r8r E P I.
Si on veut cacher ce secret, il n'y a qu’à le mettre dans de l’ome-lctte, ou autre chose. Donnez la péíánteur d’un écu d’or une foistous les mois de la poudre du crâne.
XXV. Tirez de terre au mois de Mars des racines de la grande va-lériane sauvage inculte, avant qu’elles aient pouil'é des tiges, hites-lessécher, & réduisez-les en poudre; donnez-en environ un gros & demidans une demi cuillerée ou dans un verre de vin blanc. Cette poudresait suer & vuider par bas des vers, & procure souvent l’entiere gué-rison des épileptiques. Remarquez : r. Qu’on peut faire prendre cet-te dole dans quelque autre liqueur , comme de l’eau ou du lait.a. Qu’on doit faire précéder la saignée ou les purgations , selon laprudence Sc le jugement de ceux qui ordonnent ce remède, qui aparfaitement bien réussi à Mr. Marchant de l’Académie Roïale desSciences.
XXVI. - Consultez enfin ce qu’on a dit de l’Epilepsie sur le motVertige, ou sur celui de mal-cadvc.
E PIN A R, en latin Spinacia.
Dejcrtption. C’est une plante qui pousse ses tiges environ à la hauteurd'un pied. Ses feuilles sont larges, pointues, découpées & attachéesà de longues queues, dont la couleur est d’un verd obscur. Ses fleursfont à étamines, dune couleur herbeuse ou purpurine; elles naissentle long des tiges, depuis le milieu jusqu’en haut. Les fruits viennentdans des endroits séparez des fleurs; ce font des capsules ovales,danschacune delquelles on trouve une graine presque ronde , quoiqu unpeu pointue.
II paroit que les épinars n’ont point été connus par les Anciens, àmoins qu’ils ne Paient été sous un autre nom.
Lieu. Cette plante est a prisent fort commune dans les jardins po-tagers, ou on la cut;t;ve pour la cuisine.
^Propriétés. La pre-miere eau que les épinars rendent n’est pas fai-re. Ils amolilsent le ventre, mais ils font venteux. Leur suc est boncontre les piquenres des scorpions & des araignées venimeuses ; l’eaudistillé a le même ester. La nourriture des épinars est meilleure queçelle de l’arroche; ils adoucissent la rudesse du gosier &du conduit despoumons. L’eau cu’on en distille au mois d’Avril&dcMai,loríquïlsfont en fleur, est bonne contre les inflammations, les érésipdes & lesulcérés corrosifs, étant appliquée avec du linge par dehors.
Culture des Epinars.
C’est une des plantes potagères qui demandent îa meilleure terre, ouau moins la plus amendée. Ils ne !é perpetuentque de graines ; on lesl'eme en plein champ, ou par rasons da s des planches bien dressées,& c’est deux ou trois rois Tannée, a commencer vers le sixième d’Août& a finir un mois après. Les premiers font bons à couper vers lami-Octobre, les seconds en Carême, &lcsderniers aux Rogations. Ceuxqui restent après l’hiver montent en graine vers la fin de Mai, & onla recueille vers la mi-Juin. Quand on les coupe, ilsnercpoullentpascomme Tofeille , ou le persil : toute leur culture consiste à être tenusbien nets de méchantes heibes; Sc iiTAutomneestextraordmaircmcncsèche, il est allez bon dc les arroser quelquefois. On n’en replantepoint du tout, non plus que du cerfeuil, du cresson, Lee.
Potage aux Epinars.
Mettez dans un pot des épinars bien lavez, ajoutez-y de Teau,dubeurre, du fcl, un petit bouquet de marjolaine, du thím , de lamenthe ou baume , un oignon piqué de quelques clous de gérofles.Faites bouillir tout ensemble , & lorsque le potage est cuit a demi,ajoûtez-y du sucre à discrétion ; par exemple, un bon demi quarteron,une poignée de raisins secs, des cloutons en quantité, oudescrouresde pain fechées au feu ; achevez de faire cuire le potage , puis ledressez fur des soupes de pain.
Epinars Peurs ou fruits. Cette plante est fort semblable aux épinarscommuns, on a de la peine à la replanter, cile monte incontinent, &porte plusieurs baguilies chargées d’un petit fiuit de lagrofleur d’unefraisé - & de la couleur d’amaratitc; quand elle meurit 1 elle devientnoirâtre, & pour lors il faut prendre le fruit, le mettre dans seau, Scla graine qui est fort petite & noire ira au fond.
EPINE. C’cst un nom commun que Ton donne à plusieurs sor-tes de plantes : nous parlerons id de trois différentes especes d’épire ;savoir, de Tépine blanche, de Tépine de bouc, & de Tépirve vinette.
Epine blanche, Aubepin > ou Aubépine , eu latin Oxiacantha.
Dejtnption. C’est une plante, ou plutôt unarbiiílèau, dont les feuil-les font comme celles du camelon blanc , quoique plus blanches,plus ét oites, un peu plus rudes 5c plus piquantes. Sa tige s’éleve àdeux coudées de hauteur; elle est plus groílè qu’un pouce, blanche &creuse au dedans; elle produit à la cime une tête semblable auhcrislònde mer, quoique plus petite & un peu longuette. Ses fleurs font pur-purines ou incarnates. Sa graine est semblable au safran bâtard, maisun peu plus ronde.
Lieu. Cet arbrisseau croît dans les montagnes. II fleurit en Juin ScJuillet.
Propriétés. La racine de Tépine blanche prise en breuvage est bonneà ceux qui crachent 1e sang, & qui ont des douleurs d’eslomac &de ventre. Elle fait uriner & résout les apostumes froides. S, décoc-tion est admirable au mal de dent, ii on s’en lave la bouche. Sa graineétant bue sert aux convulsions des petits enfans.
L’EriNE blanche est sort cmploiée dans la campagne pour les haies.Votes ce qu’on en dit dans le mot de Haies-vi ve s.
Epine de bouc, en latin Tragacantha, ou Spina hirci.
Description. C’est un arbrisseau dont la racine est fort étendue, durecomme du bois, & couchée à fleur de terre. Elle pouffe quantité desurgeons, qui font fermes & durs, quoique fort petits: ils sont chargezd’une infinité de feuilles petites & menues, qui couvrent certaines pe-tites épines blanches, droites & forces.On fait des incisions dans la racine,d’où tort une gomme qui se congelé, Sc quort nomme «agaçant.
EPI. E P L. E P O. E P R.
Lieu. Cet arbrisseau croît dans TAsie, en Candie, autour d’Alep, dansplusieurs endroits d’Italie, & proche les murailles de Marseille.
Propriétés. La gomme qui sert dans la Médecine pour être bonne,doit être claire, puie, douce au goût. Elle reierre les pores du corps,Sc elle est bonne pour les yeux, pour la toux , pour l’âpruédu goiier,pour le rhume > & pour toutes sortes de catharres, la mêlant aveudu miel, & la laiflàur fondre sous la langué.
Epine Vinette, en latin Berberis.
Description. C’est un arbrisseau qui produit plusieurs jettons commele coudrier, qui rarement parvient a la grosseur d’un arbre; il est partout couvert d’épines longues, menues , blanchâtres & ailées à rom-pus; ellescroiíient tro:s a trois, n’aiant qu’un pied. Son écorce estblanche, polie & mince. Son bois est jaune, frêle & spongieux; il aquantité de racines jaunes, qui rampent presque à fleur de terre. Sesfeuilles approchent de celles du grenadier , quoique plus subtiles, pluslarges, moins pointues, & environnées de pentes pointes. Sa fleur vienten grape, fa couleur est jaune; il lui succède un fruit, qui est rougelorlquïl est mûr.
Lieu. Cet arbrisseau cioít au bord des bois & des haies; il fleuriten Mai.
Propriétés. Le vin qu’on fait du fruit de Tépine vinette , prisavec du sirop violât Sc de l’eau dans ses fièvres malignes , non-seulement ôte la soif, mais encore défend 1e cœur & se 'cerveau desmauvaises vapeurs.
Epie’. Chien épié. Terme de chasse. C’est un chien qui a dupoil au milieu du front plus grand que l’autre, & dont les pointes serencontrent Sc viennent a T opposite. C’est une marque de vigueur &de force.
E P L.
EPLUCHER. C’est un terme qui se dit proprement des fruits,dont :1 faut ôter une bonne partie,&fur-tout ses plus petits quand il yen a trop de noués, comme il arrive quelquefois aux abricotiers, pê-chers, poirriers, pommiers, Lee. Cet epiuchement se doit faire quandses fr its commencent â être gros comme des noisettes,ensortequ’ilsfont bien assenez; c'est-à-dire, qu’ils tiennent bien, & qu’aparammentils grossiront juíqu’à la parfaite maturité. Le mot deplucher se dit en-core à 1 égard du bois mort, & du bois même & chiffon, qu’il fautprendre foin dote:, soit aux figuiers, soit aux autres arbres fiuiticrs.
E P O.
EPONGE. C’est une plante marine qui ressemble beaucoup auchampignon, & qui naît dans la mer attachée aux rochers. Elle estlégere, molle & poreuse Les Anciens ont dit que leponge étoit zoo-phite; c’est-à-dire, qu’ellc n’étoit ni animal ni plante ; mais qu’elletenoit de Tun & de l’autre.
II y a deux sortes d’éponges ; savoir, le mâle qui a de petits trousblancs & danses, & la femelle en a de grands & de ronds.
II y en a qui ajoutent une troisième eípece, dans laquelle on trouvedes pierres, Sc quelquefois des noïaux, qui sont en forme de pom-mes ou d’amandes écocées : ces noïaux font bons contre les versdes petits enfans. A ses b.en examiner on trouve que ce sont de petitescoquilles.
Âvicenne dit, cjue Téponge est chaude au premier dégré, Sc sècheau second, Sc quêtant préparée; c'est-à-dire, brûlée & réduite en cen-dre , elle arrête tout flux de sarg , & qu’tllc est bonne pour cicatriser lesplaies Sc ses ulcérés. Les pierres deponge étant bien brûlées, sont pro-pres pour nettoïer ses dents, & pour rompre la pierre qui est dans la ves-sie, d’oû vient que Pline appelle cette pierre Cistcolnes. On seíerc ausside leponge imbibée de décoctions convenables, fans aucune autre pré-paration pour en fane des fomentations, qu’on applique chaudementfur la partie a'îligée.
Galien dit, que pour la préparer ; c’est-à-dire, brûler, il faut !atremper auparavant dans du bitume , ou faute de bitume, dans dela poix.
Eponge. Terme de chaise. C’est ce qui forme k talon des bêtes.
E P R.
EPR.EVIER. C’est un filet à prendre du poisson; on le fait dccette sorte.
On voir deux façons d’épreviers pour prendre du poisson, 1a figuresuivante est la plus commune Sc moins embarraslknte. Ce filet Oc-tant _pas aisé à faire, j’tfpere que lïnstruction suivante ne sera pointinutile a celui qui voudra y travailler.
La leveure se doit faire de douze mailles de deux pouces de large;on travaille ce filet en rond. I! faut faire dix rangs de mailles l'ur sememe moule avec quoi on fait la leveure , puis changer d’un autreplus petit du demi quart pour continuer dix autres rangées de mailles,moins grandes que ses premières, observant ce changement de mouleà tous ses dixièmes rangs , jufqu’à la fin du filet, qui sera par le basde petites mailles à ficher le bout du doigt, selon qu’on aura diminuéses moules par degrez, afin de prendre aussi bien les petits poissons queses gros. A mesure que vous travaillerez, jetiez des acruës, de six en sixmailles au deuxième rang d’après la leveure, & faites la troisième fansaerués. Puis jetiez encore des acruës au quatrième ran», & travaillez1e cinquième fans acroitrc, Sc au six acroiflèz; faites ainsi de tous sesautres, jufqu’à ce que se filet ait huit ou neuf pieds de hauteur, si vousne devez ou voulez prendre que les gros poissons, ne changez point demoule que de quinze en quinze rangées de mailles.
Le filet doit être fait de bon fil retors en trois brins, & quand il serafait, il le faudra teindre en couleur brune, Sc 1e monter de corde Scplomb en la maniéré qui fuit.
Aïcz vingt ou vingt-cinq livres de baies de plomb, plus ou moins,selon retendue du filet - qui seront grosses comme des bâles defusil, Sc toutes percées dans le milieu,'ainsi que ces grains de cha-pelet , pour ses ensiler de meme façon avec une corde médiocre-ment