6° B I E. fi 1 G. B I J. B I L.
ceux que les femmes pouvoienc retenir en pleine propriété , pour enjouir a part, a la différence des paraphtrnaux & des dotaux.
[B I ERRE. Voyez, cet Attide dans le Dictionnaire (Economique ,
& y ajouter ce qui fuit.
Maniéré de faire la Bierre.
La bierre blanche est la plus faine, i! ne faut la boire ni trop vieil-le» ni trop nouvelle; elle doit ctre mouffèuse, claire, d'une belle cou-leur d’ambre jaune,d‘un goût piquant & agréable. Pour ce qui est dela rouge, il faut la choisir d’un goût fort & piquant, & d'un rouge clair& brillant.
La bierre en général est nourrissante & rafraîchissante. II ne fautj as la boire trop nouvelle , de peur qu'elle ne cause une rétentiontì urine , qu’on pourroit prendre pour une chaudepisse, mais dont ilcil ailé de fe soulager en buvant un peu d'eau de vie.
La bierre enyvre , & l’yvrcíïc qu'elle cause est plus accablante &di te plus long-tems que celle du vmjparce qu’elle contient beaucoup<U parties gtostîcres & visqueuses , qu on ne digère que fort difficile-ment.
La bierre qui fe brasse à présent à Paris , est passablement bonne »soit pour le goût, soit pour les qualitez > mais elle ne peut ctre com-parée aux bierres étrangères , ni pour l’un, ni pour l’autre. On braiseen Angleterre & cn Allemagne , fur tout en Saxe , des bierres de li-queur excellentes. L'aile des Anglois , qui est leur bierre blanche ,quand elle est bien faite , est aussi forte que la plupart des vins deFrance. On en brade dans le Comté de Nottingham , qu’on garde patcuriosité pendant trente , quarante & jufqu’à soixante années. Elle estalors si forte, qu’on peut s’enyvrer en n’en buvant qu’un gobelet.
B I G»
BIG A R D E. Sorte d’orange fort aigre, & d’une odeur très-agréa-•blc. Voyez. Orangí.
B l G A M E de bu , qui signifie deux fois , & du mot Grec gantasnoces, est en cfset un homme qui a été marié deux fois,soit que sesvieux femmes soient vivantes, soit qu’il y cn ait une de morte ; au pre-mier cas la bigame est un crime censuré par ['Église & puni de mortpat les Loix. II est tare qu’-on en fasse des exemples, à moins que lesfemmes qui ont été trompées ne sc plaignent. Au second cas , la bi-game fait que le bigame ne peut plus être admis aux ordres fanerfms dispenses. Arrêt da Parlement de Harts de Cannée 131p. rapportépar Papoti , liv. z. tit. 4.
BIGORNE. C’cst le bout dune enclume, qui finit en pointe &qui sert á tourner les grosses pieces en rond ; on dit bigorner pour di-se arrondir fur cette partie de l’enclume un morceau de fer , ou sesanneaux de clefs, qui est la partie de la clef qui est élargie, & qui estdans la main quand on ferme ou ouvre une serrure. II y a la petitebigorne ou bigorneau, dont un bout est quarté & l’autre rond pourtourner ses rouets & autres petites pieces; cette petite bigorne se metfur l’établie.
B I J.
[BIJON. Voyez Térébenthine.]
BIJ O U, sc dit de toutes les petites curiositez qui ornent une cham-bre ou un cabinet, même de celles dont les femmes sc servent pourfe parer.
BIJOUTERIE. C’est 1 a profession de ceux qui font négoce debijoux & des pierres précieuses ; mais en ce cens bijouterie n’est pas enusage , il faut dire jouaillerie. Ainsi bijouterie sera le commerce detoute soi te de petite curiositez qui servent à orner, ou les personnes ,ou ses appartemens.
BIJOUTIER. C’est celui qui faic commerce de toute sorte debijoux Sc de curiositez : a Paris ce font les Merciers & les Orfèvres, enqualité de Marchands Jouailliers , qui font ce commerce.
B I L.
[B IL. Efpece de mémoire, contenant ses propositions qu’on veutfaire palier par les Chambres du Parlement d’Angleterre, pour les pré-íenter au Roi, & en faire un Acte, c'est-à-dire, un Règlement ou uneLoi.
BILBOQUET. Petit instrument long d’un demi-pied , ou envi-ron , & d’une grolseur arbitraire , creusé en rond par les deux bouts,qui pour cela sont plus larges que se reste, ayant une corde au milieu,au bout de laquelle est attachée une balle > qu’on fait fauter & qu’onreçoit dans l’un des deux creux du bilboquet. C’est un amusementqui ne convient guéres qu’aux enfans. ]
BIL B O QU E T. Les ouvriers appellent ainsi tout petit quartier depierre qui a été tiré d’un plus gros. Ils donnent encore ce nom auxmoindres carreaux de pierre provenus des démolitions d’un vieux bâ-timent.
BILLE. Ancien mot Fcançois , qui signifie un bâton dont quel-ques ouvriers & artisans ont conservé l’usage pour exprimer plusieurssortes de bâtons qu’ils emploient pour travailler à divers ouvrages deleurs arts & métiers. Par exemple, bille chez les Chanjoiscurs & Ma-roquiniers , est un morceau de fer ou de bois,rond , gros & long ávolonté > mais ordinairement d’un pouce & demi de diamètre , Si dedix-huit pouces de longueur, qui leur sert à tordre les paux pour entaire sortir toute l'eau . la graisse ou la gomme qui peuvent y être,& que ses ouvriers emploient dans les préparations de leurs cuirs.Voyez Chamois.
BILLE , est auslì un bâton rond de deux à crois pieds de long,l’une des extrémitez duquel a une efpece de pointe un peu arrondie ,dont les emballeurs sc servent à serrer les cordes de leurs balles & bal-lots. Voyez Emballer.
B I L.
BILLE, est encore le bâton dont les Messagers, Voituricrs &Muletiers serrent les charges de leurs chevaux & mulets.
BIL L E , se dit pareillement d’un petit morceau de bois en formede longue cheville, dont les Voituriers par eau le servent pour atta-cher la corde de leurs bateaux à Panneau du palonnier où tiennent lestraits de leurs chevaux. Voyez Voitures & Voituriers pareau.
BILLE. O11 appelle bol en bille, ou brouillamini,du bol cavé,pu-rifié & réduit en pâte , dont on forme ensuite des bâtons plats de lalongueur & groíleur du doigt. Voyez Bol & Brouillamini.
BILLE d’acicr. Morceau d’acicr quarté que l’on appelle ordinaire-ment acier foret. Voyez Acier.
BILLET, en terme de commerce sont de plusieurs espcces,dontles Marchands,Banquiers & Négocians sc servent dans le commerce,lesquels opèrent divers effets ; mais en général billet de commerce estun écrit succinct , fait sous signature privée, par lequel une personnes’oblige envers une autre à faire quelque payemens , ou fournir quel-que chose da semblable dans un certain rems , moyennant une certai-ne valeur reçue. Quelques-uns de ces billets sont cauíez pour valeurreçûë, les autres portent promeslè d’en fournir, d’autres sont conçuspour argent prêté, & d’autres pour marchandises vendues ; mais de cesdiverses fortes de billets il n’y en a que deux qui soient répuiez billetsde change, les autres netant regardez que comme simples promes-ses qui cependant peuvent être négociées, ainsi que ks billets dechange , pourvû qu’ils soient payables à ordre ou au porteur. C’estFutilité que ks Négocians ont trouvé dans le commerce des lettres dechange, qui a donné lieu à toutes ces sortes de billets pour 1a facilitédes payemens, & pour nette pas obligez de tenir leur argent en caissefans mouvement & fans en tirer du profit. La premiere efpece de bil-lets de change sont ceux qui sont causez pour valeur reçue en lettresdç change,c’est-à-dire, lorsqu’un Marchand ou Banquier fournit à unautre Négociant des lettres de change pour ks lieux dans lesquels il abesoin d’argent > & que pour la valeur de ces lettres il donne son bil-let de payer pareille somme au Tireur. Art. 27. Tit. s. Ordonnancede 1673. Cette premiere loue de billets doit faire mention de celuifur qui les lettres ont été tirées, & de celui qui en aura payé la va-leur , & si 1e payement a été fait en deniers ou marchandises, ou au-tres effets, à peine de nullité, c’est-à-dire, que faute d’être conçus dansces termes, ils ne sont plus regardez comme billets de change , maisseulement comme simples billets pour argent prêté,qui n’ont pas lesmêmes privilèges. Art. 28. Tit. >. Or d. 1673.
La deuxième efpece de billets de change, font ceux qui portent cesparoles : pour laquelle somme je promets fournir lettres de change fur unetelle Ville. Ces billets sont très utiles dans le commerce , en ce quepar leur moyenunNégoiíantqui a de l’argent oisif dans son coffre, &qui n’cn a besoin que pour faire des payemens dans de certaines Vil-les, & dans des teins qui son encore éloignez, dispose de son argentivec d’auttes Banquiers & Négocians qui en ont dans les mêmes Vil-les , Sc qui leur doit être payé dans le même tems. Art. 27. Tit.
Ord. 1673.
II est de l’usagc,que ceux au profit desquels sont faits ces fortes debillets de change pour lettres à fournir , ou ceux au profit desquelsles ordres sont passez, puissent contraindre ks Débiteurs á leur fournirces lettres, & au refus leur faire rendre l’argent qu’ils ont reçû, & leurfaire payer ce qu’il couteroit pour avoir leur argent par lettres de chan-ge dans ks lieux désignez par leur bilkr. Cette efpece de billet dechange doit aussi faire mention du lieu où les lettres de change doi-vent être tirées,si k valeur en a été reçûë & de quelles personnes, àpeine de nullité ; cette peine de nullité produit le même effet que dansles autres billets de change > en ks convertissent comme il a été dit ensimples billets ou promesses ; que s’ils ne contiennent que valeur re-çue purement & simplement, 1a valeur en sera réputée en argent comp-tant. Art. iç. Tit. s. Ord. 1673.
Les billets que l’on nommoic autrefois billets en blanc, c'est-à-dire,où l’on laiílòit en blanc le nom de celui à qui ils dévoient être payez,pour être remplis toutes fois Si quantes, & fous quel nom il plairoicà celui au profit duquel ils étoient faits, & dont k cause portoit sim-plement valeur reçûë , fans exprimer la valeur, non-seulement nesont plus en usage , mais sont entierement dessendus > Sc en effet ,comme après avoir passez par plusieurs mains il n’étoit pas possibled’en découvrir l’origine , il étoic aise de s’en servir pour un commer-ce usuraire. L'on a tâché d’introduire dans le commerce d’autres bil-lets qui ne sont pas moins dangereux que les précédcns pour couvrirl’usure , ce sont ccux payables au porteur , fans faire mention ni dequi on a reçû la valeur , ni qu’elle force de valeur on a été reçûë.
Les plus lûrs de tous les billets dont on peut se servir dans 1 e com-merce , & les moins susceptibles d’ufure , sont ceux qui font faits àune personne précis , ou a son ordre, pourvû qu’ils portent ces motsessentiels; valeur reçûë dun tel , & que k valeur y soir exprimée. II nesera pas inutile de donner un modèle de ces sortes de billets qui sonttout à fait conformes à l’Ordonoance de 1674.
Models du Billet.
Je payerai au 10: du mois prochain, au sieur Pierre Dumas, Mar-chand de cette Ville,ou à son ordre, k somme de douze cens livres ,valeur reçûë de lui en deniers comptans, fait.... On peut avoir recoursdans k premiere partie du parfait PTégoaant de M. Savary, au chap. to.du livre second , où l’on trouvera des modèles pour route forte de bil-lets , tant de change , que payables à ordre ou au porteur pour touteforte de valeur;. On y peut avoir recours si on le juge à propos pournous dispenser ici d’être trop long sur cet article. VArticle 1. du Titre7. de COrdonnance de 1673. spécifie assez au long pour quels billetsceux qui les ont faits & souscrits sont sujets à k contrainte par corps.11 semble par cet article qu’il n’y ait que ks Marchands .& Négociansqui puissent être contraints par corps pour ks billets qu’ils ont faits ousouscrits ; il y a néanmoins une Déclaration du Roi, du râ. Février
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