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r'-ùtòt îls pouffent au Printcms, plutôt aussi on a les secondes fi-gues d’Automne. II arrive quelquefois qu’on a les premicres figuesmûres dès la fin de Juin & vers le commencement de Juillet , & lessecondes dès le commencement de Septembre. Au contraire dans lesterreinsfioids les figues ne font bien lorries qu environ la fin d’Avril,ou vers la mi Mai , Sc les premiers jets ne -commencent guéres nonplus de pouffer que dans ce tems ; ce qu-i fait que les premiers fruitsïi'y mûrillènt qu à la mi-Juillet ou à la fin , & les seconds vers la fin<se Septembre seulement.
Nous avons remarqué ci-devant que de cliaque œil resté au Prin-tems fur les groflès branches de Tannée précédente, quiíontles feulesqui donnent le fruit, à la différence des autres arbres dans lesquels cefont les petites branches qui ont cet avantage ; que de chacun de cesyeux , dis-je , il en naît une figue , & quelquefois deux ; enferre quechaque blanche contenant ordinairement six a sept yeux, ce íont au-tant de figues qu’on en doit sûrement attendre. Mais la maniéré dontce fruit nait mérite bien qu’on y salle plus d attention.
De là maniéré extraordinaire dont naifient les figues.
II n’est précédé d’aBcune fleur comme c’cst l’oidre commun de lanature, commençant règlement la production de fies fruits par des bou-tons a fleur qu’elle fait paroitre>& s’il y a d’auties plantes ou le fruitpareille- le premier , comme aux melons , concombres & citrouilles,il s’y forme toujours après une fleur,du lùccez de laquelle dépend lapcisection de ce fruit ; au lieu que la figue ni-t tout d’iin coup par-faite íâns fleurit & fans qu’il paroisse encore aucune feuille.
Xa figue fort de Tanc-ien nombril de la queue de certaines feuillesde Tannée précédente , c’cít à-dite , d’auprés l’endroit où étoient lesfeuilles, qui, l’Eté précédent ont été poullécs , & n’ont point portédu fruit; car Ton doit fe ressouvenir de ce que nous avons dit ailleurs,qu’il ne vient jamais deux fois des figues a un œd,de forte que celuiqui en poulie en Automne , soit qu'elies ayent mûri ou non , n’enpoulie plus d’autres au nouveau.
Les figues de la seconde leve naillënt auílì de la même maniéré ,■c’cst à-dire, du nombril de chaque feuille poullée depuis le Printcmsjufqu’a la mi-Juin , qui est à peu près le teins du Solstice d’Eté, L parconséquent celui du redoublement de léve dans les plantes. Le nom-bre d-, ces figues ne va non-plus en nos climats qu’a cinq > six ou septtour au plus fur chaque bonne branche. On dit bonne branche , par-te qu’on fait que chaque branche n’est pas telles. Les solides ne lau-roient avoir cet avantage , ni les gros rejettons du pied,ni toutes lesbranches Ionies de la taille faite fur le vieux bois , ni même les grollesbranches qui naillënt en faux bois du corps de Tarbre : li bien qu’il n'ya de bonnes branches que celles qui nailknt raisonnablement grolles,& suivant Tordre naturel dans lequel font produites les branches entoutes fortes d’arbres.
Ce n’est pas encore tour. Ce qu’il y a de singulier dans la produc-tion des fruits de cette efpéce , c’est que dans les autres arbres, lesplus beaux se trouvent ordinairement placez à Textrémité des bran-ches , (ur tout de celles qui font fossiles, & il ne s’cn fait qu’une foischaque année , mais la nature pratique le contraire pour les figues.Car comme on Ta déja dit plus d’une fois, elle coproduit deux fois paran , & elle ne le faic guéres que lin les grolles branches,de maniéréque particulièrement pour TAutomne, elle n’en fait que fur les arbresastëz vigoureux. Elle place les premières & les plus grolles dans lesparties les plus éloignées de 1 extrémité, & les autres diminuent àro-porrion quelles en sont plus ou moins proches ; Sc elles liiivênt com-munément le même ordre en mnrillant.
La maniéré dont le figuier d’indc fait ces productions , tellementque fans avoir ni tige ni branches, il se sert de lès feuilles pour íè mul-tiplier & s’acroître, est lùr cour très lùtprenante & une des choses quifans doute mérite le plus Tadmiration de l’homme.
Observations. Comme les figues de la premicre fève font pour Tordinai-re affuées de mûrir toutes a la lin de Juillet & pendant le mois d’Août,s’iL ne fui vient quelques fraîcheurs qui les fa Ile n r tomber , &ÍÎ pendantces mois de chaleur elses ne font point gâtées > ou par trop de pluycs oupar des ardeurs trop brûlantes. On voie bien par là qu‘d est plus important-de travailler à avoir beaucoup de ces premières figues, que celles de la se-conde fève,delquelses on ne doit espérer de voir mûrir que celles qui■étant néesdcslami-Juin, fe trouvent prefqu’cn grosseur avant la fin deJuillet, encore faut-il que ce (bit dans un terroir allez chaud & sec, Si queV Au tourne soit accompagnée de cha’eur , & exempte de gelées & depluyes froides, comme il n’est que trop commun d'en avoir.
D’ailleurs il n’y a toujours que trop de ces secondes figues. La rai-son est que les figuiers qui se portent bien , font ordinairement pen-dant le Printcms beaucoup de jets allez beaux, & que chaque feuillefaire devant la Saint Jean porte régulièrement une figue , soit pourl’Automne de Tannée même qui court, foi: pour l’Eté de Tannée sui-vante, quand la figue n’a pas paru dans TAutomne.
C’est ce quelles font presque toûjous , & qu’il seroit à souhaiterquelles ne frisent point;car de toute cette grande quantité de figuesqu’on voit paroìtre pour TAutomne , la plupart viennent inutilementpar la difficulté qu’il y a quelles mûrillènt, à moins qu’une très-bon-ne expression ne vienne au secours ;& souvent même les pluyes froi-des Sc les gelées blanches les font périr , en les faisant crever, ouvrir& ensuite tomber. Que si elles se conservent vertes attachées a Tar-bre, y n ne doit pas pour cela s’atcendre qu’un renouvellement de fèveau Prinrems les puiile porter à maturité, elles tomberont immanqua-blement , & ne donneront jamais aucun plaisir ; mais plutôt du cha-grin de ce qu’elies auront occupé dans TAutomne une place ou ellesìwiroícnt mieux réussi Tannée d’après.
Les figuiers chargent moins en premier, > ar une raison opposée àla précédente. Comme on n’a des figues fl-u-s qii’à proportion desjets & des feuilles poullées depuis la Saint Jean de Tannée précédente,juiqu’a la fin de TAutomne . Si que souvent les figuiers,particuliere-
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ment ceux qui sòltt en caillés > nc font que peu de branches & affe* -courtes , parce qu’iis n’ont guéres de vigueur pendant l’Eté , Sc quecependant ils ont leurs fruits à nourrir. II arrive de la qui! n’en làu-roitnt donner beaucoup au Prinrems, d’autant q e les branches fossilesne font propres ni a en faire dans ce tems-la , ni quand elles en fe-roient , a le conserver contre 1 intempérie de la saison. 11 faut donc ysuplécr autant qu’on peut ; 5; purique le tout dépend des beaux jetsqu’on fait des figuiers après la Saint Jean , on doit prendre foin quele pied loir toujours bien vigoureux pout cela , & ne lui rien épar-gner des secours qui lui conviennent en cet état.
Pour eonndnrc les Figues quand elles font mûres.
II nous reste à parler de la maturité des figues & à quoi elle fecon-noìt,afin de pouvoir cueillir un fruit íì précieux dans 1e point de bon-té parfaite qui lui est particulier , fans quoi Ton sc donneroit en vainbeaucoup de peine & de fatigues. On doit être en cela ù’autant plusexact , que les figues sont du nombre ries fruits qui durent le moinsbons à manger. II y a des fruits , par exemple , les poires de bonchrétien , qu’on peut manger pendant un mois Sc plus. D’autres nesont bons qu’une semaine , comme les rouíselcts > le beurré , la ber-gamote, la verte longue,Sec. Qudqu'atmes durent davantage, com-me les raisins , les pommes & presque tous les fruits d’Hivcr. Maispour les figues elles n ont qu’un jour ou deux , non-plus que la plu-part des pèches. Ainsi il est important de les bien prendre dans leurtems , pour n’avoir pas à le reprocher de n’avoir lu profiter d’une lìagréable récompense de tous les foins qu’on a pris.
On juge de la parfaite maturité d’une figue à la voir & à la tour.cher : c’est pourquoi, li après avoir paru à l’œil d’une bonne couleur»jaunâtre ou autre qui appartient à ion espece, d’une peau ridée & unpeu déchirée,d’une rête panchée,& d’un corps pour ainsi dire ratati-né Sc tout rapetissé, on la trouve moêleusc ious les doigts,& qu’ellevienne a quitter Tarbre pour peu qu’on la soulevé ou qu'on Tabaille jon peut alors cueillir hardiment cette figue , comme tout-à-faìt m li-re & parfaitement Donne : mats li avec toutes ces premières apparen-ces elle ne quitte pas facilement , il la faut encore tailler pour quel-ques jouis , n étant jamais allez mûre quand elle résiste. Que lì cet-te figue , ayant toutes les bônnes marques de maturité , a été cueil-lie par une main habile, & qu’cniùitc elle loir f’trvie,il est inutile dcla tâtonner rudement,comme font plusietus gens grossiers. On doit jugerqu’elle est bonne à prendre & à manger, à la voir feulement ; ou li Ton ypoire la main, ce ne doit être que pour la toucher doucement & du boutdu doigt, non pas vers la queue ; car ce n’est pas la partie la plus mûrecomme en beaucoup d’autres fruits, mais a Textrémité plus éloignéequi est toujours la meilleure & qui pat vient la premicre en maturité.
II ne faut pas lailser tellement mûrir les figues que la queue s’er*détache;ce seroit un deftàut si ellfc n’y étoic ; as.puiíqu’elle y fait uniagréable ornement. En les cuciTant il les faut mettre dans une cor-beille garnie de quelques feuilles tendres Sc délicates, comme sont lesfeuilles de vigne > & les placer ihacune séparément de l’autrc , (ansqu’elies se pressent lur les cotez, ou qu’elies soient les unes fur les au-nes, La pelanteur de celles de dctìus seroit capable de meurtrir ccl csde délions. Rien aussi ne leur seroit si contraire que nette placées furl'œil, parce qu’elies le vuidcnt par là de ce qu’elies ont de meilleur jus.
Propriétéz, des Figues & leur bon usage.
La maniéré d’en user avec profit est de les manger Testomac vuidá& avant le repas, comme tous les autres fruits qui lé corrom pent aisé-ment. Les mangeant ainsi avec du pain , elles ont des vertus admira-bles; car elles tempèrent les viscères Sc y apparient l’exccz d’une cha-leur importune. Elles pioduiscnt encore pluíieul's autres bons esters *elles étanchent la soif, adoucilîent la poitrine & facilitent la respiration îelles dríèmbaralsent le foie & la rate des obstructions dont ils sont affli-gez ; déchargent les reins & la vessie de leurs glaires & de leurs làblons,sachent le ventre, & enfin noiirrillènt & engraiffent ; témoins les Atic-tes.qui 1 tutoient plus courageusement Si avec plus de vigueur,quaníils ne vivoient que de figues & de pain ; témoins encore les Gardiensd. s figues, qui , au nport de Galien , étoient si gras, parce qu’ils ncmangeoient presque que des figues.
Les figues ont encore cela de particulier , qu’elies contribuent à lavigueur des jeunes gens & à la santé des vieillards ; íi-bien que ceuxqui en usent souvent, ne souffrent point de rides fur leur visage. Laraison qu’on en rend, est que les figues par leur matière grasse engen-drent un (àng qui adoucit beaucoup ; & cette méme matière étantportée à la superficie du corps , y est tellement épurée aussi-bien quele sang , de tous les excrcmens sereux & superflus > que ce qui reste»sert dc tard naturel , & rend le visage enticrement net & poli.
Une des autres proprietez des figues est de pénétrer , nettoyer 5c.digérer , comme étant chaudes au premier degré , & humides au se-cond : & parce que cette humidité les faits corrompre bien-tôt, cela.nous oblige à les manger avec du pain devant le repas , afin que !elevain du pain en corrige les mauvaises qualitez. . ,
C’est une maxime dans la Médecine, de commencer tofìjours par leschoses les plus humides & ses plus aisées â digérer quand on dine oMquand on soupe;& c’en est encore une autre,qu’après les fruits douxSi sucrez , & qui avec cela palìènt bien-tôt , on doit plutôt boire del’eau pure , ou de l’eau mêlée avec un peu de vin , que du vin pur ,le vin pur emporte , dir-on , trop promptement dans les veines lac-tées la matière des figues, & avant qu’elle soit digirée ; ainsi elle cau-se des vents Sc des indigestions a ceux qui en boivent dc la lotte-, ail1 eu que l’eau piocurant une fermenta ion plus lente , les figues se di-gèrent mieux Sc font ensuite un sang plus louable.
Les personnes faines ne font pa- se-s seules qui se trouvent bien deTufage de ce fruit, il profite aulsi/rux malad.s, & rien n’est plus salu-taire a ceux qui ont ia fièvre & le ventre resserré, qu’une figue à
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