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E S S. EST.

appellées feuilles > dont ils lailfent une partie au Maître , l’autre auJuge Garde ; l’Effayeur en retient une pour lui & il fait elìki de la qua-trième. II y a de la différence dans les ell'ais des divetses métaux quevous pouvez voir dans le Traité des Monnoïes de M. Loi liard. M. Fu~fetiere , & le Dictionnaire de M, Savary doivent être consultez , carils parlent exactement fur cette matière,

[ ESSIM d'abetlles. Voyez Abeilles.

ESSAIMER, Voyez Abeilles.

ESSENCES. Voyez cet Article dans le Dictionnaire (Economique>k y ajourez ce qui fuir,

4 titre maniéré f lui facile four tirer les essences des fieurs.

Prenez relies fleurs que vous voudrez , strarifiez-les , c’est-à-dire ,jnettez-lcs par couches dans un pot avec dta sel commun, en com-mençant par une couche de fleurs , enfujte une couche dc sel , puisun lit de heurs, & après un lit de sel , en continuant toujours ainlijufqu’a ce que le pot soit plein. Alors il faut le boucher Sc le mettre àla cave pendant quarante jours , au bout desquels il faut renverser letout fur une étamine étendue fur une terrine , laquelle recevra l’elsen-ce qui coulera des fleurs en les preíîknt. Ensuite vous mettrez certeeísencc dans une bouciîlc que vous tiendrez débouchée , Sc que vousexpose; çz au Soleil Sc au lèrcin pendant vingt-cinq ou trente jourspour purifier l’eflcnce, dont une feule goutte fera capable d’embaumerune peinte dc liqueur.

Autre maniéré,

Premz trente livres de r oses, ou de telle autre fleur qu’il vous plai-ra, pilez-les avec trois livres de sel commun décrépite , ensuite met-tez-] es en lieu frais dans un pot bien lutc; vous les y lailiètez quinzeou dix huit jours, après lesquels retirant la matière vous l'humectetezd’eau commune juíqu’a ce qu’clle soit réduite en bouillie. Alors met-tez la à l'alainbic > couvtcz-k de son réfrigérant ou chapiteau. Vousaurez foin d'ôtcr la liinphe qui montera la premicre , Sc de recevoirThaile cjui distillera ensuite; fi ctse fumage encore fur quelque liinphequi s’éleve & delcend avec elle , vous pourrez l’en téparcr avec un pe-ut morceau de coton, comme nous savons enseigné au mot Distil-lation.

Essence de c an elle , dc cloux de girofle, fiyc, Voyez Distillation.

E s s p n c B de \ambon. Voyez Cuisine-]

EST.

ESTABLÏ ou Établi. Terme de divers Artisans. Félibien lefait féminin k dit toujours établie , mais l’Académie le fait masculin :c’elt d ordinale une eípcce de table soutenue dc pieds & de tréteaux,fur laquelle des Artisans travaillent ou préparent leurs matières > ouposent leurs outils & choses dont ils fe servent dans leur travail,'ainsiJ on ait que les Menuisiers dreíîènt leur bois fur l'étabh ,& les Tailleurstravadsent les jambes croisées fur leur établi. Les uns disent que cemot vient du Grec fiello ordmo , parce qu’on y pose sa pet sonne , sonouvrage oy ses instrumens ; les autres du mot tabula, able , comme(i c’étoit tabulatum > parce que souvent, comme chez les Tailleurs ,c’est . ne grande table ou allemblage de planches & ais , pour servird‘appui dans les sens differens que l'on vient de dire. En Flamand ondit fielien pour dire polir > d’ou viendroit également le mot établi &étalage , comme nous verrons plus bas , ou bien établi vient du moffiable ferme, comntc qui diroit un lieu ou table ferme Sc stable, donton le sert pour Ion travail. Ce mot se dit chez les Tailleurs , Menu;- ■fiers , Serruriers , Plomb ers , Boureliers , Selliers , Maîtres Vamers ,Chauderonnícrs, Ces établis sont differens & différemmenc décritsppur ces divers Artisans. Chez les Tailleurs c’est une longue & largetable des Tailleurs d'habits, fur laquelle ils taillent leurs étoffes, & quidoit ctre égale en longueur & en largeur, pour y préparer certaines be-sognes - ppur y arrondir un manteau , & fur lequel établi après queleur ouvrage est taillé , ils montent & s’afl’oyent pfenant leur ouvrage& (es pseecs' pour les joindrcs,lc coudre & l’achever fur leurs genouxcroisez. Chez le Maître Vanjer, c'est une grande table comme chez leTailleur , mais fans pieds . qu'ils mettent à terre dans ]e$ ateliers &dans les caves ou étages à rez de chauffée , où ils travaillent de leurmétier ; ils y sont quelquefois affis a la manière des Tailleurs > & ontalors leur ouvrage devant eux : edmme ces deux sortes detablis sontpour le Tailleur & le Vanier comme le lieu stable & comme l’abregéde toute leur boutique , il me vient en pensée qu’établi pourroit bienvenir de fiabulum étable ; car fiabutum ne signifie pas plus le lieu deschevaux que touc lieu stable comme celui-ei; quelquefois auffi lesVa-fiters y sont affis à plat Sc tiennent a'prs l’ouvrage encre leurs jambesentrouvertes , & quelquefois ils (ont à demi couchez fur 1'établi, cequi dépend des differens ouvrages de vaneric qu'ils dtestent, ou qu'ilsfabriquent, car ils sont comme les Tiflèrans & Fabriquans das tiffus,ou l’on veut imaginer dans les joncs ou branches souples ce qui tientlieu de chaîne & de trame. Chez les Chandeliers on appelle établiune espcce de cage á deux étages de douze pieds de long , de deuxde large & de six de haut, faite de bois de charpente avec des traver-ses au milieu; au bas de l’établi est une grande auge mobile auffi lon-gue & large que rétabli même, mais aont les bords ont feulementtrpis i quatre pouces de hauteur , qu’on nomme égoutoir : c’est fur cetétabli que fe poíent pour s’eflàyer toutes les broches des chandellescommunes, après chaque couche de soif qu’elies ont reçues dans l'a-byfme , avec cette diftérence qu’aptès chacune des trois ptemieres ellesle mettent au rang d’en bas , précisément fur legouroir , & que cellesqui ort leur derniere trempe se mettent au rang d’en haut. Chez lesChauderonnícrs le mot d’établi a deux significations > l’un est un éta-bli fisi le devant <se leur boutique , semblable à celui dç la plûpait des

EST. 44S

ouvriers qui travaillent fur la rue ; mais outre cet établi commun àtancd’Artilans.ils en ont encore un qui leur est propre, & qui fait unedes principales parties de la machine qu’ils appellent tour á chaudç-rons. Rvyrt Tour des Chauderonnícrs, L’étabh d,s Menuisiers dansles petites boutiques est leul & unique au milieu de la boutique ; maisdans les grands attelicrs' i! y cn a plusieurs,on les dilpofc erporte quqles compagnons qui travaillent puilîçnt facilement tourner autour decelui où chacun d’eux a son ouvrage. II est hon de mettre devant lesyeux la construction & les parties de 1 établi des Menuisiers. i.JI fautdécrire le dessus de 1’établi qui est de bois de chcne d'un demi-piedmoins haut d'épaiileur , de lept à huit pieds de longueur, Sc de i8'a10 pouces de largeur, z. Les pieds & appuis par délions sont quatreforts pieds foi t péíkns de bois , joints par quatre traverses enmortoí»fées, lesquels pieds soutiennent la table, z. I! y a sous la table íf sotles quarte travtilès sosmentionnécs un délions qui est planchcïé , qttisert pour poíer divers gros otatils qui doivent le plus être à la main ,comme le maillet , les valets & autres instrumens qtt’on prend -5íremet tour a tour fort promptement & silëment , selon le besoinqu’on en a ; le dessus de la table a deux choses à remarquer,le cro-cfiet & divers trous, Le crochet sert à retenir le bois qu’on appuiecontre quand on le veut drellcr , corroyEr ùu raboter, C’est un instru-ment de fer dentelé , enchalté dans un morceau de bois quarté qui fehauilè & fe baillé a travers d une entaille ou-trou quarté percé semstoute 1 cpailìeur de la table, Les divers trous parsemez de distance endistance sor la cable fervent a mettre la queue des valets & outils defer , dont le bec affermit l’ouvrage sor 1 établi , pendant que d’aqtrestrous également espacez 1c long des pieds reçoivent auffi les mêmesvalets , pour soutenir les plan.hes dont on veut faire Içs joints , qupou lier les languettes & les rainures > enfin. 4 II y a une autre pseçea l'établi de Menuùiers , c’est une tringle dc bois attachée à côté dc latable sor deux petits radeaux, qui y laiíìent une ouverture d’un pouce& sert á ficher le fermoir , les cileattx , Ls becs d’ánç, la râpe , secompas & autres semblables outils, pour en débarraller l'établi quandon y travaille. Enfin l’établi des Selliers & Bourreliers n’est qu’un des-sus de table dç quatre pieds de long , de dix-buit pouces de large , Htde quatre à cinq pouces d'épats qui est mobile & qui couvre une espe-ce de grand balîu de bois , où jls jettent les rognuie; de leur cuir ,c’est fur cet établi qu’ils débitent leur cuir avec le coutçau à pied.Comme il a'est ni pelant ni cmbarrallant , tes ouvriers le placenttous les matins sor lç devant de leur boutique $c tous les soirs le re-tirent en dedans. Pont récapituler en deux mots ces diverses formesd’établis des Arciíans ils fe réduisent tous a deux mots tabula vel fia-bulum . dérive de locus fi adonis laborantis. Non seulement les Artisan*ont leur établi , mais même l.s personnes qui travaillent de leur e'prseont besoi d'avoir quelque choie dequivalent à l’établi des ' Attifons iles bibliothèques & cabinets des Xavan* , f s études de Notaires, lçsbureaux des Ecrivains & Commis sont leurs érablis,c’est-à-dire,liçuxou sont posez cn ordre tous les instrumens qui fervent 1 leur ouvrage.Sur tout les Mcchantstes ont besoin a leur maniéré de leur établi ,^epque l’on ne doit prendre sérieusement , mais pat application , pourmontrer que c'çit comme une idée innée à touc homme qui travail-le d’elprit ou de corps d’avoir un lieu commode pou: faire ses arran-geinens. Je m’imagine qu'Archimede , ce grand Méchaniíte ou Ma-chiniste, a laiílè le monde ou il étoit , & où il est encore faute d’unlieu stable hors dc l’univers , où il peut appuyer ses inlìrumens 8Cmachines . & fe poser lui-msme. J1 n’ayoit point d’établi fiabulumpropre pour faire une considérable machination. Voyez OwvRpiR ,Attelier, Boutiqjje.

E S T AIM ou É t a 1 m. C’est !a laine propre à carder & q filer :on fa.c de grands filets d’écaim pour taire des étoffes > des tapillerie* ,des bas, Et on appelle particulièrement écaim lps filets de laine écen.dus de long pour faire îetpffe, L’étaitn doit être une laine particuliè-re, une cípeie de longue laine qu’on a fait palier par un peigne ougrande carde , dont les dents font longues > fortes, droites & pointue*par le bout ; certe bine s'appclle fil d’étaitn quand elle a été filée Scbien torse > & c’est de ce fil dont on forme les chaînes des tapilíèriesdç haute & balle lilse,& de plusieurs fortes d’ctoffes. On appelle ser-ges a deux étaiins les serges dont la chaîne & la crème sont entière-ment de ce fil, & serges a un étajm, ou serges sor éraim,celles dontjl n'y a que la chaîne qui soit de fil d’érajm , les serges à deux étaimssont plus rases & plus fines que les autres. C’est cette efpece de fild’étaim que les ouvriers Bonnetiers nomment vulgairement fil d'éta-mc > d’ou les bas faits de ce fl! onr pris le nom de bas d’érame. \l'égard de l’étymologie de ce tqot,lcs M titres disent qu’il vient de fia-men. Jean Braim, dans son livre des ornement sacerdotaux des Hébreux ,a crû que le mot de fi amen vient ab stmtibutsilis, parce que , dit-il ,on faifoitecs vétemens au métier, autour duque! on tournoit pour ytravailler debout ; je ne fuis ni pour ni contre, mais je crois plus na-turel de pcnlcr que le fil d’érame ou d’étaim vient de stamen Latin ,dans 1e sons de cette phrase frima rerum fiaminft , lçs premiers cotn-merteemens & filamens d’un tiliù , ce sont les fils stables étendus t nlongueur sor se métier du Tiflicr ou Tisserand , qui soutiennent fttb-fiant les fils transvetscaux de la trame > qui les traverse dc la drcjitp qla gauche pour former diverse sortes de tissu fin ou grossier.

L’étaim paye en France les droits dc la Douane de Lyon ; savoir > lesétaims de Milan Sc autres venans d'Italie treize livres de la balle d an,cienne taxation, & dix sols du cent de nouvelle réappréciîition. Le pe-tit éraim trente-cinq dc la balle d'qnciens droits, & deux le c, nt dc rcap,prédation. Quant a letaim de Languedoc quarante sols de la balle tsepremiers taxation,& huit sols du cent de nouvelle réappréciacion.

ESTALAGE ou Étalage. Marchandise que l’on étale sofle devant d’une boutique ou que l’on attache jux tapis quj sopç Hufkcoins des portes dc* maisons , au dedans desquellcs il y a df5 m*ga,(ms, Décalage q se même but que ses enseignes sospçàA t sevpjr,

H h i i; 4t