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d’une interprétation infi.selle & peu éxacte. L’entreprise des drog-mans ou interprètes étant absolument néceíîàire dans le commerce duLevant, & le bon succès de ce commerce dépendant en partie de leurfidélité & de leur habileté, Louis XIV. pour y pourvoir donna aumois de Novembre 1 66). un Arrêt de son Conseil en forme de Rè-glement , par lequel il fut ordonné , qu’à l'avenir les drogmans & in-terprètes des Echelles de Levant rélident a Constantinople , Smirne& autres lieux, ne pourroient s'immiscer dans les fonctions de cet em-ploi , s’ils n croient François de Nation. & nommés par une assem-blée de Marchands qui íe feroit en la présence des Consuls, entre lesmains defquels ils seroient tenus de prêter serment , dont il leur fe-roit expédié acte en la Chancelerie des Echelles. Sa Majesté ordonnaen outre parle même Arrêt, que de trois en trois ans il feroit envoyédans les Echelles de Constantinople Sc de Smirne, six jeunes garçonsde l’âge de huit à dix ans, qui voudroienr y aller .volontairement ,lesquels seroient ternis dans les Couvens des Petes Capucins defdicslieux, pour y être élevés Sc instruits à la Religion Catholique, Apos-tolique Sc Romaine , & à la connoiilance di s langues, afin qu’on s’enput servit avec le tems dans les fonctions de drogmans Sc interprètes;par un second Airét il est porté qui! se ta envoyé íix de ces jeunesgens par chacune des trois premieres années, pour qu’il s’en put trou-ver en moins de tems un nombre fusillant pour le service de la Nation,fans qu’il fut déformais besoin d’avoir recoins à des étrangers. LesPetes Capucins de Constantinople & de Smirne se voulurent chargerde les nourrir, entretenir Sc lès instruite en la connoiilance des lan-gues, moyennant une pension de 500. livres pour chacun, qui ícroitpayée auídits Petes par la Chambre du Commerce de Marseille furiedroit du demi pour ccnt appellé eottìmo. Par ce prudent étabh’íse-ment on évita de confier les secrets de commerce Sc de politique auxétrangers, Sc l’on eut plus de facilité de délibérer fur ce que lesConsuls avoient à résoudre ; car ce ne sent pas seulement les Am-bassadeurs des Nations Chrétiennes résidens à la Porte , qui entre-tiennent près deux ces interprètes, pour les aider à traiter I. s affairesde leurs Maîtres ; mais les Cons uls aussi ont des drogmans pensionnésSc entretenus, tant pour leur propre usage que pour celui des Mar-chands de leur Nation qui trafiquent, ou d.s étrangers qui y viennentfous la bannière de France ou autre Prince qui a Consul, résident àla Porte.

DROGUERIE. Terme général exprimant le commerce de lamarchandise appelléc drogues , qui se fait par les Marchands duCorps des Épiciers, lesquels commercent & vendent les drogues &les épiceries. Les drogues proprement dites sent de deux sortes, selonles dfcux plus grands Sc importans usages qu’on en fait ; savoir > pourla médecine & pour la teinture. Les Épiciers ont rapport al’apprêtdes viandes plus particulièrement. A l’égard des drogues médicina-les , pharmaceutiques Sc chymiques, ces drogues sont en grand nom-bre , c’cst ce qu’on appelle chez les Médecins matena medtca , la ma-tière médicale, Sc elles font la meilleure patrie du commerce desÉpi-ciers en gros. Quelques-unes croissent & se, trouvent en France > maisla plupart sent apportées du Levant & des Indes Orientales, surtoutde i'Orienc Méridional > où le soleil par sa force Sc par la constitutionnaturelle du sol & terroir, exprime plus abondamment de la terre desplantes Sc des animaux, ce quelles ont pour Futilité de l’homme. Voyez.DroGUi. Et consultés les livres Sc traités qui parlent en détail ducommerce des Hollandois. L’histoire générale des drogues de Pometimprimée en 1 ))f. aussi bien que 1 cTraité Universel.des drogues parordre alphabétique que l'Émery a rendu public en 1698. ne doiventpoint être négligés; lien ne feroit plus avantageux à un Marchand,surtout des drogues Sc épiceries, que d’érre un peu Physicien ; car au-trement il fera facilement trompé ; mais s i! entend la Physique, il pour-ra entrer en connoiffance, & parlera pertinemment de la nature desdrogues & autres productions > il distinguera la bonne efpece de lamauvaise, celle de la meilleure qualité, il en pourra conséquemmentfaire un bon choix & élection. Il peut en faire venir dans son propreterroir, en faire la culture, suppléant à tout ce qui peut manquer àraison des lieux. Les drogms qui regardent la teinture sont de deuxfortes ou dispositives à la couleur ; mais non colorantes ou coloran-tes par clles-mcmes > les drogues préparantes & non colorantes sontl'ahm, le tartre, divers sels, surine, la chaux ,&c. Les drogues colo-rantes sont les pastels, l’indigo, la cochenille, Scc. Voilà l'ample ma-tière & so)er du tonnrttrcc appellé droguerie. II faut remarquer quedans le Tarif de 1664. pour ce qui regarde les entrées du Royaume,les drogueries & épiceries sont distinctes Sc séparées des autres fortesde marchandises , & les droits de la plupart doivent être perçus aupoids. Quant à la sortie, celles non ratifiées qui sont venues des Paysétrangers, font exemptes de tous droits en justifiant que les droits dePcntrée ont été bien Sc dûëment payés ; í’Article 1. du titre 5. dePOrdohnance des cinq grosses fermes de I6S7- marque les Villes dela Rochelle, Rouen & Calais pour feutrée dans le Royaume des dro-gueries des Pais étrangers dans Pécenduë de la ferme, & Bordeaux,Lyon Sc Marseille pour les Provinces réputées étrangères. Les dro-gueries étrangères entrées par ces dernieres Villes nc payent rien, oudu moins un simple supplément s’il est dû , en passant par les autresbureaux de la ferme. L’Art. x. du titre 1. de la même Ordonnance,porte que tous les droits d’entrée & de sortie seront payés aux bureaux,fans déduction des autres droits qui auront été payés dans les Pro-vinces réputées étrangères, à la réservé des drogueries Sc épiceries ,pour lesquelles les droits qui auront été payés seront déduits,& dansle second Article il est dit que lut toutes icsilites marchandises doncles droits sc payent au poids, il ne sera fait aucune déduction descaisses, tonneaux , ferpilleres, & de cequi sert àl’amballage, sicen’estpareillement fur les drogueries & épiceries. Ces drogueries & épice-ries sont un des principaux objets du commerce des Hollandois, qui«n fournissent presque toute l’Europe.

DROGUET. Etoffe tantôt toute de laine, & tantôt moitié!aín«

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& moitié fi!, quelquefois croisée Sc quelquefois fans croifurcs. Lesdroguets croisés se travaillent avec la navette fur un métier à quatremarches, de méme que les serges de Beauvais & autres semblablesétoffes qui font croisées. Pour ce qui est des droguets non croisés, ilsse fabriquent fur un métier à deux marches avec la navette de la mê-me rtíaniere que la toile, le camelot Sc autres pareilles étoffes quin’ont point de croisure.

Les droguets s’employent ordinairement à faire des surtouts > juste-au-corps , vestes & culotes , il n’y a que les espagnolettes de Rouer»& d’Arnctal , donc l’ufage ordinaire est pour faire des doublures ,des chemisettes, caleçons, jupons & autres semblables vécemens pourse garentir du froid. II n’y a gueres que les droguets espagnolettesde Rouen & d’Arnetal, Sc quelques droguets fur fil qui íe teignenten piece , car pour les autres on les teint en laine , c’est-a-dire ,que 1a laine dont ils sont composés est teinte en diverses couleurs &mélangée avant que d’ctrc cardée. filée & travaillée fur le métier. Onappelle droguets fur fil les droguets dont la tréme est de laine Sc lachaine de fil. Les droguets sont souvent nommes pinchinas > quoi-qu’ilsn’ayent qu’un rapport très éloigné aux véritables pinchinas > quiv.ennent de Toulon ou de Chálons en Champagne. A Rouen il sefait dc trois sortes de droguets qui ne font point croisés ; les uns sonttout de laine , les autres qui sont souvent appellés berluches ou brelu-cbes, ont la tréme de laine Sc la chaine de fil. Enfin Jes derniersque l'on nomme communément espagnolettes sont encierement delaine tii és à poil d’un côté & quelquefois des deux , ce qui les rendtrés-chauds : Or de ces droguets espagnolettes il s’en fait de diffé-rente, qualité ; les uns très-uns tout de laine d’Espagne , d’autres demoindre finesse de laine d’Espagne , mêlée de laine de Pais qui fontles plus grossiers & les moins estimés , ils sc fabriquent tous eh blancSc se teignent ensuite en différentes couleurs. Les lieux de France ouil se fabrique le plus de droguets sont le Lude, Amboise , Partenay ,Niort, Reims , Rouen, d’Arnetal, Verneuil au Perche , Troïes ,Chaumont en Baslìgny > Langres , & Chálons en Champagne. II sefait aussi de tres-beaux droguets , mais d une façon particulière aBedarieux en Languedoc , Sc dans plusieurs Villages circonvoiíìns.Ces droguets fe débitent en Allemagne.

En tems de paix la France tire de Hollande & d’Angleterre quan-tité de droguas non croisés tout de laine fine, ordinairement drappésqui sont tres-beaux Sc très-estimés. A l’occasion des différences fa-çons qu’on peut employer dans la fabrique des droguets, je me sou-viens de la manière curieuse avec laquelle Mr. Savary avoitimagsoc,inventé Sc fabriqué deux fortes d’étossès dont nous trairons ici ; unede ces sortes & façons coníïsloit dans un droguet, donc la chaîneétoit de fil Sc la tréme de laine , qui sc faisoient à basse lisses à lamarche de i’ouvrier. L’autre forte étoit un droguet d’or Sc d’argentfigurés > dont la chaîne étoit en partie de fil d’or ou d'argent Sc desdeux conjointement Sc de soie, Sc la tréme tout de poil de chevre.

DROGUIER. Le droguier le plus complet Sc le plus curieuxqui fut en France, étoit celui du fameux Sc habile, Pomet MarchandDroguiste ; il concenoit une piece grande ou petite de toutes les elpe-ces de productions utiles de la nature , tant des minéraux , métauxSc pierres que des végétaux Sc animaux ; ce droguier contenoit tou-tes les drogues dont son grand livre tn-folio fait une txès-ampledescription. Les Afpirans à la Médecine Sc Pharmacie doivent sc fa-miliariser dans la connoiilance , non seulement occulaire, mais sensi-ble de tomes ces différentes efpeces; Sc non seulement un MédecinSc Pharmacien, mais tout homme curieux Sc Physicien. Les Mar-chands Sc les (Economes n’ont pas moins besoin de cette science &connoiílànce. La disposition de ce droguier est telle , c’est une efpeced’armoire ou buffet garni de quantité de tiroirs posés horizontale-ment l’un fur l’autre en plusieurs columnes perpendiculaires. Chacunde ses tiroirs est divisé en petites caillés quartas de peu de profon-deur , afin quelles soient exposées aux yeux plus distinctement ; cha-cune de ces petites cellules contient ou une ou plusieurs droguesparticulières avec son étiquette, pour en trouver plus facilement lenom ou l’efpece. Ce droguier contient ses drogues en ordre , soitpurement alphabétique, ou raisonne fur tout lesAlpirans à ,'a Pharma-cie, avant que d’être reçus Maures Apoticaires, doivent être interro-gés fur Ie droguier.

DROIT. Terme dc Jurisprudence où il y a beaucoup de chosesà considérer, Sc d’abord il faut en poser la définition en général, c’estl’Art d’apprendre à vivre honnêtement > à n’offeníèr personne , Sc àrendre à chacun ce qui lui appartient , juris precepta fmit bec , bonefie'ui'vere , alternum non hdere, jus juum cuiqlte tribnere injiit. iïbr. 1. L. 3.en quoi il différé de la Jurisprudence, qui est la parfaite connoiilancedes préceptes ; d’où vient que nos Docteurs disent que la Justice estune vertu donc le Droit nous enseigne la pratique, fajhtia pofita estante pis, secundum ordinem nature, quo omms ars five Jctentia pofieriorest eo qttod docetur.

DROIT ROMAIN est troprecommandable parmi nous pouren ignorer l’origine & le progrès. En effet puisqu’il sert de Cou-tume en certaines Provinces dc ce Royaume > que nous appelionsPais de Droit Écrit, ce que les Ordonnances même & les Coutumessemblent avoir été tirées en partie des sages constitutions qui le com-posent , nous croyons qu’il ne sera pas moins utile que curieux d’eadonner une idée à ceux qui n’en ont pas fait une ctude particuliè-re i l’ordre le plus naturel que nous ayons à suivre > est de considérer1 e peuple Romain dans les trois différons états où il s’est rencontré.II a été au commencement gouverné par des Rois, Sc à la fin pardes Empereurs ; mais il y a eu un tems intermédiaire qui est celuide la République.

Le premier de ses Rois a été Romulus, lequel régla d’abord com-me un arbitre Souverain ses affaires des particuliers selon les diver-ses occurrences. Ce ne fut qu’après s’étre apperçu que le nombrede ses sujets augmentoit, qu’il entreprit de faire des Loix qu’cn

appella