6q.S
DAN. D A R.
Te & îa vigueur d’un tempérament ignée & tout martial ; c'étorent uaîr,ces expéditions militaires qu’ils ddlipoienc & employoicnt utilementce noble feu qui ies porroit a tout ce qui est grand, laborieux & diffi-cile > soit dans les emplois de Mats 3c de salas > soit dans les occupa-tions de Minerve. Les Romains n’avoienc donc pas d’occaíion ni dupenchant pour danser dans une lâche mollesse de fainéantise, si ce jsot’est la danse pyrhique ou militaire , dans laquelle ils ne taisaient pas !des eílays pat jeu , mais des cluf-d’œuvres de force , défaillance Sc
■de courage.
II semble qu'en Fiance , quoiqu’on y danse beaucoup , on n’y apas une grande estime des martres à danser. Une preuve du mépris-qu’on fait des gens de cette vaine profe/lìon , c’est qu a Paris lesmaîtres à danser sont obligez de prendre des lettres de maîtrise à S.Julien des Ménétriers , qui est leur Patron, £c dans ces lettres on leurdonne les titres de ménétriers de la ménetrante , jongleurs & me-neurs des linges. II en est donc des maîtres de danse comme des co-médiens , cuisiniers & autres ministres des plaisirs Sc de la débau-che , qu’on se sert volontiers de leur ministère pour satisfaire ses plai-sirs dans une molle oisiveté , pendant qu’on a du mépris & de l’abo-mutation potvt leurs personnes ; le fondement de ce mépris vient dece que quoiqu’on aye une foible vertu & un grand relâchement dansles mœurs , on ne laide pas de conserver l’ídcc de ce qui convient àla dignité de l’homnie raisonnable. On ne veut donc voir ces sortesde gens que iúr un théâtre ou dans des lieux encore pires , & on les■rejetterait dans le commerce civil & politique, s’ils étoient aster har-dis pour s’y présenter.
DANSEUR, est celui qui danse ou qui aime Tort la danse , &■danse volontiers Sc souvent, ou apprend aux aucres à danser. Un bondanseur devrait être allez habile pour exprimer pat ses mouvemens ecgestes ses sentimens & pallions, à peu près comme les acteurs , quipar la science des gestes expriim nt toutes les pallions que l'on pour-roit exprimer pat des paroles í il y a des danseurs Hui sont si habiles ,
Si d’une direction mécsianique Sc statique de leurs forces, qu'ìls peu-vent soutenir fans faillir, un parfait & perpétuel équilibre dans ternesles parties de leur corps. Les danseurs de corde en sont des preuvessurprenantes. Cc sont des hommes qui dansent sur une corde tend' ë& élevée de sept à huit pieds de te-te , à la saveur des contre-poids& même fans contre poids, Ces danseurs de corde n’ont pas été in-connus aux Anciens, fur tout aux Grecs , qui les appelloient Scbœno-bates , du mot Grec fichoims corde , & Ictus celui qui marche ; les Ro-mains les appelloient en leur propre langue funambules. Comme ils■ont en suivant la même analogie appelle somnambules , ceux'dont laforce de l'imagination est si grande , qu’ìls marchent réellement tout'endormis qu’ils sont dans les lieux les plus scabreux" & dangereux ; cequ’ils ne pourraient faire dans la veille , leur imagination étant inti-midée pat la réflexion que leur aine libre fait fur la difficulté & fcpéril. On peut ajouter í ci que l’homme a tant d’adreise qu’il instruitles bétCs même à marcher fur 1 -a corde. Suetone rapporte que du teinsde l’Empereut Galba on vit des Éléphans marcher fut la corde. On avû aussi les danses des chevaux au carrousel du Roi Louis XIII.Comme ci-ddlus nous avons parlé de trois especes de danses des An-ciens , & que nous les avons en paílant rapportées aux danses mo-dernes , il ne sera pas inutile de dire,pour mieux entendre le parallè-le qu’on y a fart, qu’il y a deux sottes dc danses de nos jours ; savoir,
■la danse par haut ou danse haute , qui est celle des baladins, qui fontdes cabrioles & gambades , 8c la danse pat bas ou danse bille, qui est■celle qui se fait modestement & terre à terre, comme celle des hon-nêtes gens qúi dansent quelquefois , non tant par inclination que parcomplaisance & civilité. Socrate.le sage Socrate,voulut par complai-sance pour Aípasia > apprendre à danser d’elle , pour montrer qu’unhomme raisonnable peut par son esprit se tendre capable de tous lesexercices du corps > Sc le Chevalier de Mere dit de fort bonne grâce,qu’il n’y a personne qui danse mieux qu’un honnête homme & unehonnête femme, lors même que ni l’un ni l’autre n’auroit qu’une mé-diocre habitude dans cet exercice. La raison est parce que ces person-nes ont un air si doux & si poli , Sc leur cœur dans une aiiìetre silouable St íì naturelle , qu’iis répandent fur tout ce qu’ils font dr sa gré mens Sc des bienséances inimitables aux gens de ce métier qui r.ef,vent ce dont ils se ventent que pat des réglés pleines d’affectation Sctrès-peti naturelles ; M. de la Motte a touché quelque part la mêmepensée lorsque parlant d s pieccs dc théâtrê & d,s b.Iles coinposriors,que les personnes qui sont douées de certains talens naturels, cultivezpar la raison, n'ont pas besoin de consulter scrupuleusement toutesles minutes 6í réglés de fart commun > qu’au contraire, c’est aux fai-seurs & artisans de réglés à consulter tout ce que font Le disent si agréa-blement ces esprits originaux.
D A R.
D ARCE. On écrit aussi làrfi. Partie d'un bassin d’un porc de merséparée pat une digue Sc bordée d’un quai où l’on tient à flot les vaií-seaux désarmez , comme à Toulon où est un tel bassin , & darcc oùrestent les vaisseaux après leur décharge 8e desarmemen . 11 n’y a gué-ires de darcc plus avantageux que celui de ce:tc Ville maritime choisiepour les vaisseaux de terre , car les aunes vaisseaux pour 1e commer-ce sont dans le po;t de Marseille ; on appelle aussi cette partie d’untel badin, chambre , à cause de h tranquillité où les vaisseaux restent,lors même que la m; t ailleurs si toit la plus orageuse > on 1 appelleaussi darcine, de slta’ien darfiena , qui a U méuse lignification.
DARDANÂIRES. Terme de Droit. Monopoleurs qui ache-tent toutes les marchandises. Sc sor tout celles qui font néceslsires à lavie > pour en trafiquer seuls & les mettre á tels prix qu’ils voudront ;ce font des voleurs Sc des meurtriers, parce que les innocensqui n'ontpont, ou cette prévoyance rafinée Sc cruelle , ou qui n’ont point lepouvoir dc se pourvoir long-tems auparavant, ne peuvent que périr
D A R. D A T-.
sons remède sous ces cœursjmmitev'cordtcux ; selon NicoJ - cn à disdardanicr pour dire usurier;*la Loi anùonanc au Digeste, liv. 47. ritr.1 r.condamne les dardaniers a diverses peines. Les Ordonnances appel-lent daidanìtis ceux qui font des amas Sc des magazms de bleds pourles faire enchérir & les revendre ensuite avec de gros profits. Philippede Valois en 1561. fit condamnera mort un grand nomore de cesdardanaires. Dans les Villes d’un grand commerce, il semble qu’onsolfie cette forte de monopole,non-seulcment impunie, mais sons blâ-
mes parce que dans ces lieux tout dévouez au commerce , chacun sefait un point d’honneur de telle profession, pour jouer á qui sera plusrafiné dans fart de prudence Sc de prévoyance, à qui trouvera les plusprapres moyens pour rendre son négoce plus fructueux & avantageux.Chacun soit les loix & les libériez de ce jeu oeconomique , Sc person-ne conséquemment ne peut prétendre avoir été trompé , parce quspersonne dentre les gens de commerce ne peut prétendre cause d’i-gnorance; cela n’empéche pas que les sages Magistrats ne surveillentlur ces joueurs au jeu de la fortune , pour remédier aux trop grandsabus - Sc réprimer les gains illégitimes & ceux qui font directementopposez au bien public Sc au bien général du commerce.
DARDS , en Architecture, sont des bouts de fléchés que les An-ciens ont introduit comme symboles de l'amour , qui pénétré dans !cfond de ladre. Ces dards se trouvent parmi les oves qui ont la form»du cœur. U se fait aussi des dards de fer pour servit de chardons auxgrilles,
DAT,
DAT A IRE. Terme de Droit. C’est à Rome uft Officier pat lesmains de qui passent les.requêtes ou lùplíques pour obtenir les béfié-sires varans. Cet Officier est le premier de la daterìe , c’est toujoursun Prélat , & on l’appelle Protodataire quand c’est un Cardinal. LeDataire confère de plein droit tous les bénéfices qui ne valent pas plusde vingt-quatre ducats de revenu , pour les autres d’un plus grandrevenu rl faut qu’ii les fasse : le nom de datasse vient de ce qu'il faitmettre , ou qu’il met iui-même la date à toutes les sopliques en cetteforme , datum Rom& > Se rl a sous lui un Soudataire ; il y a de plus CnSubstitue de Dataire > ou un Officier particulier, qu on appelle petobitum > il faut toujours s’adrellcr au per obitum pour les bénéfices quivaquent par mort . pour les résignations , permutations. Il faut s’a-drelîér au Dataire ou Soudataire . outre 1 e Daraire , Soudataire & JePréfet des vacances appellé per obitum ; il y a quantité d’autres Offi-ciers à la Daterìe , comme Reviseurs , Officiers des petites dates ,ceux de la Componende, vinge R egií traceurs, six Maîtres du registre,qui mettent la marque de lerir registrement par une grande R. sou dosoie toutes les signatures. Quand un Expéditionnaire ou Banquier pré-sente au Dataire un mémoire, le Dataire met au bas de ce mémoirela date en abrégé & en chiffre, Sc cette date est du jour de l’arrìvée duCourier pour les François. Le Soudataire examine ensuite la supplique& y met la concession ou le consent en ces termes, annuit [anikffitmtmen sortant Je ses mains elle est remise au Reviseur, puis elle retourneau Dataire qui y fait mettre la date tout au long , datum Rome &apud Sanlíam Mariant , en exprimant le jour, l’année Sc le séjour du
Pape.
DATE. Chiffe, marque ou jour de l’an & du lieu où une chosea été faite, où un acte aété donné & passé. La date telle que l'on vieticde la définit comme une désignation des susdites circonstances duteins Si du lieu , qui accompagnent touc ce qui est & sc fait, est né-celsoire á tous les contrats Sc actes civils qui se p irisent entre deux ouplusieurs personnes pour leur utilité ordinairement réciproque ; c’estune des qualitcz essentielles qui sert à prouver la perfection de Pacte,c’est pouiqnoi toutes les Loix demandent cette Ibkmnité. Aelttsfuiedie fy Confiule mdla juris autmtate nituntur , dit la Loi, fi qust benefici/tau code de diverfts refcr'tpt'ts & pragmatkìs fianclionibus. Cette Loi estprécise Sc ne reçoit ainsi qu’il est expliqué dans la glose > aucune limi-tation : Les Capitulasses de Charlemagne , livre 6. chap. 146. la con-firment , Sc sont une preuve que la Jurisprudence Françoise a toujoursété en cela semblable aux Loix Romaines & aux Canons. Cette omi!-lìon de la date pourtant dans notte usage n’empéche pas que le con-trat ne soit exécuté comte celui qui la pafle. Cette omission ne peurêtre proposée que par un tiers. Tous jugemens doiveiìc être datez dujour qu’ils ont été arrêtez, Ordonnance de 1667. Art. 8. tit. 26. Quel-ques Docteurs ont cru que dans les Tcíhmens olographes la dar#étoss nécessaire ; mais elle siérait pas si eíkncielle dans les Testa mensreçus pat des personnes publiques , d’aurres tout au contraire que ladate siérait pas si essentielle , puiíque ces personnes publiques , No-taires, Curez donnent íùffisamment de la certitude dont le Testamentolographe semble avoir plus de besoin ; mais Maître Jein-Marie Ri-card , dans le Traité qu’il a fait des donations , Fart. 1, Sect. 7 , aprouvé très bien que la date est néceísoire dans tous les deux par desraisons & autorisez irréfragables :du mot date est venu le mot daterìe,qui est un bureau où l’on impétre les bénéfices en Cour de Rome ,à la réservé des Éveillez & autres bénéfices ConsistoriáuX. Remarquerque les Édits ne se datent que du mois où ils ont été donnez sons cot-ter le jour. Les Déclarations 8c autres Lettres ont leur date du jour di»sceau qui est marqué au dos des Lettres.
DAT IVE. Terme dc Droit, c’est une êpitére qu’on donne enDroit aux tutelles , quand le testateur a nommé par son test-ment untuteur à fes enfans ; en France les tin elles darives ne sont point enusage. Loiíèl donne à ce mot une signification différente de celle quinous venons de définit : cet Auteur appelle tutelle dame, celles quise donnent en Justice par Lavis des païens.
[DATTES. C’est le fruit du palmier. On emploie les dattesdans les tisonnes pectorales. On en prend d x ou douze que l’onmonde dc leurs noyaux ; c’est la dose ordinaire pour deux pistesd’eau. Ces sortes de fruits sont fort adoucissons, Sc légèrement aí-
trssigens,