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ils prennent de profondes racines, & les font crouler. Son bois est dur I& blanc , son écorce est cendrée & ridée. Ses feuilles sont semblablesà'celles du Peuplier blanc, qui deviennent ensuite triangulaires: ellesfont dures, unies, attachées à de longues & menues queues; le goût enest amér, acre Sc picquant. Le Lierre commence en Automne a jetterde petites fleurs jaunes & velues, d'où naissent des fruits ranger engrappe, qui font vads au commencement, & puis noirs-, ils mûrittent au mois de Janvier.

Lieu. Cet arbnílèau croît par tout le long des murailles dans les Jar-dins, soit en arbre, soit en arbrisseau.

Proprìetez. La gomme qui distille du Lierre > tuë les Poux & les Len-tes. Les feuilles pilées avec du Vinaigre &del’Eau Rote, & appliquéesfur le front Sc fur les temples, arrérent la frenesie, elles sont fort bon- .nés contre le mal de tête qui vient du cerveatl.

LIEVRE. C’est un animal à quatre pieds couVert d'un poil grîstirant sor le roux. Sa tête est courte, ses oreilles sont droites Sc lon-gues ; il fe nourrit d'herbes, Sc habite la campagne Sc les bois. Le mâleest appellé Bouquet , la femelle Hase , & le jeune Licvre Levreau. Ilest en rut dans les mois de Janvier, Fcvrier Sc Mars.

Maniéré téapprêter les Lièvres,

Le Lievre est fort recommandable póur la cuisine, quoique fa chairsoit difficile à digerer, & qu'cíle engendre un soc aíìcz grossier & mé-lancolique, au lieu que celle du Levreau est fort délicate & agréableà manger.

. Lievre rôti. Pour aprêter un Lievre, on commance par l’écorcher',puis on le vuíde, Sc après cela on le larde pour le mettre en broche,í’aiant frotté auparavant avec son foie ponr le rougir. On le mangeou à la Vinaigrette, ou à la sauce douce.

Lievre en civé. On sert encore le Lievre en civé, & voici la maniéré. •On prend un Lievre dont on levé entierement les cuisses Sc les épaules,puis on coupe le reste par morceaux qu’on larde de gros Lard, pourensuite les palier a la poêle, ou au Sáin-Doux, ou au Lard fondu. Celafait, on mìet le tout dans un pot avec du Vin blanc, qu'on allaisonnede Sel, de Poivre, de Muscade, de Laurier , d’un peu d’Orange & defines herbes, Sc on le Iaillé ainsi cuire, pour le servir tout chaud lors-qu’li sora par Venu à ce point.

Levreau. Les meilleurs levreaux sont ceux qui sont nez au rhóis deJanvier, lorsqu’ils font de demi, ou de trois quarts, comme il arrivequelquefois qu’un levreau a acquis fa grandeur naturelle, ce qui fâítdouter de fa jeunesse, pourlors Sc asm d’en être certain, on a coutume ’de lui prendre les oreilles pour les écarter , & fi l’on remarque que la 1peau fe relâche, c’est signe qu’il est tendre ; mais àu contraire si ellesemble ferme, elle témoigne sa vieillesse.

Levreaux rôtis,

On mange les levreaux rôtis de la même maniéré que les Lièvres ;

& avant de les mettre a U broche, on observe toujours de les rougir deleur (ang, & de les larder pour être servis à la poivrade lorsqu’ils sontcuits, ou bien à la sauce douce, ou a la vinaigrette, on n’a qu’achoisir.

Levreaux en ragoûts.

Kitz un L“vreati, coupcz-le par quartiers, lárdez-le de gros Lard,avec la lardoirede bois, soites-lecuire avec du bouillon, assaisonner letout de Poivre, du clous dêGérofle, & d’un verre de Vin; & lorsquela cuillòn en est faite, prenez le sang, & le foie, que vous palserez àla poêle avec un peu de farine, mêlez le tout ensemble avec un filet deVinaigre, Sc le servez. _

Pâté tk lievre. \

Pour faire une pâte propre à renfermer toute sorte de Venaison, onprend trois livres de Farine, une livre de Beurre, Sc du Sel raisonnable-ment, & le tout ainsi mêlé, on lc détrempe. Sc on fait une pâte d’unebonne consistance; la pâte faite on larde le Lievre de moienLard, &on sassiilonne de Sel, de Poivre, de Muscade, de Clous de Céoflcs,

& de Laurier, avec quantité de bardes au fond du pâté, & un peu deBeurre ; l’alîasonnement sart de cette maniéré > on met le Lievre dansuneabaiíle qu’on accommode artistement. Sc qu'on met cuire au four,après savoir doré avec des jaunes d’œufs : le Levreau se pátiiîe de même.

Levreau a la daube. Coupez un Levreau par quartiers, larde z-! e degros Lard, puis faires le cuire dansdu bouillon AvceduSel, du Poivre,des clous de Gérofle, & un peu de Vin; quand il fera cuit palier à lapoêle le foie Scie sang avec un peu de Farine; mêléz-le tout ensemble,cn y ajoutant un filet de Vinaigre, des Câpres Sc des Olives désossées.Ce mets se sort chaudement pour entrée.

Omelette a la Turque. Prenez de la chair d'un table de Lievre oud’autre Venaison, hachez-la menu avec un peu de Lard gras, Pistaches,ou Pignons, ou Amandes, ou Avelines, ouNoifettes pelées, ou desMarrons, ou Châtaignes rôties & pelées, ou de la croûte de Pain cou-pée par morceaux cn guise de Châtaignes; astàifonnez ce hachis deSel, d’Epiccs, Sc de quelque prude fims herbes.

Si la chair est cruë ri faut faire fondre du Beurre, ou de la Moële,ou de la bonne graillé coupée bien menu; quand il sera fondu dans lapoêle, vcrllz y la chair hachée & ailailonnée des mgrediens susdits,

Sc faites-la cuire ensuite. Puis faites fondre du Beurre dans une poêle Scfaites-en une omelette , Sc quand elle sor a cuire ajoûtez-y ic hachis, 6cfetirez-la. de la poêle avec une écumoire ou une assiete fans rien rompre,mettez-la dans un plat, enlbrte que le hachispatoiflé destùs, puis onarrosera l’ome’ette avec dujusde Mouron ou d’aucre viande rôtie, râ-pez-y de la Muscade par dessus ; on peut ajouter des morcillettes depain frites, des tranches de Citron découpées.

Si la chair de Lievre ou d'autre Venaison est cuite, il n’y a qu'â l'ha-cher , l'assaisonner & faire eniuite l’ome'ettc. Quand este fera cuite àdemi, ajoûtez-y le hachis, Sc achevez dc la faire cuire.

Propriété!,. En Medeeine, le íâng de Lièvre Sc même fa peau encore

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tonte sanglante, sont beaucoup estimées pour la pierre. Son c illé dit,Coagtdum Leporis , est un excellent alexiphavmaque, il sert contre léspicqueures des bétes venimeuses, Sc pour dissoudre tout sang caillé »loríqu’on le prend dans du Vin. Sa cervelle cuite où brûlée, est bonneaussi pour fortifier les nerfs.

Remède contre lés douleurs dans les bras ou autres parties du corps ',causée par des ferofitex. ou des vents.

La peau de Lièvre dont le poil sera appliqué du côté de la chair d’unèpersonne qui souffre de grandes douleurs causées par des serositez, esttrès-souVéraine ; cent & cent fois’, depuis quarante ans, je m'en sers Scje sois soulagé & guéri, si d’abord je prens ces peaux de Lièvre.

Vertu du poil follet d’un lièvre.

Il le faut incorporer avec le plâtre 8c Rappliquer furies tumeurs.

Chasse du Lièvre.

On chasse le Lièvre dans les plaines avec des Chiens ; c'est un animalfort rusé, il est timide , mais agile & foi c vite à la course.

Quand il fait beau rems les Lièvres tiennent les gaeréts, mais quandil a plu, ils tiennent ses friches ou sont prés des chemins, fendant l’Hi-ver Sc lorsque le vent souffle il faut chercher les Lièvres au fort, où ils seretirent pour fe mettre à l’abri. II n’eit.poinc â propos de mener lesChiens lorsqu’ily a encore de la rosée, paicequ’elle leur rorript l’odo-rat, à moins que ce ne soit pendant les grandes chaleurs.

Quand les Chiens ont rencontré > il faut tenir la voye du Lievre, Sc lcsuivre jusqu’àce qu’ìls l’aient lancé. On doit toujours lancer les vieuxChiens avant que les jeunes.

On chasse encore les Lièvres avec les Bassets Sc le fusil, on les prendàux Lévriers & a l’afût, on leur tend aussi des pièges, comme des col-lets ou lacets, dont nous allons parler.

Maniéte dont lés Paifans prennent les Lièvres astx collets.

Plusieurs prennent les Lièvres aux collets, qui sont faits de fil de fer »ou pour le mieux de leçon recuit gros comme une épingle «ommune;aûquel on fait une petite boucle à un des boucs, Sc l’autre se pâlie de-dans pour le tenir fermé en rond comme pour y passer un sabot, ou ungros soulier, Sc quelquefois davantage, selon la grandeur du trou patou passe le Lièvre. Quand le fil de leçon est trop foible, on lc met eftdouble, en 1e tortillant ensemble.

Celui qui chaste ordinairement aux collets, nfc manque pas une fêteni un dimanche de se promener autour des pièces dc terre ensemen-cées , Sc de regarder au long des hayes s’il reconnoîtra la paslëe d’unLièvre, ce qui s'àperçoít facilement à cause qu’d demeure du poil aupassage soit d’un Lièvre ou dc quelque autre animal qui y aura passé.Q-and on a reconnu le passage de son gibier » il ne manque pas de lo-to rner voir le lendemain, s’il y aura encore du poil asm d’ètre plusáilûré si c’est une passée ordinaire, 8c pour lors il tend un collet encette sotte ; voiez la Figure ici jointe, qui represente une baye dans la-quelle je sopose qu’ùn Lièvre passé par ces trois endroits marquez deslettres M. N. O,

oVfïtêé

Le Colîetcur prend du Blé verd ; du Geriet, dù Serpolet, ou des crû-tes ou fiente du même Lièvre qu'il trouve dans le champ, il en frotteses mains Sc les collets, puis s’aprochant du pillage L. le nez auvent,il attache un collet à une branche de la haie la plus ptoche de la muce »par exemple, a 1a lettre N. enserre que la bête ne puistè paííét íknsmettre la tête dedans: & si par hazard lc pasláge n'est pas rond, Siqu’il soit plus haut que large, comme il est au lieu marqué des lettresM. P. Q. il prend deux peuts morceaux de bois gros comme une plumeà écrire, qui sont un peu fourchus par les deux bouts, il les pique fousle collet pour le tenir à la hauteur qu’il est neceíìaire, ainsi qu'ils soncmarquez des lettres P. Q^Sc si lapaiice est trop large pour y tendre uncollet, il l'ctrecit avec quelques branches qu’il pique a côté, mais il n’ymet pás le collet que le Lièvre n’y aitpasté une autrefois depuis que lespetites branches y auront été posées, & si cc n est qu’un Levraut quiait accoutumé d’y palier, il ne s’épouvcntera pas, quoique le paslageloir étreci; mais un Lièvre sera bien trois ou quatre nuits avant que lchazaider d'y pasler; tans laistèr, pourtant d’y faire quelque revue deloin, Sc s’apíocher de la muce à cause du changement. Les vieux Liè-vres qui sonc plus rusez, bien qu’on n’ait point augmenté ni diminueleurs passées, connaissent toujours bien que lc collet n’avoit pas accou-tumé d’y être: ùiníì ils grattent des quatre pieds tout autour & dans lamuce pour le ranger, puis ils pistent dedans, ce qui fait que l’on trouYCtous les matins Ion collet seriné au côté de la miíce.

Autre moten pour prendre les Lièvres qui font rusez. auxcollets tommuns.

On fait par expeiienee que les vieux Lièvres ne passent point datis

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