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L’Élection de Paris contient quatre cens quarante Parroisses. On campteen tout cent soixante-huit Élections. L’Électllon de Paris ou la Juriídic-tion des Élus cil composée d’un Président, d’un Lieutenant, d'unAilelseur, & de vingt Conseillers ou Élus. Les Généralités de Breta-gne , de Montpellier , de Toulouse 8c de Dijon ont des recettes,celle d’Aix a des Vigueries. 11 y a des Élections en Dauphine. LaCommission de la répartition des tailles est d’ordinaire adressée parles Intendans aux Élections de chaque Province , ensuite les Elusfont les rôles par lesquels ils cottisent les Villes, Bourgs & Villagesde leur territoire , après quoi ils les adressent aux Parroisses quichoisissent des Collecteurs, pour faire la répartition & la recette desdeniers qu’elles doivent fournir pour leur cottepart. L’appcl desÉlections est relevé à la Cour des Aides. En 1619. le Cardinal deRichelieu fit supprimer les Etats de Languedoc , St créer vingt-deuxElections dans cette Province ; mais en léfi. ses Etats surent ré-tablis , St les Elections supprimées ; fur quoi remarqués qu'un Paysd’Election , c’est-à-dire, ou les Elections font établies, est oppose auPays d’Etat > parce que les Etats y font eux-mêmes lever la taille.
ÉLECTION de domicile, le lieu fixe qu’on désigne dans uncontrat ou dans un exploit où on demeure actuellement ou qu’onchoisit , & dans lequel une partie aggrée qu’on lui fasse les ligni-fications que la partie adverse sera obligée de faire en exécutionde ces actes. Les exploits des saisies ne valent rien s’iln’y aune Élec-tion de domicile, les contractans font souvent élection de domicileen la maison de leuts Procureurs, étant fort naturel d’étre sensé ha-biter dans le lieu où nos intérêts font soutenus. On peut dire que sesaffaires civiles & sensibles ne font point assez clairement désignées Stdéfinies que par les circonstances des tems St de lieux , que leur don-nent la certitude & détermination nécessaire à des actes certains &très-poíitifs. Ces circonstances dans les actes civils ne font même seu-lement accessoires, mais essentiels, parce qu’ils modifient le fond mê-me des choses, en font varier l’efpece, & exigent des jugemenstousdistèrens.
ÉLECTORAT. Dignité Électorale, e’est aussi le territoire qu’ilpossede annexé à fa qualité. En 169a. l’Empereur a érigé un neu-vième Electorat era faveur de la maison de Lunebourg. D’Éiecteur& Ejecterai vient i’adjectií Électoral, dit de tout ce qui concerne cettepersonne Sc la Dignité. On dit Prince Électoral, Collège Électoral ,Bonnet Électoral. Le Prince Électoral est le fils aîné d’un Électeur, ScPhéritier présomptif qui doit succéder à fa Dignité. On traite un Élec-teur Séculier d’Altesse Électorale. Le Collège Électoral,qui est com-posé de neuf Électeurs d’Allemagne, est le plus Illustre Scie plus Au-guste Corps de l’Éurope. Bcllamnn & Baronius attribuent l’iristitutiondu Collège Électoral au Pape Grégoire Sc à l’Empereur Othon III.dans le sixième- siécle presque tous ses Historiens Sc fur tout ses Ca-nonistes font de ce sentiment; mais Mr. de Wicquefort n'cn tombepoint d’accord , & prétend prouver pat l’Élection des Empereurs luivant que le nombre des Électeurs n’étoit point fixe, Sc que la Digni-té Électorale n’étoit point annexée a certaines Principautés, à for-clusion de tous les autres Princes d’Allemagne > il sourient qu’.iv.mrCharles IV. il n’y avoir rien de réglé, Sc qu’il ne publia la Bulle d’Orque pour prévenir ses Schismes, Sc assurer le repos de l’Empire par unRèglement formel & positif. Certe Bulle d’Or donnée pat ChaisesIV. en 1Z5 6. forma le Collège Électoral, Sc réduisit à sept le nombredes Électeurs. Le Roi de Bohême n’a séance Sc lustrage dans le Col-lège Électoral, que quand il s’agit de l’Élection de l'Hmpercur. Cen’est pas seulement en Allemagne qu’on applique ce mot Électoralau Collège Électoral, on le dit Sc applique a Venjze à douze Famil-les, qu’on appelle les douze Maisons Électorales, parce qu’elles sontdescendues de douze Tribuns qui furent les Électeurs du prunierDoge de Venise ; ces douze Familles font la premiere Classe de la No-blesse Vénitienne, elles sc font conservées jusques à présent depuisl an 704.
ÉLECTUAIRE. Médicament composé de poudres,' Sc d au-tres incorporées avec du miel ou du sucre.
T.leBume de fruits 'four exciter Fappétit - pour arrêter les hémorragies ,(j* les cours de ventre.
Faites infuser dans neuf ou dix livres dc fort vinaigre * une livrede fleur de smnach > au bout de vingt-quatre heures cousez l’infu-fion, & faites-y cuire à petit feu & fort doucement de la chair decoing, des pommes acides Sc des poires sauvages, de chacun une li-vre > avec cinq onces de cormes encore vertes, le tout bien pilé Scmondé des pépins : ensuite ayant coulé 1 * décoction, Sc écrasé lesfruits cuits dans un mortier de marbre, l’on en tirera la pulpe par leramis, Sc l’on ícra cuire cependant quatre livres de sucre blanc, Scdu meilleur dans la décoction, à laquelle on ajoutera une livre dcverjus, Sc deux onces de sucre de berberis : quand le sucre fera cuiten coRÍillencc d’opiârc, vous y dissouderez la pulpe; Sc quand ce mé-lange sera à demi refroidi, vous y mêlerez la poudre qu’il convien-dra, Sc vous aurez un électuairc que vous conserverez dans un potde fayence pour l’ufage. On le donne depuis unedragme jusqu’a trois.
EleBuaire ktìfiant.
Concassez, & faites cuire dans trois livres d’eau , trente mvrabo-lans embliques, Sc vingt autres myrabolans cepules, jusqu’à diminu-tion d’un tiers : ensuite ayant coulé la décoction avec expression ,vous y ferez cuire une livre de miel jusqu’à consistence d'opiáte , 8cle mélange étant à demi refroidi, on y mettra quatre onces dc pou-dre letifianre : on mêlera k tout, Sc l’on conservera cet électuairccomme ci-dessùs. II est propre pour raréfier la pituite , réjouir lesparties nobles , Sc réparer les esprits dissipés ; on 1 e donne avec sec-tes dans la léthargie , l’apoplexie & la paralilìe ; il ne peut produire
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que de bons esters. La dose est depuis une dragme jusqu’à deux, &quelquefois, jusqu’a trois.
Eleciumre capital.
Prenez fleurs de bourrache , dc romarin Sc de buglose, de cha-cune une livre ; pilez semences de fenouil, d’anis, de fenouil ma-rin, de filer de montagne, de chacun six onces, Sc une once dc bon-ne canellc : ensoite mêlez le tout ensemble , Sc faitcs-cn un ékctuai-re qui est propre pour fortifier le 'cerveau Sc l’estomach , maintenirla mémoire, & éclaircir la vise'. La dose est de la grosseur d’une peti-te noix, qu’il faut prendre le matin a jeun.
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ÉLIXIR. Voyez, cet Article dans le Dictionnaire (Economique ,Sc y ajoutez ce qui suit.
Autre Elixir de propriété , dont la préparation est trh-facih.
Réduisez en poudre fort subtile une once de candie , anis, ja-lap, iris de Florence Sc se né , dc chacun deux ornes ; mêlez bien !çtouc dans deux onces de sucre pulvérisé, Sc le gardez pour en userle matin à jeun. La dose est d’une cuillerée dans du vin blanc. Ce re-mède conserve la famé , guéiit plusieurs maladies habituelles, cn pu-rifiant la masse du sang.
Elixir de santé , autrement drogue amere des Indes Orientale ,ou eau cordiale du Frere Capucin.
Prenez une once dc mastic en larme, deux onces du meilleuraloës fucotrin , trois onces d’encens mâse , Sc six onces de co!o;,ho-ne , ou gomme grecque : pilez ces drogues séparément > enserreque la poudre n’en soit ni trop grosse ni crop menue. Mettez toutesles poudres dans un vase de verre gros & soit, avec «ois pintes dela meilleure eau de vie ; il faut laisser au moins trois bons doigts devuide dans le vaisseau , 8c exposez-le au Soleil pendant quarante oucinquante jours.
On prend cet élixir à jeun, & l’on s’abstient de boire de l’eau ,ou quelqu'autre liqueur que ce soit , au moins pendant deux heuresaprès la prise. La dose en est de deux doigts ou de la garndeurd'un petit verre à eau dL vie. Si le flux de ventre ou 1 e vomisse-ment survient, il faut incontinent après réitérer la prise : ce qu’ilfaut pratiquer lorfqu’on prend de cet élixir , dans les foiblesses <fes-te mac Sc vômissemens habituels : on en prend la méme dose pourles dartres Sc démangeaisons, pour les douleurs dc ventre, 8c pou:toutes sortes de coliques : si les douleurs ne diminuent pas ; onprend une seconde prise d élixir deux heures après la premiere. S’ilcause un flux de ventre , c'est bon signe ; il faut en reprendre en-core après l’évacuation pour réparer les forces. On en prend un peudavantage au commencement du frisson des fièvres intermittentes ,& si elles ne passent pas trois ou quatre jours après , on continue 1cmême rémede, & on sc fait saigner Sc purger. Pour sc préserverde la peste , on en prend 1e matin à jeun. & l’on s’en frotte sesnarines Sc les temples. II est souverain contre les douleurs des fem-mes nouvellement accouchées , contre les indigestions 8c cruditésd’estomac. Si le malade n’est pas soulagé à la premiere prise, on laréïtere de deux heures en deux heures, jusqu’a ce qu’il soit enticre.ment rétabli. II est trés-efficace contre toutes sortes de foiblesses, Sede défaillances de nature , contre les palpitations, vapeurs Sc convul-sions ; on en fait prendre intérieurement, & l’on en frotte les tem-ples Sc les narines. On fait la même chose à ceux qui sont trop assou-pis, soit naturellement, soit parce qu’ils ont pris trop d’opium. Ons’en met le soir en sc couchant quelques goûtes chaudes dans l’oreille,Sc dans la bouche avec du coton , pour les tintemens d’oreilie Scmaux de dents. Pour ses maux de tète , on s’en frotte la tête Sc lefront, fur lequel on met un bandeau qu’on a soin de rafraîchird’heure en heure. On en prend au défaut de chérúqirc pour leschûtes dangereuses ou pour les contusions considérables ; il faut sefaire saigner auparavant. On en met aussi dans ses blessures , Sc l’onmet une compresse par-dessus, qui en est imbibée. Le marc en est bonpour toutes fortes de playes. Ce rémede est éprouvé pour toutes ksopérations ci-defl'us marquées.
Élixir, stomacal. Prenez aloës fucotrin quatre onces; rhubarbetine once, theriaque de Venise une once, gingembre deux gros, gen-tiane , myrrhe fine , agaric mondé , fleur dc safran, de chacun qua-tre gros. Vous concassez touc ce qui peut l’être , Sc vous mettez letout infuser dans une pinte de bonne eau de vie , ayant soin de 1e re-muer tous les jours pendant trois semaines, aubout defquellesvouslaissez reposer ja liqueur pendant huit jours, Se ensuite vous la versezpar inclination , puis vous remettez un demi-secier d’eau de vie furle marc, 8c vous faites infuser comme cí-devanr.
L’ufage de cet élixir n’est jamais dangereux , on le donne mêmeaux femmes enceintes, son effet propre est Je purger doucement ,& de fortifier l’estomac. La dose en est d’une cuillerée dans troiscuillerées de vin, qu’il faut prendre le matin à jeun, ou deux heu-res après le repas, ensuite il faut boire «ois ou quatre tasses de thé,à une deml-hcure de distance l’unc de Faune, an défaut de thé onprend de la «senne ou de l’eau chaude, dans laquelle on peut mettreun peu de sucre. On ne donne aux enfans que U moitié de la dose.
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ÉMANCIPATION. En Pays Coutumier la tutellcdurejufquesà la majorité , à laquelle dans la plûpatt des Coutumes on ne par-vient qu’à vingt-cinq ans ; mais dés que les pupilles ont quatorzeans, on peut les faire émanciper fur l’avis des Païens; on attend pour-tant le plus souvent qu’ils en ayenc dix-huit. Proprement c’est l’assian-chilsemcnt de la puissance paternelle8c c’est aussi la liberté d'agir Scde gouverner son revenu sens l’assistance d’un tuteur; pour cela il