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dre a aussi quantité de bons effets , fur tout pour décharger h cer-veau j ceux t|ui en prennent par excès font sujets à perdre f odorat.'C’est une te.ribk passion que de fe remplir incelfammcnt le nez detabac , fous prétexte de purger les féroíitcz inutiles du cerveau.
Le tabac étant mâché ou pris en fumée de tems en tems, déchargefort le cerveau-mais fi l’on en ulè trop souvent, il cause plusieurs ma-ladies , comme la parali/ìc & l’apoplexie , gâte le cerveau 8c rend leêtáne n d; r. On dit que les Marchands le mettent dans les commoditez,«fin qu’étant chargé du sel volatil des excrémens , il en devienne plus-âtre , plus piquant St plus fort.
On pile le tabac, on î’applique fur les tumeurs qu’on veut refon-dre , patee qu’il est rempli d’eiprits qui ouvrent les pores : on en metaussi tremper dans de l’-e.iu commune , Sc on lave -de cette infusionles dartres Sc les autres démangeaisons de la peau>%ais il ne faut pasque l’eau cil soit trop chargée , de peur quelle n excitât lc vômiílè-ìnenr.
II est vulnéraire , on cn prépare un sirop qu’on fait prendre pour[asthme ; on l’emploie quelquefois cn décoction pour les lavemensdans '.'apoplexie , dans la lérargie , dans les suffocations utérines.
Le tabac faic mourir ses lerpens -, les viperes , les lézars &les aurres animaux semblables , íi leur aya :t percé la peau , onen met dedans un petit morceau , ou si on leur en fait recevoir lafumée.
Le tabac est rempli de souffre & de fol volatil si pénétrant, que d’a-bord qu’il est dans l’estomac il en picotte les fibres , & il excite le"vômislèmenr: l'huile de tabac est un iî grand vomitif, que fi l'on metquelque tems k nez fut la fiole dans laquelle on le garde , on vomir.
On fit un jour une petite incision fur la peau de lacudlè d un chien,■St y ayant mis une très petite tente imbue d'huile de tabac , l’animaifat purgé un moment après par le haut St pat le bas avec de grands-efforts.
Outre l’ufige des feuilles , unt vertes que sèches , & poudre de laïiìcotiane, l’on en distille de i’eau par un alambic de verre, laquelle estau(li singulière que le jus distillé poar les plaies Sc enflures , mules&ux talons , ongles, chutes des doigts, en versant de cette eau ddlus1e mal, puis !e couvrant de linges qui y auront cté trempez.
On tn distille auífi de l'huile per descenfum , à parler selon les Chi-mistes , en une cornue de verre ; on en fart pareillement du iel ; l'unSc l’a- tre font beaucoup plus excellais aux maladies ci-delks nom-mées , que ses feuilles » jus , poudres & eaux disti lées de la nicotia-fne>d’autar.t que l. s quintes-eíknces tirées des simples, (ont les espritsíuotiis dans lesquels consiste la pure vertu & sincère faculté de la ma-tière dont elle est tirée ; nous ne dirons pas ici la manière de distil.erl'huile & !è! de la nicotiane.
On prépare des onguents en diverses façons de la nicotiane, enco-ure que k simple jus pris & appliqué, comme nous avons dit ci deílus,soit plus efficace , cependant je raporterai ici deux fortes d’onguentqui m'ont paru les meilleurs. Le premier est tel : prenez une livre defeuilles de nicotiane les plus belles, les plus grandes , les plus vertes■Sc les plus résineuses que vous pourrez choisir, ncttoyez-les soigneu-sement avec un linge de toute poudre , tare & autres ordures,fansles mouiller aucunement ; pilez-lcs dans un mortier de bois ou demarbre , avec un pilon de bois , puis faites fondre demi-livre de sain-doux préparé,c’est-à-dire , de toutes ses pellicules Lc membranes net-toyées dans un vai fléau d’airainjvous ajouterez à ce íain-doux k marc& k jus de la nicotiane pilée comme on a dit ci-ddfus ; faites cuire■& bouillir le tout ensemble dans un vaisseau d’airain a petit feu de char-bon fur un ttépier , ou a u bain-marie , c’cst-à-dire , dans un chaude-ton plein d’eau bouillante , jufqu’à ce que vous voyez l'aquosité dujus toute évaporée , & que le reste ait acquis une consistance d’on-guent.
Le second onguent est rel : faites fondre Si bouillir ensemble poïx-résine > cire-neuve & térébenthine fur le feu dé charbon dans unepoêle d’airaijde chacune trois onces ; & quand le tout fera fondu &commencera à frémir , prenez une livre de marc Sc jus de feuilles denicotiane , ainsi nettoyées , choisies & pilées , comme nous avons dit•ci-deilùs ; mettez-les bouillir avec la cire, poix-réíirre & térébenthinel’efpace de cinq ou six heures, plus ou moins , à petit feu de char-bon fur un trépicr , ou dans un double vaiíkau , c’est-à-dire , dansun chauderon plein d'eau bouillante ; remuez les toujours jusqu’à ceque l’aquosité du jus soit évaporée,& le reste soit épaissi en consistan-ce d'onguent ; puis pallèz-le par une grosiè toile ou canevas ; reroet-tez-le dans la poêle , avec demi-livre de térébenthine de Venise, sansle faire bouillir , & remuez beaucoup > laiífcz-Ie refroidir, Sc mettez-îe dans des pots pour vous en servir : quelques-uns en la dispensationde ces deux onguents n’y mêlent point k marc de l’fierbe pilée ,mais le passent par une grosiè toile & retiennent feulement le jus , cequi ne me semble pas être le meilleur.
Quant auxproprietez de ces deux onguents, le premier vaut mieuxpour les plaies feules, ulcères chancreux, dartres, gales , rougeurs devisage . d autant qu’ii a plus grande vertu d’éterger St relòudre, quiest la vertu principale de la nicotiane , n’étant empêché ni restaintpar la mixtion d’aucres ingrédiens : l’autre onguent est meilleur pourincarner Sc consolider toutes fortes de plaies, refondre les apostemes ,enflures , appaiíer les douleurs > Sc autres effets.
Outre ces deux sortes d’onguents , on peur faire un baume excel-lent de la nicotiane distillée : prenez des feuilles de la nicotiane, expri-mez-en 1e jus , puis ayant jetté le marc , mettez-les dans une fiole deverre avec pareille quantité d’huile commune ; exposez cette fiole ausoleil, bien bouchée de cire gommée Sc de fort parchemin bien lié ,ou bien mettez certe fiole dans un chauderon plein d’eau bouillante ,ou enterrez-le dans du fumier de cheval, où voirs k laisserez quaran-te- jours entiers ; changez de fumier quelquefois; les quarante joursexpirez, vous trouverez un baume dans la fiole, qui n’est pas moinsefficace que la quinte-effenee Je la nicotiane ci-delfus marquée pourtousdes effets que l’on peut délirer en cette plante.
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Préparation du Tabac.
Mettez dans une cucurbite de verre huit onces de bon tabac hâcfièpar petits morceaux, versez délias environ autant pesant de flegme devitriol ; couvrez la cucurbix de fa chape , Sc aillez digérer lamatie-re au feu de fable pendant un jour , adaptez-y un récipient, & faitesdistiller à petit feu environ cinq onces de liqueur que vous conserve-rez dans uìie fiole.
Cels un puiflknt vomitif. La dose est depuis deux dragmes jusqu’àsix . dans quelque liqueur appropriée. Cette liqueur est bonne aussipour les dartres Sc pour la gale li l’on s'en frotte légèrement.
Mettez ce qui lèra relié au fond de la cucurbite dans une cornuede grez ou de verre luttée, laquelle vous j lacerez dans un fourneau,adaptez-y un grand récipient, Sc ayant lutté exactement les jointures,commencez par un petit feu pour faire sortir tout k flegme ; aug-mentez k peu à peu , St les esprits sortiront confusément avec uneUne huile noire: continuez lc feu jusqu â ce qu'il ne vienne plus rien ,puis ladlcz refroidir les vaisieaux Sc les déluitcz ; renversez ce que lcrécipient contiendra dans un entonnoir garni de papier gris ; i’humi-■dité‘ aqucuíe pasiera ; mais l'huile noire Sc fœtide demeura a dans lesfiltres ; gardez-la dans une fiole. On cn peur mêler une diagme dansdeux onces de giaiílè : c’cst un bon remède pour la gratelk Sc pousles dartres.
On peur tirer un sel alkali du charbon qui reste dans la cornue , d*la même manière que nous avons dit du sel de guaiac : ce ièl est iu-dorifique. La dolè est depuis quatre grains jusqu’à dix dans une li-queur convenable.
On peut faire k íèl fixe de tabac comme nous avons dit ; maispour en avoir quelque quantité , il y faut joindre beaucoup d’autretabac : car rétirant fi peu de matière de la cornue, á peine feroit-o»une dragme dc íèl. -
Moyen de conserver fraîchement le Tabac.
Pour tenir Fraîchement k tabac, il faut mouiller une serviette avecde la bieire, Sc cnveloper le rouleau de tanac dans la partie qui for#mouillée ; par ce moyen k tabac ne íè séchera point, Sc il conserve-ra une humidité telle qu’il doit avoir pour être bon.
Maniéré de purger le Tabac.
Mettez-le tremper dans de l’eau commune pendant vingt-quatreheures;retirez le enfume de l’eau en la vuidant > Sc exprimez-k dansune toile forte Sc fèirée. Puis faites-k sécher fur des claies en k re-muant de moment t n moment. Quand il lera bien sec, atrolèz-k d’u-ne eau de senteur juíqu’à ce qu’il loir réduit comme en pâte , alorsfaircs-le lécher, 8c Joríqu’ilferafec arrosez le une seconde fois, Sc puisfaites-k sécher. 11 lera en état de prendre telle odeur que vous vou-drez lui donner.
Maniéré de parfumer le Tabac avec des fleurs.
Les fleurs d’oranges, les roses communes, le jalmin , les tubéieu-fes Sc les roses muscades , sont les fleurs qui communiquent plus aisé-ment leur odeur au tabac.
On garnit dc papier bien sec une caisse , on met un lit de tabacépais d un pouce , ensuite un lit de fleurs : on continue aussi jufqu’àce que tout doit employé , Sc on laiik 1e tout pendant vrngt-qnatrcheures ; alors on pâlie 1e tabac pour 1e séparer des fleurs, puis on enmec d’autrcs > ce que l’on fait pendant quatre ou cinq jours , plus oumoins , selon que k tabac a bien pris l’odeur des fleurs. Si on avoirune grande quantité de fleurs , on les changeroit de douze heures endouze heures. Pour conserver le tabac on l’enferme dans des boètesqu’on met dans un lieu sec,
[ Lc tabac fe vend en France par les Fermiers da Roi, au poids ouen corde , ou en poudre. Le tabac en poudre a tanr de noms fi bizar-res , Sc l’on en invente si souvent de nouveaux, qu’il feroit allez inu-tile , Sc peut-être couc-à-fàit impossible de les rapporter tous: on di-ra cependant qu’il s’en fait de trois sortes : le premier est graine , lesecond est en poudre presque impalpable , Sc 1e troisième est le son ,ou k gros qui reste après que le second a été tamisé.
A >'égard du tabac tn corde, on k distingue ordinairement en ta-bac de Brelil , qui est noir Sc de la grofleur du doigt: en tabacal’an-douille,donc la fouille est sèche Sc rougeâtre, Sc la corde gioífè com-me une foire canne : en petit briquer , ou tabac de Dieppe , qui estnoir Sc menu:en tabac de Caneílè 3 qui est très-sec, & dont la corden’est guère plus grollè que le doigt „ Sc la couleur tirant fur la feuille-morte : en tabac de Verine, dc S. Domingue,&c.
Le tabac nommé de Seville , qui est un tabcc tn poudre très-fine ,8c qui est extrêmement estimé , vient du Bourg du S. Esprit, Sc dela petite Ville de la Trinité , dans Tille de Cuba.
II vient aussi de la Havane , Ville de la même Isle.de Barcelone SCde Portugal. des tabacs en poudre à peu-près semblables a celui deS«ville ; mais celui de Poitugal , qui est ordinairement de cou-leur d’olive, est ciès-peu estimé à cause de son odeur forte Sc désagréa-ble. II vient aussi de Hollande beaucoup de tabac en corde, qui est plusestimé que celui qui íè fabrique à Morlaix , à Dieppe Sc à Mondra-gon , principaux lieux où les Fermiers Généraux font fabriquer leurtabac cn corde. On en envoie pareillement de Flandres Sc du Pays d’Ar-tois , que l’on appelle tabac en carottes, parcs qu’il est en rouleauxá peu près semblables aux racines que noua nommons carottes. Celuiqui est apporté d’AIlámagne > particulièrement de Strasbourg , est enpetits bâtons de différentes grosseurs 8c longueurs, ornez par-deílùs demorceaux de clinquant avec de petits clous dorez Sc argentez , dontquelques-uns font couverts de papier marbré colé. Cette derni re eípe-ce de tabac est fur tout propre a laper, pour prendre en poudre patk nez.
II en vient encore beaucoup du Levant, des Côtes ck Gréce Sc dcl’Archipel, tndes feuiiks atiachées ensemble. II fe fur aussi dans Tilledç Malte & dans 1 Italie piuiicurs sortes de tabacs grensz.
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