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E N T. E N Y. E N U. E P A-

deux. Quelquefois le mot «'entreprise sc dit d’une chosc & affairefaite, comme quand on dit Peu.reprise de cc Fabriquant» été heu-rcule, il a gagné cent mille écus fur ses draps, fur les étoffes de fa nou-velle fabrique. Le mot d’tntreprendre signifie quelquefois entrer dansla fonction d’autrui fans droit, & avec le dommage des autres arti-san* ou manufacturiers qui en ont le droit Sc privilège priva ivementá tout autre : dans ce sens dans la Pratique 8c la Police on dit, il y atous les jours des affaites pour les entreprises des artisans, les uns furles autres , ce qui arrive parlant des ouvrages que les Maures d'uneCommunauté de quelque Art ou Métier font, Uns avoir dioit de lesfaire, appartenant par des Rógletnéns aux Maîtres d’un autre Corps.Ainsi c’est une entreprise des Savetiers sor les Cordonniers, Sc des Cor-donniers fur les Savetiers, Torique ceux-ci travailienc en neuf, & queceux-là travaillent en vieux, autrement les uns Scies antres que pour«uK-mêmes, leurs femmes & enfans. C est de ces fortes d’entreprisesque naissent tant de contestations Sc de procès entre les Maîtres de di-verses Communautés des Arts Sc Métiers, Se à Paris, 8c dans les grossesVilles, Lyon, &c.

ENTR.ETOISE. Terme de Charpenterie qui se dit des piecesde bois qui sc mettent de travers dans un pan de charpente , Sc quis ’j(semblent par des mortoiscsáí tenons avec les potaux pour les tenirsennes. Entremise croisée est un assemblage en sonne de croix de St,André, posé de niveau entre les ennuies de l’emayeure d'un dôme. Onledií auíli en plusieurs autres occasions , comme lent, croise d’un car-rosse est la piece de travers qui assemble & entretient les moutons.Cette piece dans les beaux caresses est ordinairement ornée de dit-verses sculptures, elle se fait du même bois que les moutons,

E N V.

ENVELOPPE. Terme de Marchand Sc de Négociant. C’cst lepapier ou la toile qui sert â empaqueter Sc couvrir fes marchandises.On dit papier d’enveloppe, toile d'envelloppe, pour dire certaine sot-te de papier ou de toile qui sert aux Marchands à cet usage.

ENVERS. Terme ce Marchand de drap ou de toile. On appelleainsi dans une étoffe se- côté Sc moins beau, Sc dans un ouvrage detoile le côté de la couture. Les tapisseries de haute lisse sc travaillentpar l'envers. Les étoffes à deux envers font celles qui font aussi bellesd’un côté que d’aurre. II vaur mieux dire étoffe à deux endroits qu’étoffeà deux envers. On diroic plutôt étoffe fans envers , qu’étoffe à deuxenvers, pour marquer une étoffe qui est ’au/Tì belle Sc aullì travailléed’un côté que de l'autre. Envers vient de inversas mvertere , tourner oule droit ou endroit, en envers ou revers, ou le dedans en dehors, ou1 a surface directe en la surface opposée. La surface directe est cellepar laquelle un ouvrage est ordinairement considéré , Sc est 1c plusconsidérable Sc du plus agréable aspect Sc du plus bel usage.

É N U.

ÉNULA CAMPANA. Conservé de racine ffénula campana ,qu on appelle vulgairement année .

Prenez telle quantité qu’ii vous plaira de ces racines > faites lesbouillir à petit feu > avec quantité suffisante d’eau commune, dansun pot dc terre bien couvert j quand elles seront molles vous les re-tirerez , 8c les pilerez dans un mortier dc marbre , comme ci-dessus ;ensuite vous passerez la pulpe par un tamis , vous la pèserez, & vousferez cuire le double pesant de sucre rosat. Alors vous retirerez ladécoction du feu, Sc l'ayant laiílêc un peu reffroidir, vous y mêlerezexactement la pulpe en agitant Sc remuant le tout avec le biflortier,jusqu’à ce que la conserve soit tout-á-sait froide. Ensuite vous la gar-derez dans un pot bien bouché pour vous cn servir dans le besoin.La dose de cette conserve est depuis une dragmejulqu’a crois. C’estun fort bon remede contre les maux de poitrine , Sc fur tout contref asthme i elle fortifie l’eftomac. excite l’appetit > Sc résisté au venin .provoque ses mois aux femmes. Sc guérit îa gratelle.

É P A.

ÉPAISSISSANTES. Voyez Plantes.]

ÉPAVES, sont proprement des bêtes épouvantées Sc cgarécs >mais dans l'ufage on entend aussi fous ce mor toutes les choies quifont perdues, & lesquelles n’étant point réclamées dans le rems pic sicric par la Coutume du lieu, font sensées n avoir point de Maître Scappartiennent au Seigneur Haut-Justicict. L’origine de ce mot estexpavere , expavescere , expavefacere > s’effiayer, devenir tout effrayé,quasi befiis, expavefacls. j mais la signification s’est étendue plus Io n jjusques à signifier tout ce que la mer rejette fut son bord, soir débrisdes vaisseaux ou autres choses , Sc généralement toutes choses per-dues Sc égarées. Épave ou efpave est le Droit d’un Seigneur Haur-Justicier, par lequel les choses égarées , & qui ne font redemandéesdc personne, qui se trouvent dans l’étenduë de fa Seigneurie, lui ap-partiennent , parce que n étant plus possédées par le vrai Maître quiest inconnu, Sc qui ne sc fait point connoìtre, ne peuvent être fans uti-lité ; car les biens font faits pour l’ufage , donc le Seigneur duPays doit les posséder , de peur que nul homme ne les pofledc; toutce qui flotte est de même, il semble que la chose flottante cherche unMaître quelle ne peut trouver,fi les Loix ne déterminent ce Maître.Les Procureurs du Roi aux Sièges d Amirauté, ont un registre quicontient l’écat dc tous les échouëmens, bris, naufrages , Sc générale-ment de toutes les épaves trouvées en mer ou fur les grevés. Onappelle épaves foncières des fonds présumés vaquans , parce qu’onn’en connoîc pas bien le propriétaire. En quelques Coutumes on aappellé épaves les aubains; car il y a quelque apparence Sc présomp-tion que ceux qui sont nés ailleurs n’ont pas quitté leur patrie , fansy avoir reçu quelque mécontentement, qui Rut aótélegour Sc 1 amourTome i.

E P A. EPE. E P H. EPI- *51

d’une patrie ingrate ou disfavoràble. Les Marchands font hors d#cette présomption, puisque l'amour du gain leur fait négliger cettehabitation oisive dans leur Pays de naillance , Sc les rends vrais cos-molites ou habirans du monde. Ils tiennent Sc aiment comme leurpatrie tout Pays où ils peuvent acquérir du bien, leur intérêt tempo-rel les rends stoiques, Sc étouffé cn eux cet amour cendre, qu’on a na-turellement pour le terroir qui nous a donné naillance, vie & éduca-tion. Baquet dit .qu’on doit entendre par épaves ceux qui sont ncsfi loin hors du Royaume, qu’on ne peut savoir le lieu où ils ont prisnaillance. D’efpave est venu espuvité, ou état des choses,des person-nes Sc des animaux ; efpaves ou épaves, en quelques endroits, c’est unemaxime du Droit Coutumier > qu’épavité ne gtt cn Noblesse, c'est-à-dire, que la Noblesse n’est point sujette au Droit d’eípavicé ou d’au-baine.

[ÉPAULE dc mouton. Voyez Cuisine ou Mouton.ÉPAULÉES. Voyez Maison.

É P E.

ÉPEAUTRE. Voyez Blé;

ÉPÉE. Toile qui rejìjie À l'épét. Mettez en double une toile neu-ve bien force ; enduisez la de colle de poisson dissoute cn eau com-mune, Sc faites la lécher fur un aix : ensuite faites fondre ensem-ble une once de thérébentine, deux onces de cire jaune, autant demastic , Sc autant de résine ; mêlez bien 1e tout, en remuant, Sc trem-pez votre toile dans cc mélange, enserre qu’elle cn soit enciercmcnrimbibée.

É P E R L A N. Petit poisson de mer qui est d’un bon goût. Pourfaire frire l’épcrlan > il faut l’écailler, 1e vider, Sc le mett. e marineravec du sel, poivre, vinaigre > ciboule & laurier , Sc après savoir bienefluyé, 8c ensuite saupoudré de farine > on le fait frire, Sc on le sertbien chaudement avec du persil frit à I’ordinaire.

On fait aussi des ragoûts d’épetians, le plus ordinaire est de les fai-re cuire dans le vin blanc, avec sel , poivre, muscade , un morceaude citron verd, Sc un peu de beurre ; pour liaison, on ajoute un peu defarine frite, Sc l’on sert chaudement avec des câpres.]

É P H.

ÉPHORE. Terme de Juriste. Magistrats quiétoientà Sparte,ceque ses Tribuns du Peuple croient'à Rome. Ils étoient établis pourbalancer Sc réprimer l’autorité des Rois, 8c pour en être ses Inspec-teurs, comme ses Romains avoient établi à Rome les Tribuns pourcontrôler & réprimer la pu îslance des Consuls. Les É, h ores avoientune fi grande autorité pendant 1e peu de tems de leur surveillance, qu'ilsont quelquefois chaises les Rois, Scies ont fait mourir. S’ils avoient unetelle autorité au-dessus des Rois , à plus foire raison ils avoient au-torité fur ses auues Magistrats. Ils diininuoienr ou aboìifloient la puis-sance des autres Magistrats, Sc faifoient rendre compte à qui bon leursembloit. Ils obscrvoient également la conduite du Peuple Sc celle duRoi, Se ils tenoient si bien l’unc Sc l’autre dans l’équilibic , quel'auto-rité Roïale ne pench it jamais vers la tyrann e, nila liberté populai-re vers la révolté. Il auroit fallu dc ce tems là, pour rciíiplir remploid’un Éphore, avoir des Héros 8cdes demi Dieux, ou d’une sagesse8cprobité éminente Sc vénérable aux grands Sc aux petits, ce qu’il étoit& est encore bien difficile, & presqu’impoffible à trouver ; cependantceux de Sparte s’imuginérent qu’il c-toit facile d’en trouver, mais se-lon se témoignage dc Platon Sc d Aristote, ce gouvernement dégénéraen tyrannie, quoiqu’il fut établi pour s’y opposer, la prévenir Sc ladétruire : ce gouvernement par des Épnores, nc resta pas de durerdans une alternative de bien Sc de mal selon la condition humainevariable environ yji. ans; à 1 égard de l’origine desÉphores, ses unsont opinion qu’ils furent établis par Lycurguc même fameux Légis-lateur ; mais Plutarque pense que kur établissement n’est pas si ancien >puifqu’íl allure qu’il fuient établis par Théopompe i)o. ans aprèsLycurguc. Ce mot d'Éphore qui signifie Inspecteur Sc Surveillant,vient d’un mot Grec qui lignifie avoir inspection, tout comme seinotd’Evêque qui a la même signification. Du tems de Cromwel Protec-teur de liberté de son Pays, on vit en fa personne une peinture assezexacte de ce qu'ont été autrefois à Sparte les Éphores. Ce que nousavons dit dans cet Article fait assez voir que la comparaison n’est pasfore éloignée. Sc est même assez ressemblante.

ÉPI.

ÉPICES. Terme de Pratique. Ils ne sont pas de l'invention desFrançois, puifqu’ils paroît pat les Nouvelles iy. Sc 8z. de l'Empe-reur Justinien, qu’on accordoìt aux Juges quatre écus de chaque sen-tence qu'ils rendoient, Sc qu’en cherchant leur origine de plus loin,nous voyons dans Homère que l’on mettoit deux talcns d’or entreeux pour être distribués à celui qui opinoit se mieux , preuve quede tout tems on a honoré la sagesse, le jugement & l’équité , nonseulement par le respect, mais encore par leslprésens Sc comme of-frandes religieuses. Çar ses sages Juges Sc Magistrats font commeses Prêtres de Thérnis 8c de la Justice, 8c on seur doit des offrandes Scdes bienfaits; car fans ces Sages la Société ne seroic qu'une confu-sion irrémédiable, à cause de la cupidité déréglée 8c effrencc. Maisces récompenses portoient d'auties noms qu’épices. Le proverbecommun n'étoit pas borné dat galenus opes , dat Ç ustimr.nus honoréepauper Aristeteles cogitur ire pedes. Comme on voir les JurisconsultesSc iàges Juges ont eu parmi ses anciens Sc honneurs Sc richesses. Sctoutes les commodités de la vie. Mais il est bon de faire quelque ré-flexion fur 1e mot d’épices > c’est ce qui fait parmi nous qu'on ses ap-pelle épices, est parce qu’ancicnnement les préfens qu'on faisoit auxJuges étoient volontaires, comme elles Pont été âl’égard des Ministre*des Autels, tout étoit volontaire; ses parties seur donnosentque!qu*s

Fsij confiture*