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des grandes satires, comme celui qui dans le dessein d épargner nevoudrait point faire, des achats & des provisions de grande dépense ,jl íc tromperait;car en voulant épargner aujourd'hui il s'expolcroit àtrois fois plus de dépense pour le teins à venir, ou les denrées & cho-ses nécessaires à la vie seront renchéries. Le Laboureur ou fermierd'un bien en fonds de terre pasléra-t-il pour épargnant, lorfqu’il neveut point dissiper & répandre à pleine main les précieux grains qu’ilcroit devoir conserver pour sa nourriture ? Sc doit-il par la même épar-gne insensée laitícr dépér.r ses maisons à la Ville & a la Campagne ,qui hti coûteront des sommes dix fois plus grandes pour les releverentierement ; au lieu que pour la dixième partie il auroit pû les ap-puyer , réparer & íbuccnir! Je pense que qui relira deux fois feule-ment ce petit discours fur l'cpargne > fera capable de concevoir touc ledevoir de l'Œconome & de l’œconomie , Sc ne fera aucune soute, nicontre le bien public, nj contre soi-méme Sc contre fa famille > ni con-tre les pauvres > dont il faut avoir un continuel égard. II évitera éga-lement par cette diícretion , l’avarice & la prodigalité , & trouvera lejuste milieu entre deux extrémité?, vicieuses ; tmnis vertus in medio duo-rum extremorum confistit : toutes les vertus , fur tout celle de l’épargnecoulissent Jans le jultc & louable milieu entre deux extrémité? ; ainsiles deux âges opposez de l'bomme , tombent dans deux extrémité?opposées ; la jeunesse elt trop prodigue, & la vieillesse elì trop épar-gnante ; la cause de la prodigalité des jeunes gens vient de la mêmecause qui produit en eux la hardiesse , le courage & la témérité ; c’estle sentiment intérieur qu'ils ont de leurs propres forces ; ris croyentque cette surabondance de force peut suppléer Sc réparer tout: de mê-me la cause de l’avaricc des vieillards est la même cause qui produiten eux la timidité & le découragement; c'est le sentiment intérieurqti’ils ont de leur manque de forces; ils jugent que leur excessive foi-blclfc les va mettre hors d’état d’augmenter leur bien , Sc ainsi ils ju-gent qu'il faut le conserver sans la moindre diminution St usage."ESPÈCES, en terme de Monnoye , se dit des pièces dc diver-ses fabriques & matières dont les monnoyes sont faites; il y a des es-pèces d ot ou d’argent. On nomme diverses etpéccs, tant vieilles quenouvelles, les francs, les testons sont des espèces décriées. II est des-fendu de payer en esoéoes léger.s. Les Notaires sont tenus de faitemention en quelles eípéccs les payemens ont cté faits, si c’est en es-pèces ayant cours ; ce détail & ces (pacifications lavent a accertainerle fond de la chose, puisque les circonstances en sont exprimées nom-mément.

E S P É C E , en terme de Jurisprudence , se dit de la question del’hypothese d’un cas particulier fur lequel íe fait une décision. Voicides façons de parler par lesquelles on peut ou qonnoìtre ou fenrir lasignification de ce mot : un souffleur de Droit apprend a poser l’elpéccde la Loi, c’tst-à-dire , qu'il nous fait connoìtre le cas Si occurrencepour lequel la Loi a été portée , & applique !a Loi à quelque cas,oc-currence cu exemple qui peut arriver assez fréquemment parmi nous.Cet Arrêt a été tendu lur la même ripéce , c’est-à-dire , qu'on a déjaporté des jugémens & décisions pour de semblables cas,c’est ce qu’onappelle le moyen , pteuve & argument de Droit, res judiaita, qui estd’une grande force, fur tout quand ces jugemens viennent des CoursSupérieures, & qu’on appelle préjugez res )»m juduata > la chose déjajugée. La force de ceíte preuve fe fonde lur ce qui a été jugé par lesHautes Puissances, & par les Jng-s Supérieurs doit être présumécomme ayant été accompagné de toute la prudence & justice póllible;on dit , ces deux cas font de même eíjiécc , c’est à dire, sont fondezfur la même régie & idée : car l’idée & l’eípécc sont deux fynommes.On dit poíèr l’eipéce d’un procès, pour dire réduire ce cas particulierdont il s’agít ici, á fa classe, à l'ordre commun , a tous les cas qui leressemb’cnt , afin qu’anrcs cette réduction on décide avec la Loi StDon dc son propre chef, ce qui n est point permis ; de sorte qu’il nes'agit pour résoudre beaucoup de cas, que de lavoir les régies géné-rales que la sage constitution d’un Pais & d'un Royaume , Us Coutu-mes autôrifées , & le bon plaisir éclairé de mûre dé ibération St pleineíonnoillknce que les Princes Souverains onc décerné & ariêté.

ESPERO’NNIER ou Éperon nier. Artisan ainsi nommé,parce qu’il fait & vend des éperons, qui aujourd'hui est un morceaude fer qui a deux branches dc même matière , au bouc defquels il y2 une molette, ou quelquefois une simple pointe a plusieurs rayons,qui sert quand on monte à cheval à le conduire & ('exciter ; ( éperonest attaché á la bote par deux pieces dc cuir , qu’on appelle le dessus& le dessous de l’cperon : ce mot , selon Nicod , vient de fphsiruU ,

Í etite boule ou rondeur, à cause de la ressemblance qu’a la molette dcéperon avec une petite sphère rayonnante, à cause des piquans de lamolette qui sortent en guise de rayons ou rays. Cependant quoiquecette étymologie soit fort plausible , elle doit céder a celle qui peutmieux faire connoìtre, non fa figure,mais fa fonction ; c’est pourquoiil faut imaginer que le mot éperon, qui donne fa dénomination àÉperonnier , vient de l’Hollandois fporen exciter , & directement mê-v me de spoor éperon ; même comme en ce genre d’érudition tout estacceptable qui est utile, je voudrais considérer le mot d’éperon , com-me relatif à expergefatert exciter , éveiller , parce qu’on tient un che-val éveillé par leperon. Les ouvrages qui font pour ainsi dire le par-tage des Éperonniers , nommez Lormiers Épcronniers , font non-seulement les éperons , mais encore les mords de toute forte , les fi-lets , cavessons, les étriers, boucles de harnois , & qu’ils peuvent do-rer, argenter, é carnet, vernir & mettre en viohrt ou cn couleur d’eau,suivant qu’il leur est commandé ou quils le trouvent à propos pourle meilleur débit de leur marchandise. C’est aussi à eux qu’il appartientde faite toute sorte d# boude d’acier poli pour ceintures, portes man-chons , jarretières , souliers r &c. mais ils n’en font guéres présente-ment , laissant les menus ouvfagcs, ou aux pauvres Maîtres , ou àquelques Compagnons qui y travaillent en chambre. Les outils & inf-trumens dont les Maîtres Éperonniers fe fervent , sont à peu près les

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mêmes des antres A*cisans qui forgent & liment le set, comme enclu-mes , bigornes, marteaux, limes, forets, & tant d’autres dont il ieraparlé à l’Artidc des Serruriers ; ils en ont cependant un particulierqu’ils appellent le polisloir ou brunissoir , avec lequel ils polissent &brunissent les ouvrages ctamez ; les mêmes Éperonniers ont aussi desinlhumens á dorer Sc argenter au feu , dont le fervent aussi les Do-reurs fur cuivre, dont on a parlé à l’Article de la dorure. Voyez, Do-R u r e au feu. Le chef-d’œuvre de ces Artisans Ouvriers de forge estun mord cluièt, c’est-à-dife, un mord parfait doré ou argenté , » (er-res , droit fur ses pointes , garni dc porte mord , dc chausses trapesde fer, de salinicrc & gourmette. Voilà pour ce qu’on appelle chef-d’œuvre beaucoup plus difficile que ce qu’on appelle simple expérien-ce , qui est un mord de petit prix & facile à faire. Nul ne peut ctreMaître dans la Communauté des Lormiers Éperonniers , sil n’a faitapprentissage pendant quatre années arriérés & conlécutives , Sc s’iln’a encore servi cinq années chez les Maîtres en qualité de Compa-gnon. Tout aspirant à la maîtrise est tenu de chef-d'œuvre , ou ailmoins de la simple expérience , suivant sa qualité ; le fils de Maître ,né depuis la maîtrise de son pcrc, & le Compagnon épousant fille ouveuve de Maître, sont ceux qui ne doivent que ^expérience. La Com-munauté des Maîtres Éperonniers de la Ville & Fauxbourgs de Parisest fort ancienne , quoiqu’il n’y ait pas long-tems qu’elle y soit con-nue sous ce nouveau nom ; elle est la même que cdle des Selliers Cor-miers , qui anciennement étoit composée , qui font ceux dont nousavons parlé dans cet Article » & des Selliers Garnisicurs , qu’on nom-me présentement Selliers Lormiers Carrossiers. II ne paraît pas quecette séparation moderne des anciens Selliers Lormiers en deux Corpsde jurande dissérens, ait été faite de concert. II semble au contraire ,que les Lormiers Éperonniers réclament contre , Sc qu’ils. veuillent fepourvoir contre les Statuts que les Selliers Garnisicurs ont cbtenns en1678. fans leur participation, Sc cn qualité sse Martres d’une Commu-nauté particulière. L'on peut même dire que quoique chaque Commu-nauté ait fes propres Jurez , il reste toujours entr’clle une cfpece d’u-nion tacite quoiqu’involontaife , puisque les ouvrages qu’ils ont droitde faire & de ventre leur font restez communs ; les Lormiers Éperon-niers s'étant fait maintenir en 1717. par Arrêt du Parlement dans lafaculté de faite Sc vendre des carrosses & autres semblables voitures &ouvrages contenus dans leurs anciens Statuts ; & les Lormiers SelliersCarrossiers s’étant fait conserver dans leurs Statuts dressez en 1678. ledroit de forger, dorer > argenter, vernir & vendre toute sorte de mords,étriers , éperons, &c. La bonne police exigerait que chez les Artisansle nom de leur profession particulière bornât leurs prêtassions ; lesconcessions qu’on accorde aux Artisans de même idées, qui travaillentfur des sujets & matières approchantes, font la cause de beaucoup dcdissensions & procès entre ces sortes d’arts & ouvrages voisins, dc làviennent les inimitié? , haines , calomnies entre les personnes dc cetteforte. Ils en sont moins habiles chacun à part, parce qu’ils fe volentà l’envi l’objct de leur procession ; ainsi la bonne Police dicte & exigequ’il n'y ait point ces sottes de confusions mutuelles ; mais que le dis-trict de chaque profession soit réglé , afin que chacun puisse fe per-mettre de eravailcr cnpaix fans trouble & fans envi dans son métier, des’y perfectionner & avoir singulièrement la gloire d'exceller dans l’ob-jet & sujet de son ait propte Sc limite. Le reincde a cela , c’est tan-tôt de les réunir par (autorité Royale . quand cela est aisé , tantôtde les distinguer totalement, & leur donner des Officiers & Jurez par-ticuliers , tantôt en érigeant en nouveau métier . & sous des nomsnouveaux, les Artiians qui travaillent uniquement fur les matières 5 couvrages qui font la matière des contestations qui embarrassent lesOfficiers de Justice qui onc de plus importantes occupât ons. Remar-quez aussi que depuis la séparation de ces deux Communautcz, quel-ques prétendons quelles ayent conservé les uns contre les autres, ellesont toujours été considérées comme deux Corps dissérens , dont cha-cun a non-seulcmcnt fes propres Jurez , inais encore payé en particu-lier fes Charges , ainsi qu’il est arrivé pour l’incqrporation des nou-veaux Offices rréez pour les Arts & Métiers pendant le régne deLouis XIV. les Lormiers Éperonniers ayant été taxez à part pour lesCharges des Jurez en 1691. & il faut aussi nota que les Statuts desSelliers Lormiers, furent dressez en 1576. en conséquence de (Or-donnance d’Orléans pour la correction & réformation de tous les Sta-tuts & Réglemens donnez juíqu'alors aux.Maìrrcs des Communautczérigées en Corps de Jurande.

ESPICE ou Épice, c’est un mot pour signifier toute forte defruit ou production d’arbte ou plante qui cít aromatique , & qui ades qualité? chaudes & piquantes, comme font le poivre , la musca-de , le gingembre , le macis , la canelle . le clou de girofle , la ìne-niguette. Epices font aussi les drogues tnédecinales qui viennent desPais éloignez , comme sont le feíié , la casse , l’cncens. Ce mot aencore plus d’étcnduë ; cat il signifie tout ce qui est pour l’ufaee desfausses, ragoûts, Sc pour assaisonner tout aliment & breuvage. Voyezle Livre de Pomet, fameux É; icier de Paris,on y peut voir ('étenduede ce mot; à l’égard de ('étymologie du mot épict , il vient, dit on ,du mot Latin fpecies , qui s’est ditd’abord de toutes sortes de drogues :ensuite il a étérestraint aux drogues & épices aromatiques,cependantcomme le mot fpecies , sorte ou eípecc.a un sens bien diffèrent d’épi-ce, & que fpecies convient autant aux diverses cfpeccs d’animaux, qu’auxdiverses elpeces de plantes ou de fruits de plantes : il y a bien appa-rence que le mot d’épicc vient d’ailleurs ; quoiqu'il y ait b'en dc laressemblance pour le son entre eípece & cpicc, qu'il me soit donc per-mis de dire ou de supposer , que les premiers fruits ou plus considé-rables fruits de la terre, & les plus utiles à la nourriture dc l'homme,ont été les épis de blé & les grains de froment qui se trouvent dans l’é-pi , dit en Latin [pica : c’est de ces épis de blé dont on a fait des pré-fens aux Prêtres Sc aux Juges , qui ne pouvoient cultiver la terre àcause de leurs importantes occupations pour l’instruction & le gouver-nement ,