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-6 C H A. C H A.

les entreteîiit. On appelle chaîne d'cncognute, celle qui est au coind’un pavillon d’un avant corps. Chaîne en liaison , on appelle ainsicertains boíiáges ou refends posez en maniéré de carreaux d’cípacc enelpace dans les murs ou aux encognures d’un bâtiment pour le can-tonner. Chaîne de bronze ou de fer. Espece de barrière faite de plu-sieurs chaînes attachées à des bornes , espacées également, qui sertsu devant des portes & places des Palais pour en empêcher l’entrcc.Chaîne de Fort. On appelle ainsi plusieurs chaînes de fer qu’on tendau devant d’un Port pour empêcher l’entrée. Quand la bouche en est' grande. ces chaînes fe portent fur des piles d’espace en espace. Chaînede fer. C'est un assemblage de plusieurs barres de fer liées bout À boutpar clavettes ou crochets qu’on met dans l’épaiflcur des muts des bâ-timens neufs pour les entretenir, ou a l’entour des vieux, ou de ceuxqui ménacent ruine pour les retenir, comme il a été pratiqué à l’cn-tour du Dôme de S. Pierre de Rome ; ce qui fe nomme encore armature,en Latin catenatio. Chaîne d’Arpenteur. Mesure faite de plusieurs mor-ceaux de fil de léton ou de fer, longue d’une carrante quantité de perchesou de toises marquées par des anneaux, de laquelle les Arpenteurs fefervent pour mesurer les superficies, & les Architectes ks hauteurs;clic est plus sûre que le cordeau, parce qu’elle n’est pas sujette à dé-tendre ni à se raccourcir. C’est , selon le Pere Metscnne , ce que lesLatins appelloient arvipendtum.

CHAINE. Terme de manufacture, qui se dit des fils de foie,de laine, de lin, de chanve » de coton, & étendus en long fur les mé-tiers des Tisseurs, Tisserans & Tislutiers > á travers deíquels l’ouvrier faitpasser transversalement k fil de la treme par le moyen d’un ouul ap-pelle navette, pour fabriquer les étoffes, les rubans, les toiles, les ba-sses , des futaines, &c. Afin qu’une étoffe de laine soit de bonne quali-té 8e bien conditionnée, soit drap, soit ratine & serge, il faut que les filsde la chaîne soient d’une même espece de laine 8c d’une égaie silure,qu’ils soient celez & empesez comme il faut avec de la colle de Flan-dres , ou de rature de parchemin bien apprêtée, & que ces fils soienten nombre suffisant par rapport à la largeur que l’on veut donner al’étoffe, afin de la pouvoir rendre de la fini sse, bonté & force conve-nable a son espece &• qualité; Article ig. du Règlement général dtsmanufactures du mois d’Août 1669. Ourdir la chaîne d’unc étoffé >d’unc toile, c’eff en disposer 8c ordonner les fils fur l’ourdissoir pour2 a mettre en état d’êtie montée fur le métier. Les chaînes des étoffestant de soie que de laine, font composées d’une certaine quantité deportées , Se chaque portée d’un certain nombre de fils. Par les Régle-mens faits en 1667, pour les manufactures de Lion Se de Tours, il estdéfendu aux Marchands & Maures de faire ourdir aucunes chaînes pourmanufacturer les étoffes, draps d’or 8c d’argent ou de soie , 8c autnsétoffes mélangées, ailleurs que dans kuts maisons Lcouvtoits, ou chezdes Maîtres ou Veuves de leur même Communauté, à peine de confis-cation des marchandises & ourdissoirs. Les chaînes des futaines 8c desisasins, doivent être montées de fil de coton filé d’un même dégré definesse, 8c également serrées tant aux lizieres qu’au milieu d’un boucà Faune dc Ta piéce, Art. 10. Sc 14. du Règlement fait pour la Villede Troyes le 4. Janvier 1701. II y a des Reglemens á même fin pourles Générassiez de Caen 8c d’Alançon 8c de Rouen, qu’on peut consul-ter fi on en a besoin particulièrement.

[CHAIR, Pour la conserver, pour empêcher les mouches de s’yattacher, pour la faire cuire promptement. Voyez Cuisine.

CHAI Ri On dit en Fauconnerie, cet oiseau est bien à la chair,pour lignifier qu’il chaise bien. ]

C H A IRES des Docteurs Rcgens, doivent être mises à la dispute& données aux plus capables. Arrêt de 1661. des Maisons let. Cn. s.

CHAINETTE. Les Frangiers appellent aintì une espece de petittiíli) cse soie qu’ils font courir fur toute la tête de la frange; c’est encoreune sorte dc broderie de fil ou de soie, dont on fait des líserages al’aiguillesur des mousieiinesou des étoffes légeres. C'est delalotte quesent travaillés la plupart de ces admirables ouvrages qui viennent duLevant, 8c que l’on imite présentement allez bien cn France. Cettebro-derie s’appeile chaînette, parcequ’clleimite les chaînons entrelassezdepetites chaînes. C’est aulli un long filer qui tégne tout le long de lalisiere d’une étoffe de soie pour en faire connoitre la qualité; elle estdc couleur différente de celle de la chaîne de 1 étoffe ordinairement defoie, mais quelquefois d ot ou d’argenc. Les velours à quarte poils ontquatre chaînettes, ses velours á trois poils en ont trois, ceux à deuxpoils ou à un 8c demi cn ont deux. La chaînette dc velours dc soie cra-moisi , tant cn chaîne, treme, que poil, doit être d’or ou d’argent fin.Chaînette est aussi, Sc même proprement parlant > une petite chaîne com-posée de plusieurs chaînons ou anneaux engagez ks uns dans les autres;on fait dc ccs chaînettes d or, d’argcnr, de léton, d’écain, on en fait dcrondes, de plâtres, dequarrécs, de doubles, de simples, enfin de tantd’efpeccs 8c a tant d’ufages, qu’il seroit difficile d’en faite 1e détail ; il s’enfait de fort petites fur tout en Allemagne, d’un travail si délicat, quenon-feulement on s’en sert dans les ouvrages d’horlogerie à la place dccorde à boyau pour en monter !a fusée, 8c en tirer le ressort ; mais en-core qu’on en peut enchaîner, 8c qu’on en enchaîne effectivement parcuriosité les insectes ses plus petits. Les petites chaînes qu’on fait enAngleterre sont été long-tems un ouvrage inimitable dans fa finesse 8cdélicatesse. Ces chaînettes d’Angletcrre sont ordinairement plâtres enforme de tissu > qui servent à pendre ses montres , les étais d’or 8c au-tres bijoux de prix que les Dames portent à leur côté ; l’inv*ntion deces curieux ouvrages vient d’Angleterre : l’on a ignoré long-tems enFrance l’Art de les fabriquer, 8c ce n’est gueres que depuis les dernie-res annés du seizième siécle que ses ouvriers François, lur touc ceuxde Paris les ont imités 8c presque égalés. Ces petites chaînes se fontordinairement d’or ou d’argent; il s’en fait pourtant quelquefois quine sont que de cuivre doré: le fil ce celui de ces métaux qu’on y veutemployer est très-sin , une partie sc plie en petits maillons de formeovale d’environ trois lignes de longueur fur une ligne de petit diamè-tre, qui après avoir été exactement soudés sc replient en deux; ensui-

te ces maillons se tiennent 8c s’entrelassent par 1e moïen de plusieursautres fils de même grolseur, dont les uns qui vont dc haut en bas,imitent la chaîne d’une étoffe , 8c les autres qu’on passe transversale-ment semblent cn être la trême, ce qui unit si également , & lie sifortement ce grand nombre de maillons ( qui pour une chaîne á qua-tre pendans doivent étic au nombre de plus de quatre mille ) queles yeux trompez prennent cet ouvrage pour un vrai tillii, 8c ne peu-vent croire que ces chaînes soient composées dc tant de milliers dçpieccs séparées qu’on a si artistement tiílii 8c uni ensemble. L’on com-pte à Paris plus de trente ouvriers qui travaillent à ces chaînes, 8c pi la-beurs d'entr’eux s’y font si bien perfectionnez . que leurs ouvragespassent souvent pour être sortis de la main des Anglois.

C H A IN E TIE R S. Sont des ouvriers qui font des chaînettes &toute sorte d« chaîne. Les ouvrages qu'il est permis dc faire auxChaîneticrs seuls , ou concurrement avec les Épingliers, sont entreautres des chaînes de tout métal grandes ou petites, de toutes façons8c á tous usages , des hameçons , des souricières , toute forte d’in-strumens de pénitence pour ses Religieux qui se revêtent dessous huashabits de chaînes, de cilíces maillés, 8c qui usent des disciplines com-posées de chaînettes, 8c généralement tous autres ouvrages de fil defer 8c de léton.

CHALANDISE. Concours de chalands qui vont acheter dansune même boutique; ainsi on dit qu’un Marchand a beaucoup de cha-l»ndiíe, lorsque grand nombre d’acheteurs va chez-lui. Qu ’,1 a perdula chalandise quand ses acheteurs n’y vont plu* que rarement. Cemot se dit aulh de l’habitucse qsson a d’acheter chez un Marchand, oumême du deisein qu’on forme d’y acheter à l’avenir. II faut jouît dela chalandise comme d’une bonne fortune, qui dépend de la seule 3 cuffique bénédiction de Dieu, 8c non de la ruse, envi 8c malice; c’estpourquoi dans la plupart des Communautez des Arts 8c Métiers, il ya des articles qui défendent aux Maîtres d’appeller les chalands quisont aux boutiques de leurs voisins.

CHAMBERLAN ou CHAMBRELAN. Artisan ou ouvrierqui travaille en chambre8c non cn boutique, pour ne pouvoir le fairepar pauvreté ou faute de dioit. La prerniere espece sont ceux qui sontMaîtres de quelque Communauté, Sc qui n’ayant pas moien de tenirboutique, fe reciient dans des chambres pour faire les ouvrages dekurmétier, ne manquant point de droit; ceux-ci jouissent de tous les pri-vilèges des Communautez dont ils sont Maîtres, 8c sont tenus commetous les autres aux visites de leurs Jurez, 8c à l'exécution d.sStatuts 8cRéglemens : mais la seconde espèce de Chambellans est composée desApprentis; qui n’onc pas voulu faire leur rems, ou bien tout au plusde com} agnons qui n’ont voulu finir avec leurs Maîtres leurs engage-mens, 8c même quelquefois ce sont gens fans aucune de ces qualitez,qui travaillent secrctteinent dans des lieux cachés ou détournés, auxouvrages de quelque métier qu’ils ont appris sous les Maîtres de lacampagne, ou sous d autres chamberlans comme eux. Les ouvagesde ces derniers sont sujets à confiscation, 8c eux aux payemens desamendes portées par ks Statuts des Communautez , 8c souvent â I»prison. Voyez les Statuts des Corps & Communautez des Métiers. La rai-son de cette sévérité est fondée suc l’avantage 8c le bon service du pu-blic 8c l’honneur de chaque profession ; car ces ouvriers imparfaits nelavent point bien leur métier , 8c ont beson dc suppléer á leur inha-bilité par des fraudes , tromperies 8c friponneries, ce qui endommageceux qu’ils fervent ; 8c ces défauts & tromperies étant découvertes,donnent une mauvaise opinion du bon travail dc ceux de la profession,qui ont passez par l’cxamen, rempli leur rems fidellement, 8c fait chef-d’œuvre selon les formes requises ; dans lesquels exercices ayant pû de-venir habiles 8c experts, ils naîtront point besoin pour vivre des mau-va ses pratiques des ignorans.

CHAMBRE. 8e dit proprement d’une partie 011 piec* d’une mai-son dans laquelle on couche ordinairement. On k dit aussi des lieuxou 1e tiennent certaines assemblées pour traitée d’affaites ou publiquesou particulières. Ainsi l’on dit Chambre de Commerce, Chambre d’Af-furance, Chambre Royale ou Syndicale des Libraires.

CHAMBRE de Commerce, c’est une alsemblée de Marchands SCNégocians, ou il se traite des affaires du Commerce, rétablissementgénéral des Chambres du Commerce dans plusieurs des principalesVilles de France, est du 30. Août 1701. II y avoir cependant avantce tcms-là quelques Villes du Royaume qui jouïslòient du privilèged’en avoir ; 8c la Ville de Marseille entr’aurres en avoir une établie de-puis plusieurs années, à l’exemple de laquelle cel e de Dunkerqucqui a aussi précédé l’écablilsement général , fut créée pat l’Édit duRoi Lous XIV. au mois dc Février 1700. L’Érabtiflemeni qui fut faità Paris d’un Conseil Royal de Commerce en 1700 , fut cause de celui desChambres du Commerce dans ses autres Villes du Royaume en 1701.Dans le premier projet pour leréction du Conseil du Roi, outre six Com-missaires dc son Conseil d’Écat, avoir trouvé à propos qu’il fût com-posé de douze principaux Marchands Négocians a Paris & de Provinces.Sa Majesté jugea depuis qu’il falloir établir dans ces Provinces des Cham-bres avec lesquelles ses six Commissaires de ce Conseil de Paris fus-sent en relation, qui leur puisent fournir de Mémoires & faire des pro-positions fur lesquelles le Conseil auroic à délibérer. Cette vûë si sagefut ce qui donna occasion à l’Arrêt du Conseil du 30. Août 1701. quifut un préliminaire pour l’érablislement des Chambres du Commer-ce; mais il fut ordonné que les Marchands Sc Négocians dc Lion,l’Ille, Rouen, Bouideaux, la Rochelle, Nantes, St.Malo&Baïonne.aussi bien que la Province de Languedoc enverroient dans le quinziè-me du mois suivant leurs avis fur la manière la plus convenable, Scla plus avantageuse d’établir ces Chambres dans seur Ville; Marseille8c Dunkerquc n’y furent point nommées, parce qu’il y en avoir déj*d’éuablies chez-clles. La Chambre du Commerce de la Ville de Lion,fut établie la premiere de toutes celles dont l’éréction se fit en consé-quence de l’Atrêt du Conseil du 30. Août 1701.

CHAMBRE des Assurances, est une assemblée & société três-

utile