on appelle Cornue.

Le vaiílcau R est une Cucurbite , ainsi appellée d’un nom latin,qui veut dire courge. II est de même matière que le précédent. C’cstcelui qui sert à contenir les matières qu’on veut distiller. On le placefur la Capsult dont nous parlerons bientôt.

Le vaillèau marqué de la lettre C, est celui qu’on nomme chapiteau,on Rapplique fur la cucurbite. C’est là que les vapeurs s’élevant parle moïtn du feu, se ramassent & tombent goûte à goûte par lc bec dnchapiteau dans le récipient.

D I est un vaisseau de verre ou de terre à pots, nommé Récipient .On le pose ordinairement fur un rondeau de paille, qui l’ert à lui don-ner une assiete ferme. Son col est coupé court ; mais lorfqu’il estlong on donne à ce vaisseau le nom de Matras.

Enfin le vaillèau A est appcllé Capsule, il est de terre, on le placefur lc haut du fourneau, & on Remplit de íkble fur lequel on pose litcucurbire.

Quand on veut couper le col du récipient de la longueur qu’oíisouhaite, on enduit de térébenthine ou de souffre une ficelle, avec la-quelle on fait quelques tours à l’endroit qu’on a deflèin que lc col soitcoupé ; on allume ensuite cette ficelle, & quand la flamme a bienéchauffé l’endroir, on applique dessus un linge mouillé, & le col dlïrécipient íe caste dans l’endroit où la ficelle a été appliquée.

En appliquant le chapiteau fur la cucurbite, on doit avoir soin deeolcr du papier fur les jointures de ces vaistèaux, & même fur le colde la cucurbite, s’il est nécessaire> afin que les vapeurs ne puistèntìs’échapcr par cet endroit. II est austì bon d’en coler sor les jointuresdu bec du chapiteau ou de la cornue, & du col de matras pour lamême raison.

Cependant il est à propos de percer ce papier colé d’un trou depinfgles dans quelques distillations, de peur que ces vaistèaux ne fe rou-giílènt s’ils n’avoient point d'air,

Lorfqu’on veut fe servir de la coruuë & Rexposer à un grandfeu , i! est nécessaire de l’enduire jusques vers l’exrrémité du becd’une efpcce de boue, qui est composée d’argile, de bourre oulaine , & de la fiente de cheval ; cette argile doit être bien seche& pulvérisée dans un mortier. Gn a soin de mêler le tout en-semble & de le bien détremper , & l’on ajoute, si on veut , unpeu de fable, On a donné le nom de Lia à cette terre ou boueainsi préparée.

Usage du Lut.

On mouille la cornue ABC, & or applique auffi-tôt une légerscouche de ce mélange qu’on laisse fecher ; ensuite on en appliquéimc seconde, & ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes ces couches soieneépaillès d’environ deux ou trois lignes. Ce lut empêche que lc vais-seau ne caste quand il est exposé à faction d’un grand feu.

Au lieu de ce lut ainsi préparé, on peut se setvír seulement de ter-re graíîè ou argile bien pulvérisée ; il faut la détremper dans l’eau, en-foi te qu’elle soit elle-méme fluide. Chaque couche qu’on appliquefur la cornue doit être fort mince, on la fait fecher en tournant sou-vent le vaillèau au-deilus des charbons allumez, en frottant quelque-fois Rextérieur avec la main mouillée d’eau commune.

Les alcmbics de plomb étoient autrefois fort en usage; on a remar-qué cependant que les eaux qui étoient distillées par ces sortes de vais-seaux, quelles ne retiennent point l’odcur ni la-faveur, ni toutes au-tres qualitez des matières dclquelles elles íbnt distillées ; mais elle?sentent la fumée & une odeur d’adustion. De plus les eaux qui íbntdistillées des p antes acres, poignantes & ameies, ne fercllèntentau-cunement de l’ameitnme & acrimonie de leurs plantes ; mais plutôtd’une douceur fâde : l’eau qui coule par des conduits de plomb , ex-

cite souvent un flux distentirique à ceux qui en boivent , à cause desa nature qui est de substance de mercure > joint que nous voïonsordinairement que les eaux distillées par le plomb sont le plus souventd’âcres & véhémentes vapeurs; ce qui se fait, attendu qu’il fe dillbutun sel de la voûte de l’alembic qui gâte les eaux, les rendant blan-ches & épaillès comme le lait.

Pour ces raisons! l’on â inventé un autre instrument nommé vessie,dont le vaisseau inférieur & le chapiteau qui lc couvre sont d'airain,tous deux mis fur un fourneau. Cet instrument est propre, non-ieu-Jement pour distiller l’eau-de-vie fasse de vin, ou de lie de vin» ou

de biere ; mais aussi de toutes sortes de plantes infusées avec quantitéd’eau commune. Au surplus, il faut que le chapiteau ait un grandbec qui passe par dedans un tonneau plein d’eau, afin que les va-peurs ne soient pas dissipées, mais condensées & converties en eau.

Les Chimistes modernes & mieux avisez, ont trouvé une façon beau-coup meilleure que les précédentes, qui est de distiller les eaux au bain-marie; c'est-à-dire, au bain de quelque eau bouillante, ou fur fa va-peur, car il est certain que ces eaux sont meilleures fans comparaison,d’autant qu’elles retiennent exactement non-feulement Rôdeur, maisaussi 1 e goût, & aigres qualitez de leurs plantes ; ce qui arrive ainsi,

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