Band 
Hauptband
JPEG-Download
 

i7» ENC. END. EN F.

once & demie de Vitriol St autant de Colle de Taureau.

Quant aux qualitez 8c proprietez dc cette Encre, le même Auteur-dit qu'on s’en fer-t dans les mcdicamens corrosifs, & que la fondrée dccette Encre enduite avec de l’cau fur la brûlure, y est fort bonne, Stqu’il fy faut toujours laillcr, jusqu a ce qu’elle soit guérie; car à latin,dit-il, ì’Encre s'en va d’elle-même. Pour la nôtre qui nestcomposéeque de Vitriol St de Noix de Galle, l’experiencc nous fait voir tous lesjours les bons effets quelle produit pour la brûlure , Iesquels font siqiiomts 8c si efficaces que kernel la met au rang des mcdicamens qui yconviennent.

E N D.

ENDIVE ou S C A RI O L E, en Latin Endivia. -C’cst une efpe-<c de Chicorée, dont il y en a de deux sortes, i’une cultivée, &1'autresauvage.

Description de t Endive cultivée.

Elle a les feuilles grandes, longues, larges, vertes, blanchâtres, unies,•qui rellemblent affez bien à une certaine forte de Laitue. Sa tige est hau-te & carrelée, accompagnée de plusieurs branches. Ses fleurs font belles,bleues, quelquefois blanches. Sa graine est blanche. Sa racine est lon-gue & blanche.

Lieu. Cette plante croît dans tous les Jardins. Elle fleurit -au milieu■dc l'Eté.

Proprietez.. L’Endive refroidit, est astringente & fort profitable à l’eíto-inac Sc au foie; elle relare le ventre si on la mange étant cuite avec duVinaigre. La décoction de i’Endive prise en breuvage est de grande uti-lité, Vil y a dc Pintempak chaude au foie, Sc qu’il soit opprlé en quel-que façon; elleyestfìngulicre, priíè avec du vin blanc délicat, y ajou-tant des choses qui provoquent lutine ; elle remédie aux obstructions<ju mésentère.

Description de P Endive sauvage.

Elle a la feuille étroite, longue, fort frangée alentour, d’ungoûtâpre, St amer: pour cette eau le on l’appcllc Picris , & Ambabeut.

Proprietez. Cette plante ales mêmes vertus que l’Êndive cultivée., &toutes deux font bonnes, prises en breuvage de deux jours l'nn, pourles gouteux, pour ceux qui crachent le sang, Se , Out k flux de sperme■ou semence génitale > Ion luc appliqué deflus. Gdien dit que-PEndive estune herbe amere, principalement la sauvage appclléP/tw, toutes lessottes d’Endives font astringentes, c’cft ce qui fait qu Viles font bonnes■aux incommoditez chaudes du fole, & quelles n offensent point ceux quifont de-température froide.

E N E.

ENFANT. Les enfans feront lc bonheur de leur maison, Sc c’cst'de leur avantage s'ils ont une bonne éducation. Voyez le mot d’E du-cat ion. Leur pere doit entrer dans leur esprit, & leur inclination.Cette inclination est la prémicre chose qu’il faut considérer dans lesenfuns pour jes faire bien réussir dans la profession du Commerce : ellene dépend pointues païens: mais d’une disposition naturelle qui fe ren-contre en eux : Et cn effet, rexpcrience nous apprend que quand il*■font forcez par la puiflânee paternelle d’embraflèr une condition pourlaquelle ils ont de f aversion, ils n’y réïïssiísent jamais. Au contraire,quand le choix vient de leur propre volonté , 8t de leur pente natu-relle > ils surmontent facilement & fans peine toutes les difficultezqui íè rencontrent dans leur profession , & établissent parfaitementbien leurs affaites; test pourquoi il faut que les peres, 8c les mè-res prennent bien garde au choix qu’ils feront de leurs enfans pourles mettre dans le commerce; car tous n’y lònt*paségalement propres,& il faut donner à chacun ce qui lui convient plus particulièrement, &nc forcer pas les jeunes gens a des choses pour lesquelles ils ont de larépugnance.

Néanmoins quand les enfans ne font pas encore avancez dans un âgeou ils puiilent encore bien juger de ce qui leur est plus propre pour sc-tablir dans le monde, ils suivent ordinairement cn cela ce qui leur estiiiegeré par leurs pères Sc meres, de forte que c’est-à-eux à les bienexaminer , & à voir s’ils ont du penchant au commerce ; pourpeu qu’ils s’y appliquent, ils connoitront aisément les inclinations -deleurs enfans.

Ceux qui veulent entrer dans le négoce, en doivent faire le choix àl’âge de quinze ans, leurs peres doivent leur representer, avant que de| f s mettre en a prentilíage, les dilferens négoces qui se font tant en grosqu’cn détail, pour savoir d’eux ceux qui seront plus conformes a leurinclination.

Cé choix étant mcuremerít fait, ils doivent jetter les yeux fur !c Mar-chand chez lequel ils désirent mettre leurs enfans en apprentillage, par-ée pie c’eít d’ou dépend leur bonne ou mauvaise instruction, & par con-séquent , c’est la choie la plus importante.

La première choie que l’on do t considérer en la personne du Mar-chand chez qui l’on mettra les enfans cn apprentillage, c’estles bonnesmœurs qui consistent dans la piété & la crainte de Dieu, la bonne toi,la justice St l’équité en toutes les actions.

La Seconde est l’habiíité, la capacité & le bon ordre qu’il tient dans laconduite de son commerce.

La troisième est qu’il íoic diligent, prompt, actif, assidu Sc attaché àses affaires.

S’il a ces bonnes quahtez - il est certain que les enfans auront une bon-ne éducation, qu’ds seront élevez dans la vertu, dansTamour, Sedansla crainte de Dieu : étant la chose que l’on doit k plus considérer, pusqu'il y va de kur íalut, ils apprendront pat le bon exemple Sc la con-duite de leurs maîtres, tout te qu'i s doivent savoir pour s'étabìir heu-reusement dans le commerce.

Sa promptitude Sc son activité feront qu’ils ne ser-ont point oisifs,parcc qu’rls seront tcûjours emploiez; un homme de ce tempéramentne pouvant souffrir que ses gens forent fans rien faire. Ainsi rl les tien-

E N F.

dra toujours dans leur devoir, ne leur souffrira jamais aucune action con-traire a la vertu, les reprendra de leurs imperfections, 8c par là il les ren-dra gens d’honneur, Sc capables de bien négocier quand ils travaille-ront pour kur compte particulier.

Les pores & les meres aiant mis leurs enfans en apprentissage, Scobligez par devant Notaire - pour k tems accoutumé dans 1e corps Sccommunauté ou ils les mettront, qui doit être du moins de trois ans,ils doivent savoir qu’ils n’ont plus aucune puiilàuce fur eux pour lesernploier dans leurs affaires particulières, que tout leur tems, leur travail,Sc kur application , doivent être pour k service de leurs maîtres, SCils ne doivent point les accoutumer daller chezeux, si ce n’est de temsà autre, pour recevoir leurs respects; outre que cela les détourne dcleur devoir , c’est que les maîtres nc 1e trouvent pas bon > que biensouvent ils prennent prétexté d’aller chez leurs païens, pour aller plusfacilement a leurs promenades, faire la débauche, Sc en ôter lacon-noiílànce à leurs maîtres, cn disant qu’ils viennent de chcz leurs peres Scmeres,

Pour réussir dans la négoce, deux choses font nécessaires aux enfans :l une regarde l’efprit , Scl’autre fe tempérament du corps. A l’égatdde l’eíprit ils ont besoin d’une bonne imagination, car c’est elle qui estjwropre pour les arts, les manufactures Sc lc négoce. Elle console àinventer de nouvelles étoíes, à être agréable à 1 achat, à Invente, Sc■à négocier les affaires, à être subtils Sc prompts a répondre par des ar-gumens naturels, quand l'on y trouve des de saurs : a lavoir bien éai: r,l’arithmetique, Sc les autres choies neceílaires à la professionmercan-tiik» Tout cela dépend <k la faculté Imaginative, laquelk se trouvancbonne dans les enfars, l’on peut dire qu’ils ont les quahtez requises pourbien-réussir dans k commerce. Pour ce qui estdu tempérament, il doitêtre fort Sc robuste pour résistera toutes les fatigues qui k rencontrenten faiiant 1e commerce, pour ks Volages tant par mer que par t enequ’ils font obligez de faire d.tns les Provinces du Roíaume, ou font lesManufactures fe ou se tiennent les Foires Sc les Marchez, Sc dans les Paisétrangers pour y acheter, vendre Sc debiterles marchandises: faire desballots -, manier -Sc porter aisément celle qui est de gros volume fans s'in-commoder. II seroit encore a souhaiter que toutes ccs bonnes quahtez,tant de l’elprk que du corps, fullént accompagnées d’une bonne mine,parce qu’elie convient fort bien à un Marchand : Sc la plupart du mondearme mieux avoiràfaire. Sc a travail ler avec un homme bien fait, pat-ee qu’il se rend toujours plus agréable, qu’avec un autre quin’a pas leméme avantage extérieur.

Prefupofé que ks peres Sc meres trouvent en leurs enfans ks dispo-sitions ce l'eípnt Sc du corps que je viens de marquer : iis doivent leur in-sinuer doucement 1c defìr de cette profession , plutôt par raisonnementque par autorité paternelle, Sc par des menaces asectées : car, commej ai dit ci-devant, il ne faut pas forcer ku t inclination, m ais bien leurtaire goûter les avantages du gain. Sc de la fortune qu’ils feront, s’ils em-brassent cette belle profession, pour les mettre à kur ailé k reltc de leursjours, cn kur donnant des exemples des Négocíans qui n’avoient au-cune chose quand ils se font mis dans k commerce , qui néanmoins y-ont arnailé de grands biens, par 1e moien deíqcelsils ontpouilc kuisenfans jusques dans ks plus hautes dignitez de la robe; caries jeunesgens aiment naturellement,1c plaisir, Sc la grandeur: mais fur touteschoses ils ne kur doivent pas taire connoitre qu’ils ont du bien ; au con-traire , car les enfans font naturellementambitieux, Sc quand ils croientque leurs peres ont de glands biens, ils méprisent la marchandise, Scn’en veuleut jamais entendre parler.

Les petes Sc meres qui mettront leurs enfans dans le commerce,doivent commencer dès l’áge de iept à huit ans a leur faire apprendre■les execices necalíaires pour cette profession ; c’est-a-dìre, a bien écri-re, bien savoir l’atithmetique , à tenir f es livres en partie double Scsimple, afin qu’ds ne s’écancnt pas du deilèin qn’iis ont pris de faire lenégoce ; même ks Langues Italienne , Espagnole Sc Allemande : par-ce quelles font tiès-nectllàires a ceux qui veulent négocier dans ks Paisétrangers.

Dans les heures où ils ne sent point emploiez à ces sortes d’exêrci-ces, il faut leu t faite lire les Histoires, tant de France, qu’Etrangeres,Sc ks livres qui traitent des Volages Sc du commerce, parce que cessortes de lectures forment merveilleusement le jugement d.s jeunesgens ; Sc ils y apprennent par tbeoiie, ce qu’ils doivent pratiquer quandris feront le commerce dans les Pais étrangers: car ils y aprendront ksmœurs Sc les c-oûtumes des peuples, avec lesquels ils auront a traiter ;comme aussi les matières qui font propespoui les manuiacturcs qu’ilsvoudront entreprendre, celles qui fervent aux teintures ; Sc générale-ment toutes fortes de marchandises qui sont propres Sc neceiiáues end’autres lieux où il n’y en a point; ils y aprendront encore celles quisont neceslaiies Sc qui y manquent, pour y envoler : car il faut remar-quer que de la connoiífance de toutes ce choies, rclulte l’acquisitionde:, glands biens, par lc double commerce qui s’y fait ainsi que je diraien son lieu.

II suffit pour rendre les enfans capables du commerce, qu’ils soientíavans en tout cé qui le concerne; les aunes Scieuces leur font non-íèulement inutiles, mais encore très-nuiíïbles: car l’experience nousaprend quelles enfans que ks peres Sc mens envoient aucolkgepourétudier la Langue latine, apprendre la Grammaire, la Rhétorique Scla Philosophie, jusques à Page dc dix-íèpt ou dix-lmit ans, ne sont jamaisguéres propres au commerce, Sc que de trente, il n’y en aura pasquatre qui s’adonnent a cette profession, s’ils-n’y sont forcez parleurspaïens.

La raison en est, premièrement, pareequedans les Colleges ils con-versent Sc contractent amitié avec d’autres enfans de personnes de qua-lité, dont ks peres sont dans lesCh.,rgcs de la Cour, ou de la Robe;leur entretien Sc kur conversation étant 1e plus souvent de la grandeurSc de 1 élévation de kur maison. Les jeunes gentils-iiomraes qui ontdes ièntìmcns élevés, par la grandeur de leuinaiûance, méj nient lecommerce, Sc toutes ks conditions qui lont au dessous d’eux : Scmême quelquefois dans leurs petites querelles, ils appellent par mo-