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A U. C cil un terme général ,qu’on donne a plusieurs sortes-deliqueurs. Les eaux sont naturellesou artificielles. Les eaux naturel-les sc divisent en eaux douces, eneaux minéiales& cn eaux de mer.Les eaux douces font les eauxde fontaine > les eaux de puits,celles de pluie, de marais ou demarc & de rivière. De toutes ceseaux celles de riviere sont lesmeilleures à boire, elles font plusbattues, elles contiennent quel-que peu de fel ou de nitre qui lesrend laxatives; le soleil qui les aéchauilé, cn-a corrigé la crudité.I.Cs autres au contraire sont ii maliailántes, que souvent elles coagulentles humeurs & causent des obstructions a ceux qui en boivent. D’ou vientstu’ils sont sujets à plusieurs maladies, comme le scorbut, la paralysie, lapierre, la colique & l’indigestion. I! en faut pourtant excepter l'eau deployé, qui étant pénétrée des acides de l’air > est apéritive & plus détersi-"ve que l’eau commune.

L’eau de marais ou de mare n’e-st pas bonne à boire, à moins qu’onnc Tait fait bouillir auparavant-. Les jardins doivent leur plus bel orne-ment aux eaux que l’on fait venir des sources éloignées, ou a celles quel'on conduit par des canaux. Ces eaux, qui sont reçues dans des bassins,fervent à arroser les fleurs ,lesprcz &les herbes potagetes. Elles sontd’u-ne ii grande utilité, que les jardins ou elles manquent, sont privez de tres-■giandes avantages, tant pour l'agrément que pour le profit.

Ahtmere pour trowver de ïeau.

Entre plusieurs méthodes dont on le léit pour connoîtrc s’i! y a dessources d’eau dans quelques lieux, en voici une qui paroit la plus assurée.11 faut avant le lever du soleil, se coucher fur ie venue, ayant le mentonappuyé contre terre > & observer si dans quelqu’endroic il s’éleve une va-peur humide cn ondoyant. C’est au mois d’Aoûr, de Septembre & d’Oc-robrequon doit faire la recherche des eaux. On doit remarquer que lelieu ou l’on voit élever cette vapeur nc soit point mouillé dans ía superfi-cie. Les montagnes & coteaux où croissent les roseaux, le crellon, les bau-mes sauvages, J’argcntinc > les joncs & autres berces aquatiques, renfer-ment presque toujours de l'cau dans leur sein.

Mais ce n’est poin t allez que d’avoir trouvé de 1 eau, il faut encore voirsi elle peut être conduite jufqu'au lieu où on la destine > patee que le natu-re! de l’eau n’est pas de monter plus haut que ía-lout ;e d’où elle soi t, si ceTt’est par quelque artifice. C’est pourquoi il fau r que l’on voye avec le ni-veau le plus justement que faire sc pourra, afin de commute combien depente il pourra y avoir depuis la source jufqu’au lieu où sc doit faire lafontaine, & prendre garde au champ ou sera l’eau jufqu’au jardin ,-s’il n'ya point de han r &dc bas, ou quelque vallon dans lequel i! faudroit palierpour aller en droite ligne. Que ficela est, il faut faire une tranchée, ourigole de trois ou quatre pieds de profondeur pour mettre sc s tuyaux,s uivant toujours 1e coteau, asm de conduite Ion eau le plus à niveau qu’onpointa, pour ne point perdre de fa pente.

Qtae íi on trouve dcleau en plusieurs endroits, com me il arrive sou-vent,il faut qu’on salle de petites tranchéesou rigoks, qu’on fêta rem-plit de pierres ou de cailloux, leur donnant dc la pente julqu’a !a principa-le louree, pour amailer & faire venir toute l’eau au mente l;cu,& a:uèsenfermer toutes les eaux d’un bon conroi qui soit fait à la profondeur né-cchaire, ce qu on connoirta par les tranchées qu’on fera pour loger &employer ce conroi, dans seíqueilesrhumiditéparoitra : si c’est en relie.glaise, i! n’est pas de beloin d'autre conroi que la glaise même, pourvuqu’elle soit bien pétrie avec les pieds, & un peu d eau.

II faut que 1 on sc donne bien de garde de forcer trop la source, pensantla lever plus haut ,parcc qu’elle pourroit s’cn aller par quelque canal fou-tetrain.

Toute 1 eau etant bien ramaíîée & retenue jil faut faire bâtit un regardbien cimenté, qui íoit fur le chemin où sc doit faire la conduite de leau,a dix ou onze torses de la íouree plus ou moins, selon la commodité deslieux, il n importe, pourvu qu’il n’y ait point dc pente perdue. Le regardse doit bâtir de la grandeur que vous jugerez buvant la quantité d’eau quiest en votre ramas.

Vous connoítrez cette quantité d’eau jaugeant avec un pot de terre, ouplusieurs de certe maniéré. Vous ferez faire un trou rond a la panse du potd’un pouce ou deux, ou trois de diamettre, & après vous ferez entrerl’eau dedans. Si toute l’eau palfe par le trou du pot loríqu’il est tout plein,c'est la quatité d’eau que vous pouvez avoir ; mais si l’eau palfe par deslùsJe pot, & par le trou, il faut augmenter le trou. & faire enserre que l’eaune pâlie point par delliis, ensuite vous mesurerez le diamettre du trou dupot-s il y a deux, trois quatre & six pouces de diamettre, plus ou moins,c’est la quantité d’eau que vous pourrez avoir.

Le regard étant bienbátidc bonne marie ie, il faut faire tomber l’eau

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dedanspar le moyen d’une pïerrée qui conduit à l’eau dtns’un petit dallotpar lequel elle tombera dans le regardait devant duquel il faut faire unecoiffe de plomb otl de cuivre oui loir p taxée d’un trou dc la grollèur d’unpetit pois, pour empêcher qu’iln’c-ntrc quelqu’oiduies dans le regard ; ilfaut encore faire une autre coiffé de cuivre ou de plomb qui soit percéecomme la pomme d’un arrosoir,ou un peu plus grosse, comme pourpasser la tête dune grosse épingle. Cette coiffé sert a meure au devant dutrou ou doit palier ì’eau, pour retenir les grenouilles, le limon, ou lesordures qui peuvent s’engcndi er dans les tuyaux & canaux. 11 faut aussi serendre bien soigneux de nettoicr le i égard & la coiffe, le plus souventc’est le meilleur, tant pour conserver l’eau, que les canaux & tuyaux.

Je trouve que les tuyaux & canaux de terre sont extrêmement bonsétant bien emboîtez l’un dans l’autre comme il faut : mais on doit faireune petite malfonneriedans le fond de la tranchée d’environ un pied delarge & de haut, fur laquelle il faut poser les tuyaux pour les conserver »pateeque la terre est Injecte à s’en foncer, ce qui fait souvent briser lestuyaux; pour bien faite il les faudroic maisonnée tout à 1’emour avec duciment, il n’y faudroit plus retourner.

Pour éviter une plus grande dépense, on pourroit sc servir de tuyauxde bois d’ormc, d’aulne & de chêne > les faisant creuset & percer avec unegrolle tan ière de Tourneur ou de Tonnelier : ces canaux peuvent êtrepercez de sept pieds de long, ceux de chêne sont ses meilleurs pour durer.Dans ceux dc bois d’aulne il s’y engendie des herbes qu’on appelle queuesde renard, qui rçndent l’eau rougeâtre, c’est pourquoi je ne luis pas d’avisque l’on s’cn serve, pourvû qtl’on puillc en avoir de chêne ou d’onne, en-core que forme soit lujet à le fendre, néanmoins il le conserve dans desterres humides Sc marécageulcs.

■ Après que les tuyaux de bois seront percez, il faut les faire joindre cn*-semble. Pour cela il est néccilaire de faire des viroles dc fer de trois poin-tes dc diamettre, ou de quatre , Iciqudics doivent étro bien affilées & ai*guifées avec une lime, asinqu’clles puillcnt entrer plus ailèmentdans lebois des tuyaux. I! faut aussi qu’elles avancent trois pouces Sc demi danschaque bois de tuyaux. II est fort aisé de polerles tuyaux de bois, pont vuque vous les failiezmcttrcdans Ia tranchée qui sera bien applanie; & aprèsqu ils setont dedans > il faut poser une virole entre deux tuyaux justement:au milieu dentre sis deux; &áJ’autre bois il faut frapper avec un gros'maillet julqu’a c c que les deux bouts des tuyaux se joignent & touchent'l’un conucTautie,&contiiiuer ainsi julqu’a ce que vous ayez assemblétous vos tuyaux. La jointure doit être recouverte dc poix. Enfin il faut m»bout de tuyau de plomb qui íoit soudé à la coiffé pat un bout, & par sati-ne attaché avec deux clous au tuyau de bois, comme si s’étort une plaquede plomb ; maisi! faut attacher du cuir entre le plomb & le bois,pourempêcher que l’cau ne paíse entre deux. II est aussi néccilaire que ia placedc l.t plaque de plomb loir entaillée dans le tuyau ,& après il faut appli-quer du ciment a feu touc à fentout cn allez bonne quantité.

Les tuyaux de bois étant tous posez jufqu’au regard de la fontaine, ilfau: se servir pour le reste de tuyaux de plomb, leíquels se doivent appli-quer de même façon que j’ai dit ci-devant. Chacun lait qu il faut des robi-nets aux n gard s, tant pour servit à la vuidange que pou t faire monterseau, parcc qu’on peut facilement en avoir chez les fondeurs; je n’etitraiterai pas ici.

On peut poser des tuyaux de terre fans faire la dépense de les entourerde ciment ; mais il ne 1e fera lien de durée Ii vous nc faites la petite mu-raille par délions.

Pour empêcher que le faix de la terre ne brise vos tuyaux, il faut avoirun bout de tuyau de plomb depuis la coiff e du regard jufqu’au tuyau deterre, & le souder avec du ciment à feu, & ce jufqu’au lieu ou íe doit fastela fontaine.

Les Eaux minérales íonr. ou chaudes ou froides. On compte parmiles eaux chaudes celles de Bourbon, de Víchi, de Baleine & d’Aix. On sé-pare de ces eaux des parties de souffre, c’est ce qui fait croire quelles ti-rent leur chaleur des mines de souffre par où elles pallènt, en emportantavec elles des sels íùlphuieux quipeut-éne sont accompagnez de particu-les de fer. Ces eaux font fort bonnes quand’on les prend (ur les lieux, con-trilles rhumatismes, la goutte seiatique, la paralysie, l'apoplexie,la léthar-gie & les humeurs froides. Car quand on les transporte, elles perdent leurvertu, qui ne consiste que dans les eípriis volatils qui se dissipent par lcmouvement.

On met au rang des eaux minérales froides celles de Forge, de SainteReine, & de Pasey près dc Paris. Elles ont des qualitez différentes, ellesont poin tant cela de commun qu’elles (ont apértives.

L’eau de Sainte-Reine contit nt peu de sel, & ne contient en apparenceaucunes particules minérales; elle aune chose particulière, c’est qn’ellesc conserve plusieurs années fans pedre fa vertu. M.Dodaiten a conser-vé pendant vingt-cinq ans.

Les eaux de f orges & de Pasey sont emprintes de parties ferrugineuses& vitrioliques. Faux minérales artificielles.

Les eaux minérales naturelles font des trésors que Dieu ouvre libé-ras ment en faveur des hommes , puilqu’étant chargées de riches dé-pouilles & des merveilleuses qualitez des minéraux , elles semblent

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