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grand détail sût leur mé'iire,ccci sert même aussi à dresser plus *Té-unent la facture des envois; on fait aussi des épingles noires & moyen-nes Sc fines tsepuis nuineio +. julqucs a numéro 10. qni ferventpour lc deiiil ; mais la consomption en est beaucoup moins grandeu’aucresois ; ce* sortes d'épingles peuvent être & sont ordinairemente fer; l’on fabrique auíïì dc greffes épingles de lcton de différenteslongueurs. Les unes à têre dc méme métal, les autres à tête d’émail.Elles fervent pour faire des dentelles Sc des guipures fur l’vreilkr.On en fait a deux têtes dc plusieurs numéros , dont les dames en se«cessant de nuit, relèvent les boucles de leurs cheveux ; elles ont étéimaginées, afin que pendant le sommeil elles ne puillènt en ê;re nipiquées ni égraugnécs. Les paquets d'épingles font marqués d'uneempreinte ou marque rouge fur ie papier dc chaque demi millier ,Sc chaque Ouvrier a fa marque différente ; les principaux dc Reugle& de l’Aigle,&des environs de ces deux Villes de Normandie, dé-bitent presque toutes leurs épingles à Paris , les y apportant eux-mêmes, ou les envoyant aux correfpondans qu’ils y ont, pour ne lesvendre qu'en gros aux Épingliers & Merciers de cette Ville, qui«nfuite les vendent comme on l’a dit pour fabrique de Paris. Les pe-tits Ouvriers Normands qui ne peuvent faire de crédit, les portantchaque semaine au marché, le Mardi a l’Aigle, & le Vendredi a Reu-gle , Sc c’cst là aussi où les Marchands de Paris ont des Commission-naires qui les achetent à bon compte. Les épingles de toutes fabri-ques payoient autrefois en France les droits d'entréc Sc de sortie furle pied de mercerie ; savoir , trois livres ie cent pesant de sortie , Scquatre livres d’entréc aussi le cent pelislt ; mais par l’Arrét da 3. Juil-let I6?z. les épingles de fabrique étrangère payent les droits d’cn-trée fur le pied de dix livres te cent pesant, & celles de fabriqueFrançoise, les droits de sottie seulement, à raison de deux livres,quand elles font destinées & déclarées pour l’ctranger, par où l’onpeut connoitre sens grande pénétration que l’on juge que la vente denos épingles doit être procurée par la legereté de l’nnpôt fur lesFrançois qui voudront les débiter aux Étrangers, Sc que l’on dotau contraire à l'égard des Étrangers leur rendre onéreux la vente qu’ilsviennent faire en France de leurs épingles & autres marchandises donton peut se palier.
F.SPINGLIER ou Épinglier, est un OuvricrouMarchand.L’Ouvrier Épinglier fait les épingles > le Marchaed en fait la vente. 11y a deux Communautés considérables d’Épinglicrs en France, i’une estcelle de Paris, & l’autrc celle de Bourdcaux. La Communauté de Parisest fort ancienne, & y étoit autrefois trcs-considérable , on y a sau-vent compté plus dc deux cens Maîtres qui travailloient eux-mêmes,
& qui occupoient au de-là de six Compagnons, y ayant tels Maîtresqui en avoient vingt & quelquefois trente ; on sera surpris du change-ment arrive à l’égard de cette si fameuse fabrique, donc l’ouvrageégaloit la bonté Sc beauté dc l’épinglerie Angloiíc’; mais pourtant lacause en est bien naturelle, c’est que les Ouvriers St Martres travail-lans n’ont plus voulu travailler, & se font addonnés au gain accoutu-mé par une voie bien plus aisée, qui est de devenir Marchands & Ven-deurs d’épingles faites ailleurs . fur tout en Normandie ; dc plus il s’esttcouvé depuis ce tems-là de forts Marchands Merciers qui se font in-troduits dans ce négoce, quia beaucoup de rapport Sc même fait par-tie dc la mercerie; depuis ce cems-la cette fabrique des épinglesdans Paris est entieremenr tombée > mais non le commerce & débitdes épingles; à peine vers l’an 1680. y avoit-il cinquante Maîtres &dix-huit Veuves, encore n’y avoit-il de ces Maîtres que cinq qui tra-vaillassent eux-mêmes, ou qui fissent travailler j les autres ne Rappli-quant qu’aux divers menus ouvrages de fil de leçon & dc fil de fer ,que les Épingliers peuvent fabriquer cn vertu de leurs Statuts. Quandcette Communauté subsistoit encore , elle étoit gouvernée par d’an-ciens Statuts qui surent rcnouvellés par Henri I V. mais ayant conti-nué de dépérir, Sc aucun Ouvrier quasi ne travaillant en épingle, tousétant devenus Sc métamorphosés en Marchands ; on parla en 1 690. del’unir à une autre Communauté, & on en choisit une qui étoit en-core plus affaiblie, qui étoit celle des Aiguilliers , donc nous avonsdéja parlé, & dont il ne restoic que six Maîtres , ce qui fut exécutépeu données après. Après la réunion on n’a point apporté de nouveauxRéglemens, & elles ont conservé leurs Statuts, ausqucls les LettresPatentes d’incorporation n’ont ajouté que peu de choses concernantles Jurés Sc le chcfd’œuvre.
A. l’égard des Jurés le nombre en est réduit à quatre, desquelsdeuxdoivent être élus par chacun an à la pluralité des voix. Cbaquc Mai- .tre" ne peut avoir que deux Apprcntifs à la fois, obligés au moinspour quatre années, & avec la clause expresse, que c’est pour être aupain du Maître, c’est-à-dire, pour être nourri a la maiiòn, ce quicontribue beaucoup à l’affiduité du travail & à leloigncmcnt desoccasions de dépense pour des Apprcntifs. Si l’Apprentifs'absevte plusde six mois, le brevet de son apprentislage demeure mil, St le Maîtreest tenu de remettre ledit brevet aux Jurés,
A l’égard du Règlement fur le chef d’ccurrc ; voici ce qui y est ré-glé , avant que l’Apprcntif soit reçu au chef d'œuvre, qu’on nommealors Aspirant ; outre les quatre années dc son apprentissitge , il doitavoir encore servi un an en qualité de Compagnon. Nuln’est exemptdu chef d’œuvre que les fils des Maîtres, àquoijoignés ces Apprcntifsou Compagnons de Paris, épousent les Veuves L filles de Maître, quine sont tenus les uns Sc les autres que dc l’experience. U semble quecc Statur Sc Privilège des fils des Maîtres n’est pas fort honorableaux Maîtres ni à leurs fils, ni bien propre pour procurer l’avancement& l’habilité dans les Arts Sc Communautés', car si les fils sont dignessuccesseurs de leurs Peres > pourquoi ne pas faire apparoître de celacn se soumettant á l’cxamcn rigoureux ? pourquoi ne pas rechercheravec empressement une occasion pour signaler leur mérite personnel,□i ne doit rien au privilège & a la faveur > laquelle a quelque chose'odieux- & même de lâche ì Je ne sai si saurai biem rencontré enrendant raison d’un tel Statut, commun généralement à tous les
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Métiers. C’est que l’on a ietté se considération fur d’aurres vises, quine font pas moins à considérer. 1. Sur cc que ks Statuts ayant engrande patrie été établis Sc consentis en faveur des Maîtres, qui sonrla partie la plus considérable d'une Communauté ; chaque Maître, Sctous le» Maîtres cn commun ont demandé ce privilège, com me con-venable pour l’aílurer dans tous les arrangernens & dispositions d’af-faires domestiques, que ces Maîtres ont fait depuis long-tems, & quine dévoient point être sujets aux inconveniens d’un examen trop ri-goureux. 1. Oyfau reste les Maîtres étant continuellement auprès deleurs enfans, on; présume qu’ils auront occasion de les perfectionnerà la longue fans péril de scandale ; car il se peut faire qu’ily ades en-fans dc Maine tics habiles, qui sont d’un esprit lent, Sc qui s’ouvtc&,fe hâte dans la fuite dc l’áge , fur tout fous le loin d’un pere quin’a reçu ce privilège que par emprunt, ayant dellcin de remplir toutcc qui manque à la perfection dc son fils, Sc pourvoir à ses véritablesintérêts par une habilité complété dans l'Art Sc Métier dc son pere.On me permettra de faire ici une application, pour justifier cc pri-vilège, & faire voir qu’iln’y a point ^inconvénient, St que le Prince& Magistrat » eu une raisonnable présomption quoique favorable. Jcdirai donc que comme autrefois on préfumoit plausibkmem que lesperes. qui avoit un pouvoir absolu lùr leurs enfans n’en pouvoienrabuser « à caule de l’amour íìnccrc que la nature inspire aux» pè-res cn faveur dc leurs enfans, qui sont d’autres eux-mêmes ; ainsion prciume , Sc on doit présumer raisonnablement, que nul perene voudra jamais abuser du privilège donc il est ici question , enIaillant son fils sens mérite Sc habilité dam un Art, par lequel ildoit entretenir sa vie & le bon état de sa propre famille. De plusces Maîtres par là se sont faits un honneur mutuel & réciproqueen présumant avantageusement les uns des autres, qu’ils aurontun foin égal St de la gloire de leur Communauté , & de la bonneéducation St habilité de leurs enfans. A l’égard du reste des Appren-ti fs , qu’on peut en quelque manière appellcr Étrangers , il est né-ceslaire que les Maîtres Sc Jurés en sellent un examen exact , Scexigent deux lc chef-d'œuvre tout entier : & cela» 1. Patce qu’unefois qu’ils sont parvenus à la maîtrise , ils ne s'occupent à exercerleur Art qu’en la maniéré imparfaite qu’ils l’ont appris , c’est a-àe,avec négligence, Sc par là ptéjudicieux au bon nom St réputationdes Maîtres de la Communauté de Paris, à quoi les Jurés doiventpourvoir cn exigeant des Aspirai» à ladite Maîtrise de Paris l'exa-men & lc chef-d’œuvre, t. Patce que ces Afpirans sortent une foispour toujours dc la main, du soin , Sc de la doctrine St discipli-ne de leurs Maîtres, à la différence des enfans qui peuvent acqué-rir ce qui leur manque. Cc n’est donc pas seulement fur la fa-veur qu’cst fondé le privilège des fils de Maître , & la sévérité del'examcn sur le, Afpirans Étrangers ; mais fut des raisons très-im-portantes. Je dis que ce n’est pps seulement fur la faveur qu’cstfondé le privilège des fils de Maître, patce qu’il faut avouer qu’ily a beaucoup dc faveur, quand ce nc seroit ( par ce privilège ) ondonne au fils un repi contre la rigueur, par lequel repi, il peutaller à fa perfection commodément ; St on accorde au Pere le temsSc l’occasion dc se former un fils & un successeur digne de lui.On pourroit'considérer ces privilèges des fils de Maître, comme onconsidère ks grâces expectatives , dans lesquelles & par lesquelleson fait un bien actuel St accorde un bien fait dans l’eípérance d’unmérite avenir. La faveur est bien manifeste dans cc que je vaisrapporter. Par les mêmes Statuts de cette méme Communauté, lesApprentis» ou Compagnons épousent les Veuves des Maîtres, fonttraites comme les fils de Maîtres, c'est-à-dire, dispensés d’un examenrigoureux & de chef-d’œuvre ; certainement c’est faveur toute pu-re. Patce que l’Apprentif marié à la veuve d’un habile Maître, nepeut avoir de se Veuve la perfection & science parfaite dc son Art ;mais ici il faut se ressouvenir de la premicrc raison, qui est que sebien de la famille de ces personnes considérables , qu’on appelleMaîtres. C’est la raison d’œconomic qui doit tout régler dans la fa-mille, comme la raison d’état régie tout dans la Police, la politique& le gouvernement d’une Ville. Voyex, Métier Sc Corps desMétiers & Proférions , où l’on verra les fins & les moyens com-muns à tous les Corps & Communautés , qui ont donné occasionaux Princes de former leurs Réglemens Sc Statuts dans chaque Mé-tier particulier. Et jc conseille de consulter ces endroits communs& généraux, patce qu’on aura une clef commune d'inrelJieence pourcomorcndre Sc retenir tous les Réglemens Lc Statuts de chaque Mé-tier "particulier, qui font repérés cent fois ; savoir, autant de foisqu’il y a des Métiers particuliers. Et cependant ks fins de tous cesMétiers font ks mêmes ; savoir la perfection de chaque Art & Mé-tier, & l’enrichisscment de tous ks membres fur tout considérables dccc Métier, dc ce Corps , de cette Communauté. Les moyens sontà la vérité dissérens dan* chaque Métier , patce que chacun a sematsere 3 c son objet 8 c un ouvrage propre ; mais tous ces moyenssont pourtant ks mêmes , pat c qu’ils tendent tous à une même fin,la gloire Sc lc profit. J ai vû des gens qui regarJoienr comme ainechose fore onéreuse & fastidieuse, le foin louable de l’Auteur duDictionnaire du Gomm rce , avec lequel soin il a rapporté sous lenom d« chaque Métier les Réglemens & Statuts defdits Métiers, lurquoi je dirai ces mots de Térencs, na faciunt ifiì ut intelUgendo os-tendant se nihii intelhgcrc ; certainement ceux-ci font voir cn taisânrles entendus qu’ils n’y entendent rien. A quoi j’ajoûtc que ce détailest utile & nécessaire pour l’instruction de chaque Ouvrier & artisan jmais j’ajoûrerai aussi pour les raisons déja dites ces paroles, k*toportmt facere sed illa non omìttere , cet Auteur a fort bien fait cequ’il a fais dans ces répétions ; mais il ne faut pas négliger 1 avisci-dessus énoncé, que je traiterai à fond au mot Métier dans ccSupplément , si on veut comprendre & fe souvenir facilement deces nombreux Réglemens, par la voie commune d’une clef de mo*-moire Sc J’intelligence.