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6r MUS. M U z.

grapes, & peu chargées de grains, & que la saison soir- favorable pourîes faire bien mûrir; nous avons encore de grands ennemis à craìn'drepour ces mêmes raisins, aussi bien que pour les figuiers > & ce íont oucrequelques gdees qui font tomber les feuilles, & outre quelque pluie,qui étant longues & froides pourrilìent les grains, ce font, dis je, oucrecela ks oiseaux Scies mouches de plusieurs façons.

A l’égard des premiers, pour se défendre delcurs insultes, rienn'cstmeilleur qu’un raiíeau qu'on élevé au devant de ce raisin, par ce moìences oiseaux n’y fauroient approcher ; mais le remède n’est pas trop aisé,fi on a beaucoup de muscat à mettre en sûreté.

A l’égard des mouches, on a le remède des fioles qu’on remplit àmoitié d'eau mêlée d’un peu de miel, ou d’un peu de sucre, c’est unexpédient connu à tout le inonde > on met au col de ces fioles un peude ficelle avec quoi on les attache en differens endroits du voisinage duraisin , ces infectes ne manquent guéres d’y enti er, attirez quelquefoispar la douceur du miel ou du sucre > Sc feurement ils y perifiènt desqu’íls y font entré, parce qu’ils ne peuvent pas retrouver le cheminpour en sortir; il est certain que tout au moins on en détruit par ccmoien une bonne partie, si on ne vient pas à bout de les détruire toutes,qui est une choie qu’on ne peut gueres prétendre, mais toûjours il nefaut pas manquer de vuider ces fioles dès qu’il y paroìt beaucoup de cesmouches prises , car autrement il ne s’en prend plus, la corruption & lapuanteur qui s’y fait empêche les autres d’y venir : en mêrae-tems onrenouvelle ces fioles d’eau, qui doit être composée comme la première,

& on les attache toutes de nouveau aux endroits où elles peuvent êtreutiles. On se sert aussi de sacs dc papier ou de toile pour enveloperchaque grape; mais outre que la fujettion en est allez grande & allezimportune, si d’un côté elles font pour sauver lesgrapes encloses contreks oiseaux & contre les mouches, de l’autre côté elle empêche quele soleil n’y imprime son coloris roux, qui rend le raisin si agréable àvoir, & qui contribué à le rtndre meilleur, & qui même marque plusvisiblement fa maturité : car de croire que ces raisins fe conserventlong-tems mûrs, j’ai éprouvé que non, & Ja raison en est, que toutfruit commence à pourrir dès qu’il est parfaitement mûr ; allez sou-vent même avant qu’il le soit, Lc d’abord qu’un grain est pourri, il gâteson voisin, & ce voisin en gâte un autre, & ainsi des autres ; inconvénientrrès-fácheux, & qui n’est pas si-tôt découvert à des grapes renfermées,qu’en celles qui ne k sont pas; car dès qu’un grain paroìt pourri en cel-les-ci, on {'épluche, & par là on empêche qu’il ne faííè tort à ses voisins.

Je ne veux pas oublier d’avertir que les années qu’il y a un nombreinfini de grapes, comme l’année 1677. il est bon d’en ôter une partieaux endroits où í! en paroìt trop ; il est bon même d'éckircir les grainsaux grapes trop serrées > Sc de parcourir par l’extremité d’en bas cellesqui Iont trop longues} car cette extrémité est toujours l’endroit quimutit le moins bien, comme k haut cil l’endroit qui mûrit toûjours lemieux.

Je devroìs avertir qu’on ne cueille point de raisin, & fur tout demuscat, á moins qu’il ne soit entièrement mûr; en effet, la parfaitematurité est néceílaire pour y faire.trouver la douceur & le parfum,íàns lesquels rien n’est moins agréable que ce muscat.

Muscats confits au sucre.

Les raisins muscats seront fendus comme lc verjus, pour leur ôterles pépins, & en même teins jettez-Ics dans la poêle fur le sucre enpoudre ; on en pressera quelques grapes pour en tuer du moût, afin dedonner une suffisante humidité au lucre pour se fondre; car si vous endonniez trop peu, le sucre ne sondroit pas tout, & les plus gros mor-ceaux se maintiendroient en forme de coníerve : c’est pourquoi en cefruit ici, & en tout autre, vous y mettrezdudescuit, cest-a-dire, deseau, ou du jus, une suffisante quantité, ce que l’expérience vous ap-prendra en peu de tems; car aussi d’y en mettre par cxccz, il saudroifqùe vos confitures fussent plus long-tems fur le feu pour exhaler letrop d’humidité qu’il y auroit, & cela les dépeceroit par trop de cuis-son , & gâteroit la couleur.

Pour íes rendre beaux il saut cinq quarterons de sucre à la livre demuscat, afin qu’il y ait quantité de sirop, qui est la grande beauté ences confitures-là: vous kstonfirez, puis ks dresserez dans des tasses,ir’y mettant qu’un lit de muscat, Lc au bout de deux jours vous verserezk sirop de dessus, & les couvrirez & gouvernerez comme ks cerises.

Les autres raisins ièront confits fans autre façon que de les faire unpeu amortir au soleil ou au fout, & les égrener fans les fendre, & ymettre livre à livre de sucre & de fruit, puis vous ks ferez cuire enbonne consistance, & vous les dresièrez dans des pots & taises, les gou-vernant comme ks muscats,

M U Z.

MU ZE R. C’est loiíque les cerfs commencent à sentir leur cha-

M Y R.

leur venir pour entrer en rut , qu’ils vont pour quelques jours la tètebaise k long des chemins &des campagnes; ont dit ks cerfs commen-cent a muz.tr.

M Y R.

MYRRHE. C'est une gomme résiné qui fort d'un grand arbre,par ks incisions qu’on lui fait. On nous l’apporte de l’Arabie Lc de l’E-thiopic, mais cdle qui vient du Pais des Troglodytes, est la meilleurede toutes. Pour la faire entrer dans le Mitridat & dans laThériaqne, onsc contente fans autre préparation de la choisir récente, un peu verdâ-tre tirant sor le rouge, grasse, odorante, acre, piquante, ameie, le-gere, pure - nette & en quelque façon rraníparante, lorfqu’elle est rom-pue. Elle a au dedans del marques blanchâtres comme des coups d'on-gles, & néanmoins elle elt fort égale dans là couleur; mais celle qui estcomme de la poix ou rout-à-faic noire Sc d’aiileurs pesante, est entière-ment à rejettes, car ce n est autre choie que l'Animé d'Amatus Lufitams,Propriétés de la myrrhe. Elle désopile , ramollit, consolide & ouvretellement la matrice, quelle provoque les mois, & fait sortir promp-tement Pensant hors du ventre de là mere. Etant mâchée > elle rendl'hakine agréable.

Huile de Myrrhe.

On en fait une huile qui est excellente pour conserver le teint, Scpour éfacerks taches Sc rides du visage, pour conglutincrlesplaies &pour préserver de pourriture. Pour faire cette huile on fait cuire de*oeufs jusques à ce qu’ils soient durs, on les coupe en deux parties éga-les après cn avoir ôté les jaunes, on remplit les blancs dé myrrhe pul-vérisée. Les deux parties de Poeuf étant bien rejointes on les pend àun fil dans la cave, ou dans un autre lieu humide, & on met dessousun petit pot pour recevoir l’huile qui distillera. II y en a qui tirent cellede camphre de même façon.

La myrrhe Staffé est aussi recommandablepoursesbons éfets, qu’elleTest par son odeur qui est très agréable. On la peut substituer enlaplacede l’Òpobalsame > mais elle est plus rare. Elle est stomachak & fortifieles parties nobles; elle empêche la pourriture, elle recrée ks esprits,

Sc est merveilleuse à plusieurs maladies qui proviennent du cerveau Scde la matrice.

MYRTE. C’est un petit arbrisseau verdoyant qui ne porte pas desfleurs considérables ; mais elles font fort odoriférantes. On en distinguede deux sortes, le myrte domestique & le myrte étranger.

Description dit Myrthe domestique.

Il a l’écorce rouge, ses feuilles sont longuettes Sc toûjours vertes,approchant du grenadier ; ses fleurs sont petites, blanches & fort odo-riférantes.

Lieu. II aime les Pais chauds & arrosez.

Propriétés:. II est fort dessicatif. On tire un suc des feuilles & du fruit,qui est astringent pris par dedans ou par dehors: il est bon à ceux quicrachent le sang, & pour faire uriner ; la graine prise avant que dcboire, empêche de s'cnyvrer : la décoction des feuilles noircit les che-veux, & on en fait un bain pour remettre les membres disloquez, enfomentent les os rompus: le fruit mangé fortifie admirablement iecœur; l’huile est bonne pour ks contusions.

Description du Myrte étranger.

II n’est point diffèrent du commun quant à la feuille, fi ce n’estqu’elle’est plus claire & plus pointue outre qu’elle est extrêmementépaisse, & garnit beaucoup les branches > ce qui est la cause qu’on s’ensert particulièrement dansies jardins pour faire de l'ombrage: son fruitest long, Sc presque semblable au commun, aussi bien que ses fleurs.Lieu. On ne le trouve qu’aux Pais chauds, dans les jardins.Propriétés,. II a les mêmes vertus que les autres : l’eau distillée desfleurs de myrrhe a une odeur fort agréable > qui réjouit le cœur Sc lecerveau. II y a grande amitié entre le myrte & 1e grenadier, enserrequ’ils fe rendent seconds l’un auprès de l’autre. L’huile de myrte for-tifie 1 e cerveau, k cœur Sc l’estomac. ,

Culture des Myrtes.

Les myrtes sc marcotent, & le véritable rems est un peu auparavantla feve d’Aoûr. Pour y réussir on fend lc bois qu’on met-LU terre, àl’endroit d’un nœud jusqu’à la moitié de la grosseur de la branche St en-viron trois ou quatre doigts de longueur. En six semaines ils jettent unchevelu suffisant pour les sevrer Sc transplanter; ils poussent aussi dupied des petits rameaux qu’on sépare de la mere branche & qui viennentbien. Ils viennent encore de graine. Quand ils sont un peu grands onles caille, & on leur donne la figure que l’on veut: on estime fur toutks grands quand ils sont droits, bien traitez & ajustez. Yojez ce qu’oncn a dit sous le nom de Meurt*.

N.