MIS.
XV. S’ils n’òublient pas à lire, non pas à réciter par coeur le matin &le soir, la priere & l’abrtgé de notre créance, après la prédication pouren initruirc inleníibkment les personnes qui les écoutent, Scies accou-tumer a la faire eux-mémes eníuite dans leurs maisons, toute la familleensemble , Sc íi pour cela ils la font courte, intelligible, afin que toutle monde la puiíh apprendre & pratiquer.
XVI. Si lorsque FEvêquc veut donner la Confirmation, durant ou àsi fin de la Million, ils n’ont pas trouvé que la meilleure façon qu’il ya d’cn ínílruire les personnes qui doivent la recevoir > est de lire en Chai-re l’instruction qu’on a destiné pour cela, durant huit jours, au lieu del’abregé ordinaire; car par ce moícn on apprend aux petits la sainteté &les dispositions nécclìàires que requiert ce Sacrement, ce qu on ne peutpas faire par des Catéchilmes ou il n’y a presque jamais que desenfans.
XVII. Si dans leurs Sermons. & fur tout dans ceux du matin, quine doivent être ordinairement qu un grand Catéchisme > ils ne font pointtrop longs ; & si au lieu de ne songer qu’à enseigner familièrement enla langue vulgaire du fais, tant qu’il ie peut Se l'elon la portée dupeuple , les vérité? qui peuvent étte utiles au salut des aines, ils con-tinuent un teins íi précieux en des choses curieuses, trop relevées &peu profitables.
XVIII. Si les Prédicateurs le (ont remplis de toutes les Sciences né-cclìài*es fur les vérité? de l'Evangile > des Peres, des Canons, Sc prin-cipalement fur les Décisions du Concile de Trente, de la justification,pour pouvoir apprendre a leurs Auditeurs, que personne nc peut êtrejustifié par la Loi de Moïíè, ou pat celle de la nature, fans la grâce deDieu par Jesus-Christ: que le libre arbitre ne peut faire le bienfans 1a même grâce de Jesus-Christ: que Fhomme ne peut croire,aimer Sc esperer, ou faire une vér,table pénitence, s’il n’est prévenu& assisté par le Saint Esprit: que le libre arbitre étant meu Sc excité deDieu, agit Sc coopere de telle forte qu’il peut, s’il veuc résister & ne pasagir : que la crainte de f Enfer, lorfqu’elle nous porte á ne plus offenserDieu, est bonne: que la foi seule fans la charité Scies bonnes oeuvres nesuffit pas : quon ne peut fe promettre la persévérance finale dans lagrâce, lans un secours ípécial de Dieu : qu'il n’est pas impossible degarder les Commandemens de Dieu: qué ceux qui ont péché après leBaptême, & s en font relevé par la pénitence, font obligez de satisfaireaux peines temporelles, emore.que les Sacremens leur aient remis lespeines de l’Enfcr Se effacé 1a coalpe. Enfin si leur vie est exemplaire, s’il siònc gens d’oraison, mortifiez, pénitens, Se d’édification à tout le monde,
XIX. S’ils n’abultnt jamais de la Chaire pour déclamer contre quel-que particulier, afin de contenter leur passion ou leur vanité, au lieude ne songer qu'à reprendre les vices, lans désigner personne, ni ex-citer l’auditoiie a rire par des termes bouffons, des gestes ridicules, deshistoires apocriscs, ou par des miracles incertains.
XX. Si dans les Sermons, dans les Exhortations, ou dans leurs Dis-cours, ils ne rapportent jamais des cas ou de s histoires qui leur font ar-rivées dans le Constssional, qui peuvent donner quelque atteinte ausecret de ce Tribunal > qui doit être Ii inviolable , ou êcre injurieusesaux Curez, en les blâmant indirectement, Schiller de mauvaises im-pressions d’eux dans les esprits des fossiles.
XXI. S’ils étendent leurs foins pour le petit Catéchisme aux bergers,aux vachers Sc serviteurs, servantes , vieillards Se pauvres malades ,comme pour les enfans, & s’ils leur donnent des heures & des remsqui soient commodes a ces sortes de gens, qui n’en peuvent gueresavoir que le %r après leur travail.
XXII. S'ilâestincnt pour ces Catéchismes quelqu’un d’entre euxqui ait l'expériente d’r.n emploi de cette importance , qui sache inter-roger à propos les plus habiles d. s choses utiles & nécessaires, qui par-le peu , & salle beaucoup parler les enfans, qui ne les excite pointa rireni à bouffonner, qui les contienne dans la modestie, & dans l’atten.tion avec douceur & charité; enfin qui les.exerce tous les jours á desCantiques spirituels, comme le seul moien presque qu’il y a pour ban-nir les mauvaises chansons, Se pour accoutumer de bonne heure touc lemonde à chanter ses louanges de Dieu en travaillant; mais il saur re-marquer que la prudence chrétienne ses oblige à leur en procurer ,qu’on ne chante point fur des abs mondains, ni remplis de paroles sa-les, galantes, ou à double sens, de peur de leur rappeller parles unesle souvenir des chansons prophanes, Sc par ses autres scandaliser les foi-blcs, ou de leur donner quelques idées avantageuses des hérétiques, oude leur remplir Fefprit de mauvaises pensées.
XXIII. S’ilsont négligé de procurer des écoles chrétiennes pour le-ducation de la jeunesse,. par tout où ils ont pû en faire connokre sesavantages, la facilité & Futilité, qu’ils peuvent faire voir dans 1e Livreui a été fait fur ce sujet dans le Diocèse de Beauvais, Sc dans celuiu Séminaire de S. Nicolas du Chardonnet.
XXIV. Si outre ses Sermons du matin &du soir, l'Oraison mentale& ses petits Catéchismes, ils ont loin de s’appliquer encore à deux au-tres fonctions d’une très-grande utilité.
La premiere, est de faire des conférences deux ou trois fois la semainedans quelque Chapelle ou sise particulière, tant pour les Ecclésiastiquesdu lieu , que pour ceux des environs, pour leur montrer quelle est ladignité, la perfection Se la sainteté des Prêtres : quelle doit être leurscience pour pouvoir s’acquitrer dignement de toutes ses fonctions deleur Ordre: quelle doit crie toute leur conduite , comment leur vie doitêtre réglée, afin que leurs mœurs soient â tout le .peuple des exemplesde pieté: Fobligation qu’ilsontde fuir Favarice, Forgueil, l’impurecé,l'oisiveté Sc l’ignorance, & de porter ses peuples à embrasser les vertusoppoiées à ces vices.
XXV. S’ils tâchent detablir entre eux & les Missionnaires Funifor-míté dans Fadministration du Sacrement de Pénitence , & dans tout lereste de la discipline Ecclésiastique.
La seconde, est une Doctr ine, ou un grand Catéchisme par deman-de & par réponse, qui est un moien admirable pour enseigner a fond laPriere Dominicale, la Salutation de la sainte Vierge, le Symbole desApôtres, les Sacrcmens, ses Commandemens de Dieu, Sc les Sermons
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mêmes leS plus utiles, qu’on peut réduire après les avoir prêche?, erldemandes nécessaires pour expliquer dans un ttès-grand détái! toile ctíqu’on veut : mais il faut que le Missionnaire qui monte en Chaire, soitconvenu auparavant avec celui qla'il doit interroger , & qu’il s étudiéà faite ses réponses précises Sc fuccintes, après avoir répété robt haut lademande qu’on lui aura faite ; il n’y a qu’a en faite le moindre cllai»pour être convaincu des grands avantages qui en reviennent.
XXVI» S’ils prennent toutes ses précautions qui sont nécessites lossequ’il n’y a pas assez de Confessionnaux pour toiis ses Confcllèttrs, dale mettre en un lieu & dans une posture qui empêchent ses emmes dés’appuier fur leurs genoux, ni la tête I’une contre Faune En sectìníesisinr, ni personne íi proche d’eux qu’on ses puisse entendle ; ce qui estpvelque inévitable, a moins qu’il n’y ait une distance considérable en-tre 1e Confesseur & les autres qui ne le confessent pâsertcore.
XXVII» Si tous faux prétexte que la Mission finit, ou q tic ses pêni-tens leur parodient un peu touchez, ils ne précipitent pas ses absolu-tions à la ruine entiere des âmes. Ce sont ces flatteurs Lc ces impur-dens, dit saint François de Sales dans Faveitiflèment â fcs Confesseurs»après saint Cyprkn, qui font glisser dans FEglite une douce cruauté»qui se couvre dunom de miséricorde & de pieté. C'est de cette forted’absolucion, ajoûte-r’il, d’où naît une fausse paix, pernicieuse- à ceuxqui la donnent, & inutile à ceux qui la reçoivent, parcequVn liseuraccordant on couvre seulement ses plaies des mourans, au lieu d’ap-porter de véritables remèdes a leurs maux, & on rue ses malades au líeilde ses guérir.
XXVIII. S’ils continuent, comme òn fait en quelque Diocèse, décélébrer une grand’Mdlc du Saint Esprit cn arrivant, & a la fin undautre du Saint Sacrement ou des morts, au lieu de lé contenter d’uneMesse basse, pour ne pas consommer à chanter se terris qui est destinéà Finstniction des peuples, & pour ne pas donner occasion de quitterFEglisc à ceux qui n’onc ni 1e loisir ni la dévotion d’assister à Ugrartd’Mellè.
XXIX. S’ils ne manquent point dès 1e premier Jour de leur áriivêdd’aller tous ensemble adorer le Saint Sacrement de l’Aute! dans 1.1principale Eglise, de visiter ensuite ic Curé poùï lui rendre sems de-voirs, lui montrer la Mission qu’ils ont de FEvcque, Scieur pouvoir !convenir avec lui de la conduite extérieure qu’ils doivent ter.it dans lélieu > Sc suivre ses avis en tout ce qui lé peut ; de-!a s’ils én ont lérems, ou dès se lendemain, chez se* Seigneur de la Terre > citez sesprincipaux Magistrats ou Officiers de Justice, chez ses Echevins ou Con-suls, Se autres 3’une particulière considération, pour leur demander àtous l’honneur de leur protection cn tout ce qui est nécessaire poufle bien de si Mission.
XXX. Si se Directeur de la Mission est allé hli-même avec se Curé,ou quelque personne du lieu, d’une pieté reconnue, faire si visite detoutes les maisons, pour consoler les malades, s’informerlì tous sivenîleur croïance, si on y fait la Priere en commun , s’il n’y a point dédivision entr’eux, íi ses enfans passé l’àge de cinq à lìx ans couchonsavec leurs pere Sc mere, ou ses garçons avec ses filles,
XXXI. S’ils ont, sous le prétexte d’occuper se peuple, exposé ou portéen Procession se Saint Sacrement, Sc donné si Bén diction, a la réservéde celle qu’on donne tous ses soirs après le dernier Sermon, se reste étaufcontraire à Fefprit de FEglife, aux Ordonnances des Diocèses , Sc àl’intention des Prélats.
XXXII. S’ils font bien persuadez qu’une des plus importantes chosesqu’ils puillcnt faire, c’cst aussi-tôt âpres leur arrivée, de commettre quel-qu’un d’entr’eux pour travailler aux accommodemens, querelles 8iprocès; car outre le bien qui en arrive, il est dangereuxd’achevcrles■Confessions de ceux qui font en cet état, avant quhls en soient dehors,& que leurs procès on leurs querelles soient terminées.
XXXIII. S ils souffrent parmi eux des Confesseurs si déraisonnables,que d’obliger leurs pénitens de leur obéir aveuglément en tout cc qu’ilsleur ordonnent, de ne les changer point, Sc de nc consulter jamaisd’autres personnes habiles.
XXXIV. Si en voulant donner quelque assistance aux Maisons Re-ligieuses par quelques Prédications, Consciences, ou Confessions ex-traordinaires Sc générales, ils évitent soigneusement tous ses attachemensouamufemensinutiles, Sc n’abandonnent pas pour ccla-FOeuvre prin-cipale de leur Mission.
XXXV. S’ils bénissent des anneaux pour donner à des filles qui onffait vœu de Virginité, Ou à qui ils inspirent de se faire: cette pratiquéétant nouvelle & pernicieuse.
XXXVI. S’ils font des viíines particulières fans approbation du Direc-teur, Sc avec un Compagnon, Sc s’ils prennent la liberté daller mangeschez quelqu’un de leurs amis, fous quelque prétexte que ce soit, pen-dant la Mission.
XXXVII. S’ils attendent au moins huit jouts à entendre ses Confes-sions , pour avoir le teins de disposer ses âmes à les bien faire, Si de sesinstruire de leurs principales obligations.
XXXVIII. S’ils gardent toûjours 1a frugalité qui est nécessaire à desOuvriers Evangel.qucs.
XXXIX. Si le Directeur a foin des petits besoins des Missionnai-res , d’appliquer chacun à ce à quoi il est propre , de tout ce quiregarde Favancemcnt S; se spirituel de si Mission , Sc de tenir uneConférence se jour de relâche qu’on prend toutes ses semaines, fur lébon ordre Sc 1e règlement dc 1a Mission, fur les défauts qu’ony a re-marqué, Sc íur ses principales vertus qui sont néceflaiies aux Million-naires , Sc s’il a lui-même 1a charité, 1a douceur Sc 1a patience qu’ildoit avoir.
XL. S’ils conservent entr’eux 1a charité, Funion Sc la paix, quédes Prêtres, qui veulent instruire ses autres, doivent avoir : honoreinv 'tcem pr&venìentes.
XLI. Si après ses Missions, du moins de chaque année, ils font derheu-'rez quelques jours en silence 8c en retraite pour faire une revue géné-rale furies principaux défaucs qu’íls ont commis, fur roue dans Fadmini-stration de si Parole de Dieu, Sc du Sacrement de Pénitence, qui sont
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