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& appliquant dessus PEmplátre chauffée au feu. Elle est excellente pont Ila brûlure : il faut mettre six grains de S cl écrasé dans deux cuillerées de 1Vinaigre, le faite tiédir, pour fondre le Sel, & en laver d’abord la brû-lure , puis mettre l'Emplâtre dessus.
Elle est encore bonne à beaucoup d’autres maux suivant Pexperienceeu'on en fait tous les jours ; il y a plusieurs personnes auíquelles on étoitprêt de couper la jambe ,1a main ou les doigts, qui par f application decette Emplâtre fans autre chose, ont été guéris entierement, n’aiant pointété necelnired’en venir à l'amputation.
Ses vertus s’étendent méme jusques aux maladies des animaux : car el-le est excellente pour le serein des Chevaux, faiíknr percer le bouton avecun fer chaud > rasant le poil de la largeur du bouton, & y appliquantl'Emplâtre. Elle est encore bonne pourìes CloUx de roue desChevaux.enfaisant un peu fondre [-Emplâtre dans une cuillère, ít rappliquant dès quele mal aura été découvert.
Drogues qui entrent dans la composition de cette Emplâtre.
Prenez Galbanum une once & deux drachmes, Ammoniac troison-ces & trois drachmes, Opoponax une once, Vinaigre bien blanc quatreonces, huile d’Olive deux Uvres , Litargc d’or une livre 8c une once,Verd de gris une once, Gire neuve vingt onces, Mastic une once, Oli-ban, Bdellium de chacun deux onces, Myrrhe une once& deux drach-mes, Aiman fin de Levant deux onces. Encens une once & deux drach-mes , Aristoloche ronde une once.
Premiere Préparation.
II faut prendre les ttois premières drogues, quifont trois fortes deGommes: lávoit le Galbanum, ['Ammoniac, &1 Opoponax, & lespiler dans un mortier de bronze, chauffant de tems en tems le pilonqui doit être de fer : ensuite il faut les faire tremper avccle VinaigrePlane dans un pot de terre vernifé qui contienne environ trois quarts,les y lailìant pendant deux jours, & deux nuits, les remuant deux outrois fois chaque jour avec une eíp&tuk de bois : Sc si ce tems ne fuf-fit pas jusques à ce que les drogues soient fondues, il faut les y laisserdavantage. Après que les drogues auront ainsi bien trempées, il fautmettre le tout dans une badine qui tienne autant que le pot > ou plusglande, de peur que quelque chose ne lè répande en remuant les dro-gues. Ensuite il faut mettre cette bassine fur un petit feu de charbon, •comme si Ton vouloir fane un Sirop, & faisant cuire le tout en re-muant toujours jusques a ce que le Vinaigre soit coníumé de la moi-eié ou environ. Cela fait vous ceulere? le tout par une étamine outoile neuve, de forte qu 11 ne reste aucune-substance. Après avoir toutpasse,, vous le remettrez fur le feu, 8c le ferez encore bouillir dans lamême bassine, jusques a ce qu'en I aillant tomber tine ou deux goûtesjrvec l’espatule fur une assiette, vous connourez que les Gommes s’é-paisissent, qu’clles ont pris corps, &quele Vinaigre est tout-à-fait•con-sumé: alors vous ôterez la bassine de delius le feu, &-la laílserez re-froidir.
Seconde Préparation.
Cela fait, prenez une livre & une once de Litarge d’Or, & foncede Verd de Gris; l’un & Tantre étant bien pulvérisé & tamisé, ilfautsesmettre avec les d.ux livres & demie d’huilc d’Olive dans une autrebassine à part, les faire cuire fur un fort petit feu , remuant lans cédéavec l’e-fpatule de bois ou de fer, de.peurquelaLitatgencs-amalsecnUn monceau & continuer jusques à-ce que cesdroguesfoient bien liées& incorporées ensemble. Alors vous augmenterez le feu & les ferezcuire jusques á ce quelles viennent dc-la couleur d’un rouge brun ; pourlors vous y mettrez-les vingt onces de Gire neuve coupée en petits mor-ceaux , & vous la ferez fondre dans les drogues déja cUites, remuanttoûjours avec la pasette ou l eípatule. LaCiie étant fondue & Un peu•cuite avec les drogues, vous retirerez-le tout de dellusle feu, Sc le laisse-rez un peu refroidir. En même rems vous prendrez l'autre bassine oùsont les Gommes déja cuites & froides, vous la mettrez fur un petit feupour les faire refondre doucement, remuant toûjours avec IVÍpatule,
& quand elles seront bien fondues ', vous les verserez dansTautre bassinequi doit être hors du feu Sc un peu refroidie, remuant toûjours avec-Tefpatule, Sc purs vous prendrez les poudres qui s'cnfuivent pour sesmettre dedans.
Troisième Préparation.
II faut prendre les deux onces d’Aiman fin de Levant bien pulvérisé ;qudques-nns au lieu de deux onces comme ci-dessus, en mettent jus-ques à quatre, & les mettre dans la bassine après l’avoit retirée du feu:car l’Aiman étant fur le feu feroir a Trustant enfler, écu mer, & tom-ber la drogue dans le feu. II le faut faire couler doucement avec uncornet de papier, & le faire fikr pat delîùs l’Ongucnten remuant toû-jours. Après que vous aui-ez ainsi incorporé l’Aiman seul hors dufeu pendant T espace de deux ou trois Pater , pous le mieux incor-porer vous prendrez les autres poudres: savoir Ponce 8c deux drach-mes de Myrrhe , Ponce ë’Aristoloche ronde, Ponce de Mastic, lesdeux onces d’Oliban, les d ux onces de Bdellium, & Ponce & deux•drachmes d’Encens : vous mêlerez bien tout cela ensemble fur une gran-de feuille de papier. Quand ces poudres seront bien mêlées, vousles mettrez dans un grand cornet de papier, 8c après vous les verserezpetit a petit par 1a pointe du cornet, ann qu’ellcs coulent aussi menu queie fable d’une horloge, pendant qu’un autre remuera toujours pour lesbien incorporer, Sc jusques à ce que POnguent soit noir & rouge. Vousconnoîtrez qu’il est alìezcuit, si après cn avoir mis fur un ais de noyer,ou set une table frottée de Vinaigre, il s’y endurcit incontinent. Quandvous verrez qu’il sera allez cuit, ii faut avoir une grande table de noyerou de marbre, Parroferdc Vinaigre, & verser POnguent dessus. Quandvous le trouverez allez froid ; il cn faut assembler avec vos mainsmouillées de Vinaigre, Sc en faire des Rouleaux de la grandeur que vousvoudrez: vous les rangerez fur quelques ais aussi arrosez de Vinaigreou d’Huile, vous les laisserez essuyer a Pair fans Soleil, Sc puis vousles enveloperez dans du papier fans que les Rouleaux k touchent l’unl’autre.
E M P.
Il faut, selon Bauderon, pour mélanger totis ces ingrediens, pre-mièrement pulvériser chacun à part : la Litarge, la Pierre d’Aiman,la Myrrhe Sc leBdellium, (s’ileltscc, ) PEncens, le Mastic, PAristo-loche Sc le Verdet. Pour ce qui est du Galbanum, de l'Opoponax,de l’Ammoniaque > Sc du Bdellium ( s’il est mol Sc recent, ) il le fautfondre ensemble avec du Vinaigre ou du Vin, puis les couler, Sc lescuire en consistance de Miel. Cela fait, la Litarge sera nourrie avecl’biule dans la bassine, puis cuite en remuant toûjours de craintequelle ne brûle; après quoi on ajoutera la Cire mise en petits mor-ceaux. La Cire fondue 8c la bassine ôtée de dessus le feu, on y mettra lesGommes; un peu après, lespoudres d'Aristoloche, de l’Aiman, de laMyrrhe , du Mastic Sc de PEncens, Sc enfin le Verdet. Ceux qui vou-dront PEmplátre rouge ajoûterorrt le Verdet un peu auparavant la Cire.Le tout refroidi , fora réduit en magdaléons de telle grosseur qu’oi»voudra.
Verni approuve rout ce que dessus, sinon qu’il dit, que pour bienfaire, il faut cieotriner subtilement tous ses ingrediens, partticuliere-ment la Litarge Sc PAiman, Sc que les Gommes doivent être dissoutes,auíquelles étant coulées, on ajoûtera le Bdellium.
Maniéré de se Jervir de cette Emplâtre.
II faut savoir que cette Emplâtre se peut garder cinquante ans fans íe gâ-ter , Sc la vertu est toûjours admirable.
II ne faut pas s’en servir qu’il n’y ait trois mois pour le moins qu’ellesoit faite.
II ne fuît pas Pétcndre fur le linge, parce qn'clk palferoit au travers ;maïs fur du cuir ou de la futaine, avec les doigts mouillez de Vinaigrecommun, ou de la salive à tout le moins.
Il ne faut point mettre de tente ni de charpie dans la plaie; Sc quandvous y voudrez appliquer PEmplátre, il la laut d’abord essuyer douce-ment avec du linge net, deux ou trois fois le jour, Sc a chaque fais biennettoier PEmplátre qui peut lervir cinq ou lìx fois fans la r.nouvel 1er ; Scmême après cela, si on racle la matière de PEmplátre Sc qu’onlalavedans du Vinaigre, on pourra s’en servir pendant huit jours.
R e M A R qjj e s. I. Si la plaie étoit trop profonde, il feroit bon d’jrmettre quelque charpie ou tente imbibée 5c bien trempée dans cetteEmplâtre.
II. La premiere Emplâtre qu’on aplique fur la plaie, doit être levée ailbout de vingt-quatre-heures, Sc celles qu’on met ensuite ne doiventêtre ôtées qu’après douze heures, si ce n’est que ïemal pressant il lût àpropos de l’ôter plus souvent à cause de la quantité de boue qui eupouiroit sortir.
III. Le malade ou blessé ne doit manger ni Ails, ni Oignons; car ilsera plutôt guéri dans huit jours s’il s’en abstient, que dans deux moiss’il en mangeoit.
ÎV. Lorsque vous vous en fervirezpour les mammelles des femmesou pour l’ulcerc , il ne faut mettre m tente ni charpie, mais une sim-ple Emplâtre, lorsque le mal est percé: Sc pour 1e faire percer il saurpr-edre six poignées d’Ozcille avec un Oignon de Lis : k s piler en*lembk, Sc ses taire cuire dans un petit pot avec du Beurre de la gros-leur d’une Noix : quand le tout est cuir il le faut mettre dans un por,en prendre un peu pour faire des Caraplâmes loir Sc matin, les fartanttiédir quand on les aplique, 8c continuer ainsi .jufqu’a ce que k malloir percé.
E m f l âtre contre la chai ur des reins.
II arrive souvent que dans les maladies ou autrement, on sent une cha-leur immodérée a l’endioit des reins & des lombes, de forte que ses ma-lades font contraints de changer de place de moment en moment pourchercher la fraîcheur. Sc de mettre au dessous des peaux de marroquin :dans ce cas-là servez-vousde ces petits remèdes.
Prenez de PhuileRoset trois onces, de l’eauRose ou de Plantain troisonces, roi lez-les ensemble, trempez un linge dedans -, preífez-le ensuitemédiocrement avec les mains & aj liquez-ks fur ses reins.
L’Oxycrat y est aussi fort bon, apliqué comme dessus. C’est une mix-tion faite de six parties d'eau, Sc une de Vinaigre : tl scia encore meilleursi au lieu de Vinaigre-, vous y mettez du Verjus.
Emplâtre bien assurée, venue de la maison de Lorraine. PrenezTérébenthine bien fondue à part, tant qu'tlk foi t chaude, puis Gom-me Elemi en poudre passée par le tamis cinq onces, Aristoloche lon-gue en poudre une once, Résiné de Pin cn poudre trois onces, Sangde Dragon en larmes trois drachmes, puis mettez ensemble l.i Téré-benthine, la Gomme Elemi 8c la Poix résiné-. Faites-les bouillir u>»bouillon, puis mirés-ks de dessus le feu. Quand elles ne bouillirontplus, mêlez, en remuant toûjours, l’Aristoloche longue, puis k Sangde Dragon : incorporez-les bien ensemble ; Sc quand elles seront presquefroides, jettez k tout dans une bassine pleine o'eau froide, Sc prelsez-leaveeles mains commedela pâte en changeant trois fois d'eau, puis met-tez le dans du parchemin Sc dans un lieu ou il ne puisse s’é venter, plusil est vieux, plus il a de vertu.
Usage, & vertu de cette Emplâtre.
Elle est bonne pour toutes aj ostumes, charbons, plaies de verole, cou-pures, Sc pour toutes plaies vieilles Sc fraîches : elle tire la balle d’arquebu-se , soit des bras, íoic des jambes; Sc s’il y faut une tente, faites-laavec cette Emplâtre lans charpie,& mettez delius la j laie uneEmpláti e fuide la peau de Mouton : il ne la faut changer que de vingt-quatre cn vingt-quarte heures.
Emp l a t re admirable pourles plaies, ulcérés, chancres, écloud-les, Bubons, cors des pieds, Sc tumeurs qui viennent aux sourcils, Scautres lieux semblables. Prenez huile d’Ol ve de la meilleure , unelivre que vous mettrez dans une terrine de terre íur le feu, 8c quandelle sera chaude, ajoutez Cire jaune raillée cn pièces > ttois onces,remuez avec une efpatule de bois; quand elle lèra fondue, mettezCeruse subtilement pilée iìx onces, remuant toûjours bien fort, Sc lamixtion deviendra blanche, laquelle en cuisant perdra cette couleurSc deviendra obscure ; Sc devant quelle vienne ainsi, il y faudra ajou-ter Litarge d’Qr une once, ttès-íubtikment pulveiifée Sc passée par k
tamis,